Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Alerte Info: Tchad: le Premier ministre français, Jean Castex attendu à Ndjaména, l'opposition et la société civile lésées // Urgent- Le député Saleh Kebzabo- dans une lettre adressée Djimet Arabi, ministre la Justice demande au Président de l'Assemblée nationale, Haroun Kabadi d'écouter le député Saleh Kebzabo pour des propos tenus lors d'une tournée politique. Cette démarche est suspecte à 4 mois de la présidentielle// Tchad- le plafond de verre et la morte certaine de la méritocratie dans l'administration publique et privée pose problème aux cadres compétents (lire notre réflexion en page centrale)//Election présidentielle 2021 au Tchad: plusieurs milliards détournés par les responsables de la CENI //

Archives

Publié par Mak

afriquefrancetc2.jpgPour la première fois, une enquête réalisée par des universitaires américains et français met en lumière la discrimination religieuse des entreprises françaises.
 
 Un Français d’origine africaine a 2,5 fois plus de chances de décrocher un entretien d’embauche s’il est chrétien que s’il est musulman. C’est ce que révèle une étude franco-américaine publiée le 27 mars dernier. Menée par trois chercheurs : Claire Adida et David Laitin de Stanford University, ainsi que Marie-Anne Valfort de Paris I Panthéon-Sorbonne, l’étude veut ‘‘lever l’ambigüité’’ : quand un Français d’origine maghrébine fait l’objet d’une discrimination à l’embauche, est-ce en raison de son origine ethnique ou de son appartenance à l’islam ? Pour y répondre, l’équipe a comparé l’intégration économique de Français musulmans et chrétiens originaires d’un même pays : le Sénégal. Deux méthodes ont été employées : le testing sur CV et l’enquête de terrain. Dans les deux cas, les ‘‘résultats mettent au jour une discrimination considérable à l’égard des musulmans’’.

Le testing sur CV est une méthode consistant à envoyer à un ou plusieurs employeurs, des CV parfaitement identiques, à un élément près (nom, adresse, âge, etc.). Le but est de mesurer l’impact de cette caractéristique sur la probabilité de convocation à un entretien d’embauche. Ici, trois CV ont été créés : le premier est celui d’une Aurélie Ménard, une Française de souche. Les deux autres sont ceux de Françaises portant un même patronyme sénégalais : Diouf. Mais tandis que l’une se prénomme Marie, l’autre s’appelle Khadija, des ‘‘signaux supplémentaires d’appartenance confessionnelle’’.

Testing sur CV : Khadija Diouf contre Marie Diouf

Le CV de Khadija mentionne une activité rémunérée au sein du Secours islamique et du bénévolat pour les Scouts musulmans de France ; de manière symétrique, le CV de Marie mentionne le Secours catholique et les Scouts et Guides de France. A ces quelques détails près, les CV sont rigoureusement comparables : mêmes qualifications, même âge, même quartier, etc. Les trois CV ont ensuite été envoyés à 300 recruteurs. Mais par paires, c'est-à-dire à chaque fois avec celui d’Aurélie comme CV de référence (Aurélie Ménard / Marie Diouf ou Aurélie Ménard / Khadija Diouf). Le résultat est sans appel : si Aurélie a un taux de réponse de 25 %, Marie, noire mais chrétienne, obtient 21 %. Soit tout de même 2,5 fois plus que leur compatriote musulmane Khadija Diouf, dont le taux de réponse est de 8 %. Quant à l’enquête de terrain, elle a été menée auprès de 511 ménages d’ascendance sénégalaise, les uns chrétiens, les autres musulmans. Ici encore, le résultat est sans appel : les ménages musulmans ont un revenu mensuel inférieur de 400 euros en moyenne à celui des ménages chrétiens. Il semble que ‘‘cette différence de revenu s’explique en partie par la discrimination à l’embauche dont souffrent les musulmans’’, concluent les chercheurs