Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Alerte Info: Les député-es européen-nes ont condamné la junte militaire et exigent le gel des avoirs des auteurs du coup d'état// Au Tchad, la plateforme Wakit Tama" l'heure est arrivée " appelle ce jeudi 19 mai 2021 le peuple à manifester pour le retour à l'ordre constitutionnel //

Archives

Publié par Mak

Stéphane de Mahieu

 

Directeur général d’Esso Exploration et Production (groupe ExxonMobil) au Tchad

 


Jeune Afrique : Quelles sont les raisons qui poussent votre compagnie à agir directement auprès des populations locales au Tchad ?


Stéphane de Mahieu :
Nous investissons dans la santé et l’éducation pour que nos relations avec les communautés locales soient les meilleures possibles et que l’impact de nos activités sur leur vie et leurs traditions soit positif. Exxon a ainsi versé plus de 4 milliards de dollars de taxes au gouvernement tchadien, dont une partie doit servir à améliorer les infrastructures médicales. La seconde raison est d’ordre légal. Un certain nombre d’ONG, inquiètes avant le démarrage de notre projet de l’arrivée de milliers de travailleurs sur le site, nous ont amenés à prendre des engagements, notamment contre le sida. 


Comment traduisez-vous cette politique sur le terrain ?


Nous menons des actions de sensibilisation et de prévention au VIH sur une zone de 50 000 habitants répartis dans 350 villages. Tous les trois ans, nous distribuons aussi des dizaines de milliers de moustiquaires imprégnées contre le paludisme. Plus de 75 000 ont été données pendant la phase de construction du projet. Nous avons aussi rénové trois cliniques. Celle de Miandoum a pu doubler son activité pour traiter aujourd’hui 200 patients par mois. 


Ne craignez-vous pas de vous substituer aux pouvoirs publics alors que votre présence est temporaire ?


La limite de notre action dépend des capacités locales. Nous avons des projets similaires dans des pays occidentaux où on n’a pas besoin d’intervenir directement. Au Tchad, il est clair que notre action est plus importante et plus visible. Mais nous ne sommes pas seuls. Plusieurs ONG ainsi que l’IFC, filiale de la Banque mondiale, surveillent la bonne exécution du programme de santé. 

Propos recueillis par Julien Clémençot