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Alerte Info: Les autorités tchadiennes doivent s'investir pour assurer la sécurité des populations et garantir la paix civile à tous //

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Publié par Mak

Portrait de Mahamat Awaré Neissa: Un Ingénieur en navigation aérienne au parcours singulier
Les cadres supérieurs du Tchad à même d’exporter leurs compétences au bénéfice de l’Afrique deviennent, de plus en plus, nombreux. Hormis de nombreux diplomates et autres cadres qui font la fierté du Tchad à l’international, les cadres tchadiens ne sont pas toujours valorisés à leur juste titre, comme il se le doit. Mahamat Awaré Neïssa est l'un d'eux. Un Ingénieur en Aviation aérienne hors pair. Portrait.
 
L’opinion publique le connait très peu. Il est plutôt d’une simplicité qui force l’admiration de quiconque le côtoie. L’homme qui a travaillé dans l’ombre longtemps a posé le premier acte majeur à l’échelle continentale en candidatant en 2019 à l’ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation en aérienne en Afrique et à Madagascar), sous la bannière de l’Afrique centrale. Candidature portée par le gouvernement du Tchad, d’ailleurs seule à être validée car répondant à tous les critères établis sur les cinq (5) recensés. Il décidera d’abandonner la course pour une prochaine élection…
 
Très discret, Mahamat Awaré Neissa est un cadre pétri de compétence. L’homme que nous avons rencontré à plusieurs reprises, est l’un de ces cadres rares de l'administration tchadienne qui se démarquent par le travail bien fait, la rigueur et le patriotisme. Une personnalité qui mérite d’être dévoilée au public, dans la mesure où elle est d'une exemplarité sans commune mesure.
Un parfait polyglotte
Né dans les années 70 à Biltine, à l’est du Tchad, Mahamat Awaré est actuellement en thèse de Doctorat sur le thème : « Impacts de startup sur le développement et l’épanouissement de la jeunesse africaine : frein à l’exode vers les côtes européennes ». Parfait polyglotte, Mahamat Awaré Neissa est locuteur des langues française, anglaise, russe et arabe. Ayant un parcours scolaire bilingue (lycée franco-arabe d’Abéché) d’où il clôt le cycle moyen, il est titulaire du Bac série D.
De 1991 à 1995, il décroche son diplôme de Master of Sciences de l'Ingénierie des études et exploitations de l’aviation civile (option Navigation aérienne), dans la prestigieuse Académie d’Aviation civile de Saint-Pétersbourg, en Russie. Il se fait ensuite remarquer par sa compétence dans le domaine aéronautique, des transports et des infrastructures. C’est ainsi qu’en 2003, il décroche un certificat de passation des Marchés, option Procédures de la Banque mondiale à l’INSAD, à Dakar au Sénégal.
« Passionné par les enjeux du secteur aéronautique », Mahamat Awaré Neissa capitalise plus de vingt-six ans d’expériences dans le secteur du Transport et de l’Aviation civile, tant au niveau national qu’international. Conseiller chargé de mission du Président de la République depuis 2020, il est concomitamment le Président du Conseil d’administration de l’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication (ADETIC). En 2018, il est le Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité informatique et de certification électronique (ANSICE), dont il est connu pour sa qualité de redresseur. De 2017 en 2018, il est Président du Collège de contrôle de surveillance des revenus pétroliers (CCSRP). Inspecteur général du ministère des Transports et de l’Aviation civile, de 2013 à 2015, après avoir été le secrétaire général puis PCA de l’Autorité de l’aviation civile (ADAC) entre 2011 et 2013.
Un serviteur de l’Etat dans les missions difficiles
Tel un serviteur dans des situations difficiles, en 2005, le Président de la République lui charge d'une lourde mission de créer une société de téléphonie mobile Salam. Il en devient le tout premier Directeur général en 2006. Mais en 2008, alors que la phase pilote de la société était en marche, un décret fusionne la société à Sotel, et Mahamat Awaré est viré. C’est en 2010 qu’il se verra nommé PCA d’AITV-AMARD (Agence internationale pour le tourisme et le voyage). Pourtant, l’homme s’est assis sur des expériences acquises au cours de nombreuses années passées à la Cellule de suivi et coordination des projets Financement Banque mondiale (IDA), au ministère des Travaux publics et des Transports comme inspecteur, puis Directeur général.
Alors qu’il était chef de cellule technique de contrôle et de gestion à l’ASECNA, Mahamat Awaré Neissa avait déjà été nommé par le feu Président Idriss Deby Itno Coordonnateur de la liquidation de la compagnie aérienne nationale Air Tchad de 1999 à 2000, lorsque des prédateurs de tous poils ont mis à sec cette compagnie. Là, c’est un autre dossier à voir à la loupe…
Fort de ces compétences cumulées, ce fils de l’est du Tchad, l’un des rares Ingénieurs d’Aviation civile a été choisi par le gouvernement tchadien en 2019 comme candidat de l’Afrique centrale au poste de Directeur général l’ASECNA. La même année, le diplomate Moussa Faki Mahamat se lance dans le second mandat à la Commission de l’UA. « Les tractions entre différents pays électeurs dans les deux instances concluent pour le retrait d’un des candidats du Tchad », nous confie un ancien ministre de l’Aviation civile. Et le candidat au poste de l’ASECNA choisit de se désister, selon ses propres termes pour reprendre la course en 2023, selon les mêmes sources. Un sujet sur lequel l’intéressé ne semble pas vouloir se prononcer.
Mais l’homme se souvient avoir fait l’objet d’un traitement médiatique mensonger à travers la publication de fausses informations remettant en cause son parcours académique. Une rumeur qui sera tue plus tard.
L’aviation civile ne peut pas se développer !
L’homme se souvient aussi d’avoir été combattu partout où il est passé « par des Tchadiens qui sont contre le développement du Tchad », explique-t-il avec un pincement de cœur. Il parle de la société Salam, de la compagnie aérienne Air Tchad, du secteur des Transports où « les gens refusent son développement et sa modernisation ». Initiateur du Conseil des chargeurs du Tchad (COC-Tchad), en 2012, cette institution apporte aujourd'hui un appui important dans les activités d'importations au Tchad. Il en va de même de la société de transport moderne du Tchad (SOTRAM-Tchad), créée quand il était secrétaire général du ministère des Transports. Malheureusement, les clés de la société ont été mises sous lepaillasson dès ses débuts, parce que le projet a été détourné à d'autres fins.
Bien que plus discret, nous avons au fur et à mesure d’échanger avec Mahamat Awaré Neissa, nous avons pu lire en lui le désir et la soif d’un changement de paradigme dans la gestion de chose publique. En faisant allusion aux constructions du secteur des transports terrestre et aérien, il emploie à plusieurs reprises l’expression « les gens n’aiment pas ceux qui aiment le travail bien fait ». A la question de savoir pourquoi l’aviation civile trime toujours, la réponse de Mahamat Awaré est si simple « le secteur ne peut pas se développer quand les professionnels sont mis sous les carreaux au profit des étrangers du secteur ».
L’homme qui a suivi des formations multidimensionnelles auprès de la Chambre des comptes de la Cour suprême du Cameroun, sur les modules de la discipline financière et les fautes de gestion (FORHOM ), sur l’exécution de la loi des finances (FORHOM), sur les techniques comptables approfondies (FORHOM) et sur les techniques de vérification financière et de la certification des comptes (FORHOM), est un véritable cheval caché de l’administration publique. Bien que plein d’ambitions et des projets, l’homme est caractérisé par une simplicité de vie, et partage gracieusement ses expériences et compétences à tous ses amis et collègues dans leurs activités.
On ferait peut-être mieux d’associer de tels cadres et techniciens à la gestion du bien public. Ils sont nombreux, les gens comme Mahamat Awaré Neissa. Il est juste de reconnaître justement leur valeur. Il est souhaitable qu’il parvienne à l’ASECNA, ce qui permettrait au Tchad d’améliorer son secteur de l’aviation civile toujours ternie durant plusieurs décennies de farce.
Makaïla.fr