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Alerte Info: Les député-es européen-nes ont condamné la junte militaire et exigent le gel des avoirs des auteurs du coup d'état// Au Tchad, la plateforme Wakit Tama" l'heure est arrivée " appelle ce jeudi 19 mai 2021 le peuple à manifester pour le retour à l'ordre constitutionnel //

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Publié par Mak

Le 20 Avril 2021, à l’annonce de la mort du Président Maréchal, les Tchadiens de tous les horizons étaient pris de panique. Personne ne s’attendait à une telle information qui a troublé la quiétude des citoyens. L’environnement était effervescent. Les caciques du pouvoir étaient invisibles et brillaient par un silence de dernière génération.

Aussitôt, deux tendances ont vu le jour. La première est celle qui apporte son soutien au Conseil Militaire de Transition dirigé par l’un des fils du défunt Président. Ceux-là ont tous dans leur agenda caché la pérennisation du système MPS afin que leurs intérêts mercantilistes qu’ils ont mis des années à sauvegarder soient davantage préservés.

La seconde tendance est celle composée des partis politiques, des mouvements de la société civile et aussi des Tchadiens de toutes les appartenances religieuses et ethniques qui se sentent exclus des bénéfices  de la gestion de la chose publique. Ce groupuscule trouvait en la mort du Maréchal une bouffée d’oxygène qui conduira inéluctablement au changement attendu depuis plus de trois décennies. Que comme cela tardait à se concrétiser par la prise de position violente du CMT qui refuse une transition civile, ces partis politiques et organisations de la société civile ont décidé d’envahir les rues par des séries de manifestations sauvagement réprimées avec plus de dix morts.

Les jours passent et le CMT S’installe non seulement gaillardement mais savemment avec le soutien des puissances étrangères. Pour sa survie et sa légitimation, il a sans vergogne mis sur pied une machine de récupération de certains leaders des partis politiques et de la société civile qui constituaient pour lui un danger de gros calibre.

Dans la gestion de la République,  on se rend tous les jours compte que rien n’a changé. Le système est resté ; rien n’a bougé d’un iota. Les favorisés du père sont devenus par dévolution successorale les favorisés du fils et par conséquent, les frustrés d’hier sont les frustrés d’aujourd’hui. Les nominations à des postes de responsabilité se font sur la base des considérations ethniques, claniques et dans certaines mesures politiques. Les compétences sont délaissées au profit du népotisme et du clientélisme. Il faut juste parcourir les derniers décrets pour s’en rendre compte. Tout ceci prouve que Deby n’est pas mort.

Au Tchad, pour le plaisir de certains sbires du pouvoir, il est formellement interdit de narrer les indélicatesses de nos dirigeants. La paix et la cohésion sociale, l’ordre public sont des arguments concoctés çà et là par ces ténors du favoritisme pour faire taire la vérité. De tels actes ne sont point à démontrer.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le PCMT a laissé planer de doute quant à sa prochaine participation aux présidentielles. S’il arriverait que le PCMT se présente auxdites élections, on dira sans ambages qu’il est le vrai héritier de son père car on est habitué dans ce pays à dire une chose et pratiquer son contraire. Il continue en déclarant au mépris des Tchadiens que son père serait fier de lui. Nous rappelons qu’actuellement il n’est pas encore l’heure de s’autoévaluer. Les citoyens pour lesquels il est redevable le feront au moment opportun. Aujourd’hui, on a besoin de manger à notre faim, de s’éduquer, de se soigner et d’être traité équitablement. Pour le reste, wait and see. 

 

Jean-Claude Daye Bangam,

Citoyen tchadien