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Publié par Mak

Paradoxe et hypocrisie de la diplomatie tchadienne face au conflit centrafricain
Paradoxe et hypocrisie de la diplomatie tchadienne face au conflit centrafricain
Paradoxe et hypocrisie de la diplomatie tchadienne face au conflit centrafricain

 

Il est de notoriété publique du moins pour les observateurs éclairés et prévenus que la République Centrafricaine a fait l’objet de plusieurs manœuvres de déstabilisation de ses  institutions depuis Ndjaména. Ce conflit actuel nous rappelle la chute successive de Patassé par Bozizié et de Bozizé par Michel Djotodia soutenu et armé par le régime tchadien.

Alors que les électeurs centrafricains doivent se rendre aux urnes, le 27 décembre 2020, pour élire leur président, l’histoire bégaie en Centrafrique dans ce pays voisin immédiat du Tchad qui fait et défait tous les pouvoirs.

En effet, dans un communiqué de presse rendu public ce mardi 22 décembre 2020, le Ministère des Affaires Etrangères du Tchad, dit exprimer son inquiétude face à l’évolution de la question politique et sécuritaire en Centrafrique en qualité de membre du Groupe de Contact International de Soutien à la RCA.

Plus loin, la diplomatie tchadienne a appelé les partenaires de la RCA au principe de la non-ingérence dans les affaires internes de ce pays frère et ami.

Pour les observateurs avertis, le Tchad est l’un des acteurs le plus influent et constitue une partie prenante dans ce qui vient de se produire depuis quelques jours en Centrafrique.

Le fait que les chefs rebelles centrafricaines élisent domicile à Ndjaména, assistés et soutenus par les autorités, est une illustration parfaite du paradoxe et de l’hypocrisie du régime Deby qui veut à tout prix avoir un droit de regard et contrôle total de la vie politique, économique, sécuritaire, sociale et environnementale de son pays.

En rappelant le principe de la non-ingérence, le Gouvernement tchadien fait allusion aux soutiens militaires russes et rwandais venus appuyer l’armée centrafricaine qui fait face aux groupes rebelles qui menacent de s’emparer du pouvoir de Bangui.

Mais les autorités tchadiennes ont fait fi du soutien militaire et logistique de l’allié français en 2006 , 2008 et 2019, pour bombarder les rebelles du Front Uni pour le Changement (FUC) de l’Union des Forces de la Résistance (UFR) et d’autres mouvements politico-militaires qui tentent de s’organiser mais redoutent l’intervention de  l’aviation française.

C’est pourquoi, le Communiqué de presse du Ministère des Affaires Etrangères du Tchad relève de la pire hypocrisie d’un Etat qui souffle sur la braise dans la crise actuelle que traverse la RCA.

Les partenaires internationaux doivent plutôt appeler le Tchad à la non-ingérence dans une affaire interne à la Centrafrique et de privilégier l’issue pacifique de la crise actuelle. Car tout porte à croire que la RCA est devenue convoitisé par les grandes puissances étrangères à cause de ses ressources naturelles. Il faut penser aux sorts des populations centrafricaines qui a aussi droit à la paix, à la stabilité, au respect de la dignité humaine et à son épanouissement socio-économique.

Les mêmes partenaires internationaux doivent se rendre compte que le pouvoir d’Idriss Deby au Tchad est un verrou d’une société tchadienne bloquée où l’opposition est réprimée régulièrement et ses manifestations interdites systématiquement. La démocratie dans un pays relève du trompe-œil que de la réalité.

Il faut plutôt aider les démocrates centrafricains et tchadiens pour relever le défi de la bonne gouvernance et de l’Etat de Droit.

Makaila.fr