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Publié par Mak

Coronavirus: N'Djamena entre crainte et insouciance

Ce lundi, il est 8h. Du rond point Gazelle jusqu'au marché de Dembé, une longue file de piétons, parfois serrés les uns contre les autres, marche vers le centre ville. Ce sont pour la plupart des ouvriers, des travailleurs domestiques, des vendeurs à la sauvette. Aucun bus. Les prix de taxis-motos et des taxis sont hors de portée. Alors on retrouve les joies et les douleurs de la marche. Certains taxis sur cet axe sont simplement bondés. Aucun respect des consignes édictées.


Un piéton rencontré dit " je préfère marcher à pied car je considère le taximan comme un vecteur potentiel du coronavirus." " Vous imaginez le nombre de personnes qu'un taximan transporte dans la journée? Et qui sait sil y a des malades parmi ceux-là" conclut-il en réajustant son cache-nez.
Au niveau des agences de voyage, c'est porte close. Comme à l'agence Abou Salam sur cette avenue du 10 octobre.
Au niveau de l'avenue Charles De Gaulle, une ambiance similaire. Sauf qu'en face de la pharmacie Amigo au niveau de marché Dembé, un bus qui voulait ruser tombe pile sur un binôme de policiers qui l'immobilise net. L'un des policiers monte à bord de la ferraille qui tient plus d'une pièce de musée que d'un véhicule de transport public.
Sur l'avenue Maldom Bada Abbas et sur l'avenue Tombalbaye connue sous le nom Rue de 40m, c'est aussi une circulation fluide faute de bus.
À l'intérieur de quartiers, bars et cabarets sont portes closes. Mais pas tous. À 150m environ au Nord de l'hôtel Santana, vers 10h, un cabaret qui a ouvert refuse même du monde. Et pourtant, hier, dans le même secteur, la police serait passée pour distribuer quelques fessées accompagnées de quelques grenades lacrymogènes aux accrocs de la bière de mil.
Même si certains N'Djamenois semblent inconscients de la situation, d'autres sont inquiets et s'attendent à des mesures gouvernementales plus drastiques comme la fermeture des marchés.

 

Reportage de Michael Didama