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Alerte Info: Tchad: dénommée marche du peuple pour exiger l'alternance au Tchad, plusieurs organisations de la société civile, des mouvements citoyens et partis politiques vont descendre dans la rue le 06-02-2021 en vue de protester contre le pouvoir actuel d'Idriss Deby //

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Publié par Mak

Plusieurs ong protestent au Tchad contre les mesures gouvernementales visant à les museler

Point de presse des organisations de la société civile tchadienne

 

Date : jeudi 14 juin 2018

Heure : 9h00

Lieu : siège de l’APLFT

 

Non au musèlement des associations de la société civile

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Chers militants,

Mesdames et messieurs,

 

Le 07 juin 2018, le Conseil ordinaire des Ministres avait adopté au titre du Ministère de l’Administration du Territoire, de la Sécurité Publique et de la Gouvernance Locale, le projet d’ordonnance portant Régime des Associations. Ce projet de texte qui a été élaboré dans les officines du Gouvernement n’a pas pris en compte les pertinentes observations et recommandations faites par les acteurs de la société civile lors des ateliers organisés dans le cadre de la réforme de l’ordonnance n°27/INT-SUR du 28 juillet 1962 initiée par le Projet d’Appui à la Société civile (PASOC). Dans son dessein macabre de museler les acteurs de la société civile qui osent critiquer ses actions, le Gouvernement a mis en place les dispositifs de contrôle et de sanction des associations. Cette ordonnance est prise, non seulement en violation flagrante des textes internationaux régissant les libertés publiques, mais elle contredit la lettre et l’esprit des dispositions de la Constitution de la 4ème République promulguée le 04 mai 2018.

 

Dans le compte rendu du Conseil des Ministres du 07 juin 2018, la Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, porte-parole du Gouvernement qui avait encouragé « une implication réelle de la société civile dans le processus de prise de décision »prétend que « le rôle et impact des associations restent très mitigés. Certaines associations, au lieu de renforcer l’Etat de droit et de promouvoir la bonne gouvernance, menacent l’ordre public et la cohésion sociale (…) Une régulation plus rigoureuse des associations s’avère nécessaire ».

 

Ne pas reconnaitre les apports de la société civile dans la recherche et la consolidation de la paix et la conduite de certains projets tels que le projet pétrole de Doba, c’est faire preuve d’une malhonnête intellectuelle et d’une hypocrisie. Cette déclaration est une guerre ouverte lancée contre les associations de la société civile qui  jouent véritablement leurs rôles d’alerte et d’éveil de conscience des citoyens. Non seulement, le Gouvernement tente de museler les associations de la société civile, mais il fait planer sur elles les menaces de dissolution pour mieux asseoir son pouvoir.

 

Le Gouvernement prétend se fonder sur les recommandations du Forum National Inclusif et sur la Constitution du 04 mai 2018 pour adopter cette ordonnance liberticide. Or, nulle part dans la synthèse des travaux du Forum National Inclusif, il est fait mention de la question des restrictions des libertés. La réforme de l’ordonnance n°27/INT-SUR du 28 juillet 1962 en cours devrait s’inscrire dans le contexte actuel du respect des libertés publiques. Mieux, la Constitution du 04 mai 2018 en son article 28 affirme que:« les libertés d’opinion et d’expression, de communication, de conscience, de religion, de presse, d’association, de réunion, de circulation, de manifestations sont garanties à tous…». Une question aussi importante que celle relative à la liberté d’association ne peut être réglée par une ordonnance du Président de la République.

 

Par ailleurs, les associations de la société civile expriment leur  indignation quant à l’insensibilité et la mauvaise foi du Gouvernement face à la grève déclenchée par les corps judiciaires pour exiger la destitution du Gouverneur du Logone Oriental et le Commandant de la légion de gendarmerie, leurs sbires et leur mise à la disposition de la justice pour cet acte de rébellion contre les décisions de la justice. Cette paralysie de l’appareil judiciaire viole le principe du droit à un procès équitable à des milliers des tchadiens qui croupissent en prison et qui ne peuvent être fixés sur leur sort.  Il faut rappeler que ce débrayage fait suite à la tentative d’assassinat de Maitre Doumra Manasé et de ses clients  le 22 mai 2018 à Doba.

 

Les associations sont surprises du mutisme et de la volonté réelle du Gouvernement à trouver des solutions idoines à ces crises qui perdurent et violent les principes de droit à un procès équitable, le droit à l’éducation des enfants tchadiens.

 

Elles condamnent en outre, la recrudescence des conflits agriculteurs éleveurs sur toute l’étendue du territoire qui se soldent souvent par la perte en vies humaines et des tentatives de réparations exorbitantes. Au nom de la protection de l’environnement, les agriculteurs font l’objet des arrestations arbitraires et des amendes illégales pendant que ceux-ci n’ont pour seul revenu la pratique de l’agriculture. Cette situation met les agriculteurs dans une situation de précarité et d’insécurité alimentaire  perpétuelles entretenues par le gouvernement.

 

Nous ne saurons nous taire devant ces forfaitures qui remettent en cause les fondements de la République.

 

De tout ce qui précède, les associations de la société civile :

  • exigent purement et simplement le retrait de cette ordonnance liberticide ;
  • demandent au Président de la République de prendre son courage à deux mains pour résoudre les différentes crises sociales qui paralysent le bon fonctionnement de la fonction publique et l’administration de la justice et permettre aux citoyens d’avoir accès aux services de base.
  • Apportent leur soutien aux corps judiciaires et à la plateforme syndicale revendicative ;
  • Encouragent les deux parties à un dialogue franc gage d’une stabilité sociale.

 

Nous vous remercions. 

 

Les organisations signataires

 

  1. Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, section du Tchad (ACAT-Tchad)
  2. Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales (APLFT)
  3. Association des Femmes pour  le Développement  et  la  Culture de la Paix  au Tchad (AFDCPT)
  4. Association Tchadienne pour  la Non-Violence (ATNV)
  5. Convention Tchadienne pour  la Défense des Droits Humains (CTDDH)
  6. Tchad Non-Violence (TNV)
  7. Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH)
  8. Association Tchadienne pour la Promotion et  la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH)
  9. Mouvement  Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL)
  10. Observatoire  pour la Promotion et la défense des Droits Humains (OPDH)
  11. TLP-TCHAD