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Alerte Info: Tchad: dénommée marche du peuple pour exiger l'alternance au Tchad, plusieurs organisations de la société civile, des mouvements citoyens et partis politiques vont descendre dans la rue le 06-02-2021 en vue de protester contre le pouvoir actuel d'Idriss Deby //

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Publié par Mak

PEUPLE DU TCHAD:  Y A-T-IL UNE OPPOSITION POLITIQUE POUR VOUS DÉFENDRE ?

 

« Il est difficile à un homme rassasié de croire qu’un autre a faim. »

 

J'ai cherché à comprendre la définition de « opposition politique » dans le dictionnaire.

J'ai retenu parmi plusieurs définitions celle-ci :

- Ensemble des partis et des forces politiques qui s’opposent à un moment donné au pouvoir et au gouvernement et dont le programme est opposé à celui de la majorité politique.

 

On peut se demander si cette définition peut s’appliquer aux partis politiques dans notre pays ?

 

A mon humble avis, les partis politiques tchadiens de l'opposition n’ont jamais été déterminés. La plupart des personnages qui créent ces partis ne sont pas sincères pour la plupart. Ils sont en fait, avec le pouvoir la nuit, et le jour ils réunissent des braves citoyens et leur jouent la comédie de l'opposant. On constate d'ailleurs, l'explosion de nouveaux partis, souvent, à l'approche des élections.

 

Depuis toujours, ces hommes politiques dont certains ont aujourd’hui disparu, n’ont jamais cherché à sortir les Tchadiens et le Tchad de la misère. Tous, ont à un moment ou à un autre, composé avec le pouvoir MPS moyennant finance. Créer un parti politique au Tchad est comme choisir d’ouvrir un commerce.

 

Or, être dans l'opposition c'est mener des actions contre ce que fait le pouvoir et auquel on s'oppose en y mettant un obstacle par sa résistance. Si le parti de l'opposition est représenté par des élus au parlement, il doit résister par son vote contre les textes qui lui sont présentés et qui vont à l'encontre de l’intérêt général qu’il prétend défendre. Les grèves, les manifestations pacifiques, les dénonciations de l'arbitraire etc. sont autant d’outils et des moyens de luttent, qui permettent à l’opposition d’édifier la résistance pour faire vivre la démocratie.

 

Nous pensons sincèrement que les différents partis de l'opposition tchadienne doivent se former ou s’inspirer de ce qui se passe ou qui s'est passé ailleurs, dans d'autres pays du monde pour s’organiser et prendre mieux en charge leur rôle d’opposant.

 

Premièrement, il doit savoir qu’il n’y a jamais eu une dictature définitive dans un pays quel qu’il soit. Un exemple, celui de Antonio de Oliveira Salazar. Ce dictateur a imposé un parti unique et s'est appuyé sur une police aussi féroce que celle qui sévit aujourd’hui au Tchad, réprimant et bâillonnant toute opposition mais, malgré cette puissance policière, il avait été contraint à quitter le pouvoir par une attaque cérébrale en 1968. Comme quoi, il y a toujours une fin, même celle de la dictature. 

D'ailleurs, l'histoire récente du Tchad est encore vive dans nos souvenirs. Son ancien dictateur, malgré sa féroce DDS et omniprésente, elle a, un beau matin, quitté le pouvoir.

 

Deuxièmement, il faut savoir que la France, qui soutient ces dictatures africaines, se garde toujours une marge de manouvre et se fixe une limite dans l’horreur à ne pas dépasser. C’est un pays dont l’ADN est constitué par la révolution du peuple par le peuple. Ce qui a donné les concepts de la Liberté, Égalité Fraternité et surtout la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Si l'opposition tchadienne joue vraiment son rôle, la dictature va finir par trembler.

 

Malheureusement, nous sommes obligés de constater aujourd’hui, que cette opposition a une parole trop patiente, impuissante et ambiguë.

Pourquoi ? parce que sa parole, elle l’a souvent vendue au pouvoir contre de l'argent ou de strapontins ministériels.

 

Hélas, cette trahison et/ou cupidité a des conséquences terribles pour le peuple du Tchad. Leurs droits fondamentaux sont violés et leur Liberté constitutionnellement octroyée est confisquée.

 

Alors, le seul spectacle que donne cette opposition pléthorique est d’organiser des réunions et de sortir des communiqués auxquels elle-même n’y croit pas. Car, aussitôt leurs textes publiés, certains d'entre eux vont aller s’aplatir devant le pouvoir pour s’excuser enfin obtenir le salaire de judas.

 

D'ailleurs, si on est un observateur avisé de la politique tchadienne, on peut observer que ceux qui refusent de composer avec ce pouvoir ont fait soit le choix de quitter le pays soit d’y rester, mais emprisonnés ou se retrouvent quelques mètres sous terre. Oui, ils sont lâchement assassinés comme le professeur Ibni, fondateur du PLD ou le premier Président de la LTDH et tant d’autres.

 

Seulement, voilà il faut reconnaître, la mort dans l’âme, que ce 8 février 2018 a définitivement montré que, la grande majorité des leaders de cette opposition politique du Tchad ne seront plus jamais crédibles.

 

Il faut dire que, par leur comportement ambigu, face à la colère du peuple certains leaders ont donné implicitement raison au ministre de l’intérieur actuel ce Wilhelm Frick [1], ce Heinrich Himmler[2] deux sinistres personnages qui avaient fait tant de dégâts sous la houlette de Hitler.

Ce ministre de l’intérieur du Tchad fut viré par son patron, mais son action dans la répression eue atteint un tel niveau « d’efficacité » qu’il fut rappelé aux affaires pour remettre en œuvre son infernale machine à réprimer sans discernement. Ho ! Peut-il se regarder dans un miroir ? Lui, qui a vécu un temps en France. Pays où le peuple manifeste et fait grève parce que cela fait partie des droits fondamentaux et universels.

 

 

Et Maintenant, la question est, quelle opposition aidera les Tchadiens à dire STOP ?

STOP, car leur spectacle ne fait plus rire personne, ni à l’intérieur ni à l'extérieur du pays.

Oui la dictature de 28 ans a acheté presque toutes les consciences de l'opposition intérieure.

 

Que reste-il aux Tchadiens pour espérer le bonheur, la joie, la paix, l'espoir bref la VIE ?

 

Il reste tout de même le Peuple, la Jeunesse, les Femmes pour contester.

La diaspora malgré son impertinence et son coup de gueule est affaiblie par son éloignement. Elle ne peut vivre et voir la souffrance de son peuple qu’à travers les récits des voyageurs et les articles des activistes et journalistes engagés.

 

Oui, l'heure est venue de dire STOP au pouvoir et a une partie de l’opposition qui l'accompagne contre le peuple depuis bien longtemps !

 

Il faut que les Tchadiens ouvrent les yeux. Qu’ils n’attendent rien de ces hommes politiques là. Ne faisant rien pour changer ni à la dégradation du pays ni à l’abaissement des conditions de vie de la population, ils ont finalement décidé les uns après les autres d'aller à la mangeoire, de coopérer avec le dit pouvoir et en devenir, pour certains, des conseillers zélés. Ainsi va la vie des hommes politiques au Tchad.

 

Il y a eu en France un saut de génération, je reste persuadée qu'il y en aura en Afrique aussi et au Tchad en particulier.

 

Une nouvelle génération s’est levée, elle a écrit cette phrase « IDI DEGAGE » sur les murs de N’Djamena. Le jour où cela se fera, ce jour-là la Liberté sera.

Comme disait Victor Hugo « Ce jour-là, seulement, la Liberté pourrait espérer et la dictature pourrait trembler ».
 

Alors, l'opposition timorée sera, par la même occasion, moribonde. Certains membres fondateurs, ceux qui ont toujours discrètement accompagné le pouvoir MPS, ceux qui ont trompé le peuple des électeurs, ceux-là iraient se reposer pour service rendu à la dictature et une nouvelle génération accédera au pouvoir et construira le Tchad éternel et désirable pour tous. Ce jour-là, (absentes adsunt) les absents sont présents.

 

Marguerite Odile Kabatchang

Quelle opposition politique défendra le peuple du Tchad ?

27 février 2018

 


[1]Ministre de l'intérieur de Hitler de  1933-1943

[2]Ministre de l'intérieur de Hitler de1943-1945