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Alerte Info: Tchad: dénommée marche du peuple pour exiger l'alternance au Tchad, plusieurs organisations de la société civile, des mouvements citoyens et partis politiques vont descendre dans la rue le 06-02-2021 en vue de protester contre le pouvoir actuel d'Idriss Deby //

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Publié par Mak

Les jeunes tchadiens en ont ras-le-bol de toutes formes d’oppression partout au Tchad et la peur a cédé la place à l’indignation pour affronter l’arrogance et le mépris de la classe dirigeante.

La situation politique et sociale caractérisée par l’absence d’un véritable consensus national autour des enjeux capitaux, la mauvaise gouvernance érigée en système de dilapidation des deniers publics, l’impunité des autorités politiques, administratives et militaires véreux et l’injustice à toutes les échelles contribue naturellement à une prise de conscience d’où l’engagement civique et citoyen pour dénoncer et combattre l’inadmissible. C’est manifestement le refus de laisser perdurer les pratiques non orthodoxes ayant cours à Bitkine dans le Guéra qu’un groupe de jeunes réunis au sein de l’association Rassemblement des Jeunes Patriotes pour la Démocratie et la Défense de l’Intégralité Territoriale (R.J.P.D.I.T) n’ont pas voulu fermer les yeux et laisser faire. On ne peut pas critiquer et combattre la mauvaise gouvernance sur le plan national et laisser passer ou tolérer les actes délictueux commis par les agents de l’administration territoriale ou d’autres personnalités au niveau régional. Décidés de faire bouger positivement les choses, les jeunes « Patriotes », entendez les membres de l’association précitée, du moins le bureau a tenu un point de presse le 05 janvier 2018 afin de porter à l’attention de l’opinion nationale de la gestion opaque des biens publics destinés à la population de la commune de Bitkine et ses environs. Le représentant de ladite association, antenne d’Abtouyour Khamis Nangtoudjou après avoir rappelé l’objectif de son association visant à défendre les intérêts publics, s’est attelé à dénoncer sans ambages la mauvaise gestion de l’eau potable, le détournement des médicaments de l’hôpital de Bitkine et la redistribution de l’espace alloué à l’Education nationale et à la promotion civique par des individus qui utilisent le nom de l’Etat pour s’enrichir.

 Piqué au vif et se sentant lésé et surtout visé par ces dénonciations des jeunes « Patriotes », le préfet d’Abtouyour, monsieur Djimet Gamarga eut ordonné arbitrairement l’arrestation le 08 janvier 2018 d’une trentaine des jeunes parmi lesquels les membres du bureau ayant animé le point de presse. Ce sont entre autres Paul Daboubou, Ratou Ramadane, Youssouf Mayoki, Khamis Nangtoudjou, Mahamat Ali, Tom Nantcho etc. Si la plupart de ces jeunes ont retrouvé la liberté, huit d’entre eux seront maintenus en prison. Les informations concordantes confirmées par les différents témoignages de proches parents des prévenus révèlent qu’après deux jours de garde à vue dans les locaux de la brigade, le plaignant, qui n’est d’autre que le préfet d’Abtouyour ne s’est pas présenté à la Brigade. Ils ont été envoyés dès lors à la maison d’arrêt et leur dossier fut confié au juge de paix de Bitkine. Ce dernier se déclare incompétent au bout de deux jours et décide de transférer le dossier au Tribunal de Mongo, chef-lieu de la région du Guéra. Après le transfert de ces huit jeunes prisonniers à Mongo, un autre jeune s’est constitué prisonnier en les rejoignant à la maison d’arrêt de Mongo, où les neuf « Patriotes » continuent de croupir injustement en prison. « Ils ont été entendus par le juge d'Instruction et l'audience devrait normalement se tenir le 16 janvier, mais le préfet a encore brillé par son absence. Il refuserait de venir à Mongo et de répondre aux appels téléphoniques. Ce qui a valu le report du jugement », rapporte un témoin.

 Aussi, le préfet Djimet Gamarga agissant solidairement avec les autres personnes citées par monsieur Nangtoudjou, était très irrité au point de faire lui-même justice en usant de sa position administrative et son influence politique. Il n’a pas du tout apprécié que FM liberté ait consacré une émission à cet évènement et le journal Abba Garde en fait la une de sa parution. Selon les témoins, monsieur Djimet Gamarga a usé de son droit de réponse pour contredire les accusations portées contre lui et certaines autorités locales par le représentant local du Rassemblement des Jeunes Patriotes pour la Démocratie et la Défense de l’intégrité Territoriale. Le préfet Djimet Gamarga soutient que l’association ne dispose pas l’autorisation de fonctionner, ce qui rend le point de presse illégal. En lui accordant le bénéfice de doute, il n’en demeure pas moins que de tels propos allégués restent à vérifier. Revenons-en aux différentes révélations faites lors de ce point de presse par Khamis Nangtoudjou. Qui mieux que ce dernier, du fait de l’objectif affichée de son association est mieux placé pour en parle : « A travers ma voix et en ma qualité de représentant local des jeunes Patriotes, nous voudrions dénoncer sans ambages la mauvaise gestion de l’eau potable, le détournement des médicaments de l’Hôpital de Bitkine et la redistribution de l’espace alloué à l’éducation nationale et à la promotion civique par des individus qui utilisent le nom de l’Etat pour s’enrichir ». Jusqu’à ce niveau, on peut tous être d’accord avec la dénonciation de toutes ces dérives qui sont dommageables pour le développement de la collectivité territoriale. Il poursuit plus loin : « Messieurs les journalistes, en 1997, le SECADEV (Secours catholique pour le développement) a octroyé trois forages d’eau potable en faveur de la population, dont le forage se trouvant à côté de l’Hôpital est exploité par un certain Oumar Abdiguinet, arbitrairement désigné par la préfecture pour la gestion de cette fontaine et puis soutenu par Mahamat Ahmat Zene Bada, le secrétaire général du Mouvement Patriotique du Salut(MPS). Car, monsieur Mahamat Zene Bada bénéficie frauduleusement de la connexion d’un tuyau d’eau branché à son château privé à son domicile au quartier Matama. Et quant aux autres forages faits par la Société Moderne de Construction(SMC) dans le quartier Goz-béïda et secteur 4 sont caporalisés par le préfet du département d’Abtouyour, monsieur Djimet Gamarga et la 2èmeajointe du maire, madame Haoua Rabah, contre une espèce sonnante et trébuchante qui s’élève à 350.000 FCFA. »

 Khamis Nangtoudjou commence à entrer au plus profond de sa déclaration. Il continue de dénoncer : « Pourtant, il ya eu un comité des usagers d’eau potable dirigé par monsieur Saleh Djimet qui est responsable des forages, mais qui a été écarté par ces autorités qui ne trouvent pas leurs intérêts dans cette gestion. Au niveau de la santé publique, nous avons des preuves irréfutables que la gestion des médicaments destinés à la population est détournée systématiquement à d’autres fins par certains responsables de l’Hôpital de district de Bitkine à savoir le diplôme sans emploi Maxime. Ces médicaments sont vendus aux « docteurs choukou » au vu et au sud de tout le monde dans le marché de Bitkine auprès de Youssouf Nour et une partie repartie dans les pharmacies à N’Djaména. Récemment, l’ONG World Vision a fait un don des médicaments à l’Hôpital de Bitkine pour le compte des centres de santé, mais ces médicaments ont une fois de plus pris une destination inconnue. En ce qui concerne les consultations à l’Hôpital de Bitkine, les carnets sont payés à 2000 FCFA et le prélèvement de sang est facturé à 2500 FCFA par donneur de sang, même s’il est volontaire ». Khamis Nangtoudjou et ses amis sont convaincus de la justesse de leur combat et font don de leur personne pour le bien de la société : « Autre chose, le diplômé sans emploi Maxime de l’Hôpital reçoit des cartons marqués Hôpital de Bitkine transportés par l’Agence Guéra centre, dont les contenus sont des produits toxiques (tramol et Wisky en sachet…) appartenant à ce dernier. S’agissant de l’éducation, l’espace alloué au lycée qui est de 450 sur 600 mètre est en train d’être morcelé et vendu par le maire de Bitkine, monsieur Bani Bidjéré.»  Khamis Nangtoudjou en bon communiquant, invite la presse à assurer le service après-vente de toutes les révélations croustillantes qu’il vient de mettre à sa disposition. Au nom de son association, il demande qu’une enquête soit diligentée dans un bref délai, afin de déterminer les responsabilités de chacun et éventuellement faire arrêter les auteurs de cette forfaiture pour que la population de Bitkine puisse entrer dans son droit ».  Que doit-on faire pour que justice soit rendue à ces jeunes arbitrairement détenus finalement à Mongo ? La population du Guéra, les associations des droits de l’homme et les partis politiques et la presse doivent se mobiliser pour réclamer la libération immédiate et inconditionnelle de ces jeunes innocents. Ils ne méritent pas la prison car ils sont considérés sous d’autres cieux comme des lanceurs d’alerte.

Moussa T. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

Regards d’Africains de France