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Alerte Info: Les député-es européen-nes ont condamné la junte militaire et exigent le gel des avoirs des auteurs du coup d'état// Au Tchad, la plateforme Wakit Tama" l'heure est arrivée " appelle ce jeudi 19 mai 2021 le peuple à manifester pour le retour à l'ordre constitutionnel //

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Publié par Mak

La levée de boucliers des syndicats et d’autres acteurs sociaux et politiques face aux velléités machiavéliques du gouvernement de vouloir procéder à l’abattement des salaires de fonctionnaires a fini par obliger le premier ministre à capituler en annonçant en personne, mercredi 10 janvier devant les représentants syndicaux : «le gouvernement a décidé de surseoir à l’abattement des salaires». C’est un véritable camouflet pour le nouveau ministre des finances qui veut montrer ses muscles d’entrée de jeu. Mal lui en a pris, il s’est pris une raclée en voulant défier les organisations syndicales échaudées par les 16 mesures du gouvernement. «C’est une très bonne chose que le gouvernement entende la voix des travailleurs» s’est exprimé à l’AFP Michel Barka, président de l’Union des syndicats du Tchad (UST).

Nul ne sait si le gouvernement a reculé pour mieux sauter. Tout est question de rapport de force. Les leaders syndicaux le savent mieux que quiconque. Alors ils doivent rester vigilants et éviter tout triomphalisme prématuré. Car le gouvernement tel un fauve affamé attendra sagement son heure pour s’élancer sur sa proie. Tant que le Fonds monétaire international (FMI) tapis dans l’ombre tire les ficelles, les fonctionnaires ne sont pas à l’abri de mauvaises surprises de la part du gouvernement. Le leader syndical monsieur Barka semble aller vite en besogne lorsqu’il dit : «Dans le cadre de notre plateforme, nous allons commencer à travailler et proposer au gouvernement des pistes pouvant lui permettre de combler son +gap+ de 30 milliards de francs (environ 45 millions d’euros).»

 Les syndicats doivent se préparer pour parer à toutes éventualités. Les signes avant-coureurs des lendemains incertains sont manifestes et inquiétants. Pour sauver la face, le ministre des Finances s’est lancé dans une opération de communication tout aussi ridicule qu’inutile. Qui peut réellement croire qu’un numéro vert «700 » suffirait pour lutter contre les détournements des recettes de toutes les régies financières. Le courage voudrait que le ministre Sabre Abdoulaye fasse d’abord un audit complet de ces régies financières, avant d’envisager tout autre mesure. Ce ne sont pas les nominations à caractère familial et clientéliste ni l’effectif de 500 militaires mis à la disposition du ministère des Finances pour des raisons inavouées qui auront un impact positif sur les finances du pays. Tout est fait pour réprimer les petits agents indélicats et épargner les grands pilleurs de le République.

A quoi sert d’appeler un numéro vert lorsque les éventuels coupables ne seront pas châtiés de la même manière par la loi républicaine ? Les vraies mesures consistent à accélérer l’audit concernant les faux diplômes, à aller débusquer les fonctionnaires fictifs et ceux bénéficiant de plusieurs salaires, à aller à la chasse des biens mal acquis, des fuites des capitaux, de l’enrichissement illicite et à punir les entreprises qui ne paient pas les impôts. Tous les grands projets réalisés partiellement ou entièrement durant la dernière décennie doivent être passés au crible fin afin de déceler des éventuelles malversations financières. Beaucoup d’économies peuvent être réalisées sur le train de vie de l’État, la suppression des cantons créés ex nihilo, la suppression des sous-préfectures et le retour à 14 préfectures.

Moussa T. Yowanga