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Publié par Mak

Pour la C.T.D.D.H, l'année 2018 sera celle de prise de conscience et de triomphe sur la terreur imposée par Idriss Deby
Vœux de la C.T.D.D.H pour 2018
 
2018 est déjà arrivé. La Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (CTDDH) par ma voix souhaite à tous les tchadiens une année de changement de la situation actuelle dans laquelle ils vivent ; plus précisément, nous espérons de tout cœur l’avènement à la tête de notre état d’une alternance qui permettra la survenance d’une gouvernance meilleure. Parce que nous aussi, nous avons droit au respect de nos droits fondamentaux et au bien être comme tous les autres peuples ; à l’aube de 2018, il nous a paru nécessaire de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et d’évoquer ce que notre organisation a entrepris jusqu’aujourd’hui. la CTDDH aura bientôt six ans et cinq mois d’existence ; son bilan actuel, bien qu’encourageant n’est pas (avouons-le) à la hauteur des ambitions que nous avions nourris pour elle quand nous l’avions créée.
Nous nous étions fortement engagés à l’époque de sa création à contribuer avec les autres Organisations sœurs à une réduction substantielle de l’arbitraire et des violations des droits fondamentaux de nos concitoyens ; nous nous étions même fixés des objectifs en vue de contribuer à faire de notre pays un état de Droit.
Aujourd’hui, à quelques heures  de 2018, au regard de la généralisation de l’arbitraire, de l’ampleur des violations des droits tant civils et politiques qu’économiques, sociaux et culturels des tchadiens, nous avons l’impressions que tous les efforts que nous avions menés jusqu’à-là ne représentent qu’une goutte d’eau dans la mer face à l’ immensité des conséquences néfastes de la gouvernance calamiteuse d’Idriss Deby. .
Certes, il nous était souvent arrivé une fois sur deux, d’éviter que des puissants n’arrachent des propriétés des plus faibles à la faveur des décisions rendu par des juges corrompus ; mais sur les 60 cas dans lesquels nous avons réussi depuis la création de la CTDDH, dans peut être deux ou trois millions d’autres cas, l’escroc injuste ou le puissant a triomphé sur le plus faible soit en abusant de son pouvoir soit en utilisant la puissance de l’argent.
 il nous était également arrivé d’éviter à certains citoyens innocents des incarcérations arbitraires ; de faire libérer des personnes détenues au-delà du délais légal de garde à vue, d’accompagner et d’offrir un accès à la justice à des personnes démunies ; d’éviter à quelques citoyens en province des rackets de la part des Commandants de brigades et autres agents des eaux et foret véreux, et beaucoup d’autres situations arbitraires évitées parce que  notre présence a été dissuasive ; mais qu’en est il de millions de situations où nous n’étions pas là ?   
A côté de ces interventions directes, nous avons procédé à un nombre incalculable de conciliations qui ont permis d’éviter et de prévenir en provinces des conflits potentiels intercommunautaires et parfois entre éleveurs et agriculteurs. Ces conflits sont souvent provoqués par les relais locaux d’Idriss Deby que sont les sous-préfets, les Préfets et les Gouverneurs en exécution de sa politique de « diviser pour régner ». Là également, le nombre de nos interventions parait insignifiant par rapport à ces innombrables conflits qui avaient occasionné beaucoup de pertes en vies humaines.
Bref, il n’est pas question ici de dresser le bilan de ce que nous avons fait mais plutôt de situer celui-ci dans le contexte dans lequel nous vivons : une fois de plus, les apports de nos différentes actions sur le climat général des violations des droits de l’homme au Tchad paraissent négligeables et à une petite échelle tant l’ampleur de l’arbitraire dans notre pays est inimaginable. 
Ainsi, à l’aube de 2018, les violations des droits civils et politiques continuent de plus belle et ont même tendance à s’amplifier ; les conflits éleveurs- agriculteurs souvent causés par les agissements des administrateurs locaux se sont accentués causant des nombreux morts et blessés. Les arrestations et détentions arbitraires et les injustices au quotidien sont devenues monnaie courante avec en filigrane un système judiciaire aux ordres, gangréné par la corruption et transformé en bras armé de l’exécutif. Les prisons occultes où la sinistre police politique ANS continue à se livrer à des tortures et autres pratiques nazies. L’existence de prisonniers politiques et ceux arrêtés et détenus pour leurs opinion est notoire ; l’insécurité dans le pays est d’autant plus quotidienne qu’elle est alimentée par une impunité qui n’existe nulle part ailleurs.  
Les interdictions systématiques des manifestations publiques expression des libertés constitutionnelles comme les marches pacifiques, interdictions tant décriées par les ONG nationales et internationales sont devenues la règle.
Plus grave est la situation de nos compatriotes des provinces qui sont livrés aux rackets tortures et exactions de toutes sortes provoqués par les administrateurs locaux notamment les Sous-préfets, les Commandants de brigade et autres commandants de la garde nationale. La palme d’or de la rapacité et de la predation revient ces derniers temps aux agents et brigades des eaux et forêts qui, sous le prétexte de protection de l’environnement arnaquent les paysans en leurs infligeant des fortes amendes injustifiées pour avoir simplement taillé une branche d’un arbre et plus graves, pour avoir défriché leurs champs en vue des prochaines cultures. Il est évident que ces pratiques sont un frein grave aux activités agricoles de nos paysans. C’est ainsi que dans les provinces, nos points focaux et représentants sont sérieusement mis à contribution et ont toujours maille à partir avec des hommes armés analphabètes et brutaux qui sont malheureusement sensés représenter l’état mais qui en ignorent toutes les règles et se transforment ainsi en bourreaux de la population.
A côté de toutes ces violations des droits civils et politiques existent au Tchad les violations des droits économiques des citoyens qui sont toutes aussi graves :
En effet, outre le fait que Deby et ses parents se soient accaparé des recettes pétrolières provocant sciemment la misère du reste des tchadiens, les recettes locales sont régulièrement détournées au profit de Deby et de ses proches placés à la tête de toutes les régies financières comme la douane les impôts les domaines le trésor etc.
 À l’endettement hors norme du pays provoqué par Deby à cause de son pacte signé avec l’entreprise mafieuse Glencore qui à asphyxié le pays, s’ajoute la dette chinoise qui, à cause de son montant qui culmine à plusieurs dizaine de milliers de milliards amènera fatalement à une hypothèque pure et simple du pays.
Fidèle à sa politique de continuation des expéditions punitives contre le peuple tchadien, Idriss Deby en dépit de la misère et des souffrances programmées qu’il fait subir aux tchadiens depuis un quart de siècle n’a pas hésité à imposer aux travailleurs les fameuses 16 mesures et surtout à envisager en 2018, l’imposition d’autres coupes sombres aux traitements des travailleurs, donnant ainsi le coup de grâce à un pouvoir d’achat déjà sérieusement entamé par la cherté de vie. Dans une récente déclaration dont l’irresponsabilité n’a d’égal que son sadisme invétéré, il déclarait que « nous allons retourner à la situation de 2003» c’est-à-dire avant l’ère pétrolière. 
 
Dans la logique de Deby, l’argent du pétrole ainsi que celui des régies financières nationales est et demeurera clairement sa propriété et celle de ses parents ; les autres tchadiens étant invités à aller cultiver la terre. Entretemps, la crise provoquée par l’accaparement des richesses nationales par lui et ses parents doit être payée sur les maigres traitements des travailleurs.
 
 Nous dirons pour finir que ce petit bilan au demeurant pessimiste nous sera d’une très grande utilité au regard de ce qui s’annonce en 2018 :
 
En effet, la C.T.D.D.H souhaite que cette année 2018 soit une année de prise de conscience et de triomphe sur la terreur imposée par Deby. Nous osons espérer que chaque tchadien a suffisamment eu le temps d’identifier l’origine de la catastrophe future qui l’attend et qu’il puisse tirer les conséquences qui s’imposent. Extirper le mal à la racine : voilà ce qui doit être le credo de tout un c chacun. Quoi qu’il en soit, en 2018, aucun choix ne s’offrira aux tchadiens même aux plus pacifistes d’entre eux que la mort à la maison causée par la faim, ou la mort dans la rue pour réclamer un changement. 
Bonne et heureuse année à tous.
 
 
Par Mahamat Nour Ahmed Ibedou ( SG de la CTDDH