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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Me Jacqueline Moudeina dénonce l'affligeant manque de coopération du Tchad dans l'affaire Habré

Pour diffusion immédiate

Communiqué du collectif des avocats des victimes de Hissène Habré

N’Djaména, le 20 octobre 2014



Affaire Hissène Habré : l’affligeant manque de coopération du Tchad



Nous, avocats des victimes du régime de Hissène Habré, déplorons le manque de coopération des autorités judiciaires tchadiennes avec les Chambres africaines extraordinaires. Le refus du Tchad de transférer les deux complices de Habré au Sénégal pour qu’ils y soient jugés, Saleh Younouss et Mahamat Djibrine dit « El-Djonto », et le rejet, par les autorités tchadiennes, d’une demande de commission rogatoire émanant des Chambres, montrent le mépris du Tchad pour les Chambres et le mandat de l’Union africaine.



Cette nouvelle commission rogatoire avait pour but de procéder à l’inculpation et à l’interrogatoire des deux complices de Habré poursuivis par les Chambres pour crimes contre l’humanité et torture. Après un an de promesses non tenues, les autorités tchadiennes ont ralenti la procédure montrant ainsi qu’elles ne respectent pas la justice africaine et internationale. Le non-transfèrement des complices de Habré ne doit plus retarder la tenue du procès à Dakar. L’objectif de la longue lutte des survivants, des veuves et des orphelins a toujours été de traduire en justice Hissène Habré, le chef de l’Etat, qui dirigeait la répression. Il est le principal responsable des abus massifs commis pendant son régime. Les Chambres africaines extraordinaires doivent aller de l’avant et montrer l’exemple en jugeant l’ancien dictateur.



Les victimes avaient toutefois déposé plainte en 2000 contre les anciens tortionnaires du régime devant les juridictions tchadiennes, mais les autorités n’y avaient pas donné suite, en dépit des insistances de leurs avocats et des organisations de défense des droits de l’Homme. Après n’avoir rien fait en faveur des victimes pendant 24 ans, le gouvernement tchadien veut aujourd’hui montrer qu’il est capable d’assurer les poursuites contre les anciens complices de Habré - raison du non-transfèrement de Saleh Younouss et Mahamat Djibrine dit « El-Djonto » au Sénégal, pour qu’ils y soient jugés. Les victimes ne veulent pas d’une procédure expéditive, comme cela semble se profiler, mais de procès justes, équitables et transparents. Le gouvernement tchadien doit aller de l’avant et traduire en justice ces deux individus, inculpés pour les mêmes faits au Tchad et en détention à N’Djaména, ainsi que tous les autres complices de Habré dans le respect des standards internationaux et de la procédure pénale.



Les changements répétés ces derniers mois au sein de la magistrature tchadienne, l’accélération soudaine de la procédure contre les anciens complices alors que le nouveau procureur général de N’Djaména vient à peine de prendre ses fonctions et la remise en liberté de certains anciens tortionnaires sans qu’en soient notifiés les avocats des victimes, montrent le dédain de l’Etat tchadien pour les règles de procédure. Le combat héroïque en faveur de la justice de ces milliers de victimes qui décèdent les unes après les autres n’a honteusement jamais été reconnu par les autorités tchadiennes.



Me Jacqueline MOUDEÏNA, avocate au Barreau de N’Djamena, + 235 66 27 09 92

Me Assane Dioma NDIAYE, avocat au Barreau de Dakar, +221 77 638 79 13

Me Georges-Henri BEAUTHIER, avocat au Barreau de Bruxelles, +32 496 51 16 06

Me Soulgan LAMBI, avocat au Barreau de N’Djamena, + 235 66 77 75 52

Me Delphine K. DJIRAIBE, avocate au Barreau de N’Djamena, +235 66 29 95 09

Me William BOURDON, avocat au Barreau de Paris, +33 6 08 45 55 46

Me Alain WERNER, avocat au Barreau de Genève