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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Réponse à Mr Belemgoto Macoura
Par Senior Mbary

Cher Mr Belemgoto,
J’ai bien lu et compris votre réaction à ma modeste contribution aux débats sur l’actualité de notre bien commun, le Tchad et j’assume pleinement tout ce que j’ai dit.
Je rêve, c’est certain mais je ne suis ni myope, ni borgne ni aveugle ; je ne souffre d’aucune lésion et je vois très clair parce que je n’utilise pas les verres correcteurs. Sachez que les grandes découvertes et des grandes idées qui ont occasionné des bouleversements dans le monde ont été souvent sous-tendues par des rêves des individus.
Le vrai danger, ce sont des gens comme vous qui pensent qu’on ne peut rien faire sans la France. Pourquoi chercher à toujours mettre la faute sur les autres sans chercher à se regarder dans le miroir, sans jamais chercher à se remettre en question un jour? Une telle posture est une forme de démission et de fuite en avant de ses propres responsabilités.
Lorsque, au lendemain de l’indépendance en 1963, les premières violences politiques ont éclaté à N’Djaména, parce que, selon de bonnes sources, le président Tombalbaye ne voulait pas la création d’autres partis politiques que le PPT-RDA et que ces violences ont semé les germes de l’instabilité politique qui continue jusqu’à présent, était-ce le fait de la France aussi ?
Vous êtes revenus longuement sur les élections en Côte d’Ivoire pour chercher à montrer le rôle de la France dans le déficit démocratique en Afrique. Vous avez fait une analyse partisane en considérant des éléments d’information qui vous intéressent. Vous avez insisté, par exemple, sur le problème de recomptage des bulletins qui est un problème en aval du processus. Pourquoi n’aviez-vous pas évoqué le fait qu’en pleine délibération, les partisans de Gbagbo ont arraché des mains d’un membre de la Commission électorale les procès-verbaux? Après la proclamation des résultats aussitôt contredits par le camp de Ouattara, pourquoi Mr Gbagbo n’en a pas tenu compte et a immédiatement prêté serment. Aviez-vous relevé cet aspect dans votre analyse ?
Je ne tiens pas à blanchir la France dans ses manœuvres de déstabilisation des régimes africains qui lui sont hostiles mais de grace, regardons nous-mêmes d’abord. Souvent d’ailleurs, nous lui prêtons le flan et elle ne fait qu’exploiter la légèreté des dirigeants africains.
A mon humble avis, il y a deux grandes catégories d’hommes politiques africains, notamment ceux des ex-colonies françaises. Il y a ceux qui veulent à tout prix avoir le pouvoir et le garder aussi longtemps que possibles pour les prestiges personnels. Ces gens sont prêts à tout, promettant monts et merveilles à l’ex-puissance coloniales pour leur garantir une assurance vie de leur pouvoir. L’amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens est le dernier de leurs soucis. Deby fait partie de cette catégorie. En face, il y a ceux qui veulent le pouvoir pour réellement changer le pays mais ils ne sont pas bien organisés par insuffisance de travail. Du fait de cette insuffisance, leurs partis politiques n’ont pas d’assise nationale ; en plus, ils se découragent très vite alors qu’une lutte politique s’inscrit dans la durée et dans le travail permanent pour avoir des résultats au bout. Wade au Sénégal l’a fait pendant 40
ans, Mitterrand aussi en France.
Au Tchad, le Parti pour les libertés et le développement (PLD), le parti du Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh s’était inscrit dans cette dynamique de changement positif pour le Tchad, n’eut été cette barbarie du régime qui l’a emporté. Il n’avait pas des moyens de Deby mais par le travail et par son comportement, il inspirait admiration et respect de tout le monde. Le regroupement des partis politiques de l’opposition démocratique au sein de la Coordination pour la défense de la Constitution (CPDC) marquait réellement un point de départ qui allait conduire inexorablement à l’alternance politique. Ce n’est pas un rêve s’il vous plait Mr Macaoura. La demande exprimée dans mon précédent article est que ces partis politiques restent dans les objectifs que la CPDC s’était assignés au départ. Et j’ai bon espoir que vous allez retrouver votre pays un jour, même si je continue à rêver n’est-ce pas ?
Comme solution, vous proposez de suivre l’exemple de la Tunisie, d’accord mais vous faites preuve là encore d’une légèreté notoire. Le Tchad n’est pas la Tunisie et les conditions ayant conduit au changement ne sont pas repliables de manière systématique au Tchad comme vous le dites. Pensez-vous que l’armée qui était restée neutre pendant le printemps arabe en Tunisie fera la même chose au Tchad, elle qui est le cœur du pouvoir de Deby ? Il faut un minimum de préparation bien que la pourriture de la situation actuelle prédispose le pays à un tel sursaut.
Comme vous avez jugé inutile de lire tout l’article, j’avais pourtant écrit que …aucun pouvoir ne peut résister longtemps à la volonté et au soulèvement populaire quels que soient les moyens utilisés. Alors Mr Macaoura, tellement que vous êtes braqué sur la France que vous restez « aveugle » à toute autre analyse que la vôtre n’est-ce pas ?
Sachez une chose, les jours passent, l’environnement évolue et change constamment. La politique et les régimes aussi. La dynamique des événements s’impose à tous et personne ne peut l’arrêter. Ce que nous demandons aux hommes politiques de notre pays, c’est d’avoir le sens élevé de l’intérêt national et de travailler dur autour de cet idéal. En mettant en commun leurs ressources, ils peuvent faire changer les choses, à court ou à long terme. Et j’y crois fermement.
11/07/14
Senior Mbary