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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

ll est 11h environ ce matin du 12 novembre 2009. Le reporter du quotidien Le Messager désireux d’intégrer le collège cheik Hamdan est stoppé sur le pas, par un vigile peu souriant. « Monsieur, la principale nous a ordonné d’identifier tous ceux qui entrent et sortent de l’Etablissement. Donnez-moi d’abord votre carte nationale d’identité ou bien une autre pièce« , a-t-il arrangé. La formalité fut remplie et l’homme s’est empressé d’ouvrir grandement le portail.

De l’intérieur, l’ambiance est plutôt comparable à celle d’un camp militaire ou  alors un pensionnat où la moindre bavure est payée cash. Dans la cour particulièrement salubre, des élèves en tenue bleu ciel (pantalon violacé chez les garçons) vont et viennent de tous les cotés. La particularité chez les filles c’est le port d’un voile blanc comme le commande la tradition musulmane. Près d’un minibus qui porte fièrement le nom de l’établissement, un groupe de garçons balaie à la main, exécute une corvée. Tout se passe sous le regard d’un monsieur armé d’un fouet, le surveillant général sans doute, à la mine patibulaire. A un peu moins de deux mètres, se dresse le bloc administratif. Ici, l’on se déchausse pour entrer. Là encore, élèves et professeurs font le pied de grue, qui pour retirer un document, qui pour déposer un dossier ou répondre à une convocation. L’un des secrétaires manipulant une photocopieuse explique : « Tous ces professeurs et élèves que vous voyez défiler préparent la deuxième séquence ». Au vu de ce melting-pot doublée du traitement unique des  élèves, il nous a été difficile de distinguer les Tchadiens des Camerounais. Pourtant, sur les 973 élèves régulièrement inscrits, 60 sont des ressortissants tchadiens, 05 sont centrafricains et 02 maliens.


2. Troubles, bagarres et agressions multiples


Il y
a bel et bien eu violences au collège privé islamique de Ngaoundéré les 16 et 17 octobre dernier. Un incident sans précédent. Avec à la clé un élève de 14 ans poignardé, le nommée Moubarack Abdoulaye, et 16 interpellés par la police. Dans son compte-rendu au délégué régional des enseignements secondaires pour l’Adamaoua, la principale restitue les faits. « Ce sont les élèves (…)qui ont semé le trouble et des agressions multiples au sein et hors du collège. En effet, les élèves Seid Mahamat Saleh et Ousmane Souleymane Iregue de la classe de 5e ayant agressé leur chef de classe en la personne de Mamoudou Laminou ont orchestré une bagarre générale le vendredi 16 octobre  2009 hors de mon établissement malgré la punition du surveillant général »


Le jour suivant, les mêmes élèves tchadiens et camerounais ont fait appel à leurs alliés dans les quartiers pour leur prêter main forte. Une bagarre générale est enclenchée au lieu dit Champ de prière, situé en face du collège. Des armes à l’instar des couteaux, gourdins et autres tuyaux fusent de partout. Le jeune Moubarak Abdoulaye blessé reste sur le carreau. Les flics sont alertés mais leur intervention s’est avérée tardive. Une enquête sur haute instruction du gouverneur de la Région de l’Adamaoua a permis d’interpeller 16 présumés suspects. Conjointement, un conseil de discipline est convoqué au collège privé Cheik Hamdan. Il s’en est suivi neuf exclusions définitives et trois exclusions temporaires avec corvée. L’affaire, loin de rentrer dans les oubliettes continue d’alimenter les conversations à Ngaoundéré. Le sujet semble préoccuper même les autorités administratives de la région.


Pour les uns, le collège islamique « est pris en otage par les fils des Tchadiens riches. Parce qu’ils ont les moyens, ils ont tendance à vouloir frustrer les Camerounais. C’est tout ça qui crée la guerre là-bas». D’autres par contre préfèrent généraliser la situation : « vous n’avez qu’à regarder dans la ville de Ngaoundéré. Les Tchadiens ont acheté tous les terrains et grandes concessions du quartier Baladji II …» .Qui plus est, un journal national a récemment relayé l’information selon laquelle un Tchadien pillerait la forêt de l’Adamaoua pour se faire construire des table-bancs destinées au marché tchadien.


Le collège s’est distingué l’an dernier aux examens officiels, notamment avec un 100% de réussite au Baccalauréat C.

Le Messager