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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

3.pngQuelle meilleure stratégie pour faire partir Deby et libérer le Tchad ?

En observant de près le pouvoir tchadien, il ressort que Deby n’est intéressé que par lui-même et son clan ainsi que la perpétuation de leur pouvoir. Alors la question que l’on peut se poser est celle de savoir sur quoi repose le pouvoir de Deby, et par conséquent comment faire pour affaiblir ce pouvoir et le faire partir pour l’intérêt du Tchad ?

 

Parmi tous les facteurs que l’on puisse évoquer, trois facteurs me semblent primordiaux  quant à la consolidation et la perpétuation du pouvoir de Deby : la stratégie de la peur, la désorganisation de la rébellion et la présence française.

 

Réfléchir sur la manière de répondre à ces trois piliers du pouvoir de Deby et de son clan me semble être une étape préalable, sinon essentielle, si l’on souhaite un véritable changement politique et un réel progrès socio-économique au Tchad, qui ne peuvent venir que du départ de Deby et de son clan.

 

Concernant la peur, le point culminant de cette stratégie de Deby, c’est non seulement la culture de la mort pour paralyser tous les bons esprits qui voudraient se soulever contre son pouvoir ne fut-ce que intellectuellement et politiquement sans parler de la révolte armée, mais aussi par un surarmement démesuré pour asseoir un chantage psychologique et une conscience de la mort possible à tout moment sans comptes à rendre à personne.

 

Quant à la désorganisation de la rébellion, la cacophonie au niveau de la hiérarchie et les luttes de pouvoir ou d’influence ne font que paralyser et rendre inefficaces les tentatives du renversement du pouvoir de Deby. Ce sont des failles que Deby sait utiliser à son profit.

 

Pour ce qui est de la France, sous prétexte de liens historiques et des accords de protection militaire, elle s’efforce de rester au Tchad pour des intentions cachées qui ne sont rien d’autres que des intérêts économiques et la santé de ces entreprises ainsi que leur préservation quel que soit le tribut payé par la population tchadienne. Elle ne peut garantir ces derniers qu’en soutenant le pouvoir en place malgré sa soi-disant étiquette  de pays des droits de l’homme alors qu’elle soutient un dictateur et despote sanguinaire. Je dirais plutôt que la France est un pays des droits de l’homme chez elle et un  pays d’intérêts chez les autres.

 

Maintenant que faire ? Un travail de démystification de la peur qui enchaîne non seulement la population mais aussi les politiques, les religieux et les intellectuels de l’intérieur comme de l’étranger, est nécessaire pour que nous puissions devenir courageux afin de remettre cette peur à sa place réelle, car notre liberté passe par la victoire sur la peur cultivée et brandie par Deby et toute sa machine aussi bien politico-matérielle que humaine.

 

Pour accompagner ce travail, il est urgent que la rébellion cesse de jouer avec l’avenir du Tchad,  il faut que ses dirigeants grandissent et cessent de se comporter comme des enfants qui se battent pour des morceaux de pain. Il est temps qu’un leader charismatique et unificateur se dégage au sein de l’opposition armée, prenne ses responsabilités et la destinée du Tchad entre ses mains. Il est aussi impératif que ce leader s’entoure d’une véritable équipe militaire, politique, médiatique, intellectuelle et de lobbyistes aussi bien au niveau du pays que de la sous-région et du monde. Il est nécessaire qu’une nouvelle manière de voir et de fonctionner se dégage et se mette en place. La stratégie militaire doit aussi être repensée en tenant compte de la géographie du Tchad, des sites névralgiques et des moyens en face. Un projet de société bien construit et une campagne intelligemment menée sont nécessaires pour capter tous les mécontents aussi bien du côté de la population (toutes catégories confondues) que de l’armée gouvernementale, sans oublier de construire, alimenter et entretenir des bons rapports avec tous les acteurs individuels, collectifs, privés et/ou gouvernementaux capables d’apporter un véritable soutien à la rébellion à défaut d’une véritable réconciliation juste, équitable et respectueuse de tous.

 

S’agissant de la France, elle continuera à jouer ce jeu hypocrite et destructeur du Tchad tant que sa présence ne lui coûtera pas chère politiquement, économiquement…. C’est une piste à creuser… Toutes les diasporas tchadiennes peuvent mener une campagne de sensibilisation et de captation de l’opinion française (toutes catégories confondues) de manière répétée et en mettant en avant le lourd tribut (humain, économique, politique, intellectuel, culturel, etc.) payé par les tchadiens suite au soutien de la France à l’égard du pouvoir de Deby et de son système.

 

Il s’agira de convaincre l’opinion française que cela n’est pas dans l’intérêt de tous les français mais de quelques élites politiques et économiques de la France. Il s’agira aussi de contrer le discours d’un certain courant d’intellectuels français qui s’efforcent de dédouaner la responsabilité de la France dans la misère de l’Afrique en général et du Tchad en particulier en avançant que c’est aux africains d’exiger de leurs dirigeants des changements alors que, en réalité, ces dirigeants tirent leur force et leur longévité du soutien des pays occidentaux, en premier lieu la France, et des rapports quasi mafieux que ces dirigeants entretiennent avec certaines élites occidentales et en particulier françaises. Il est temps que la France et les français changent leur regard et leur attitude à l’égard de l’Afrique et du Tchad en particulier, s’ils veulent vraiment faire honneur à eux-mêmes et à leurs valeurs qu’ils considèrent comme étant universelles : la liberté, la fraternité, l’égalité, les droits de l’homme…

 

Cela constitue à mon humble avis quelques portes à ouvrir pour que la lumière puisse entrer dans notre chère maison, le Tchad, pour chasser les ténèbres entretenues par Deby, son système et tous ses soutiens.

 

Djimasra Khamis Waldar