Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

arm--e-fran--aise-03.JPG

France-Cameroun: Mme Mongo Beti exige la cessation de la coopération militaire

 

Comment l’Association Survie a pesé sur une requête introduite par des députés français à l’Assemblée nationale .Dans la foulée de le dernière élection présidentielle, l’Association Survie que dirige Odile Tobner (l’épouse de l’écrivain de regrettée mémoire, Mongo Beti) depuis septembre 2005, a adressé le 21 octobre dernier une correspondance aux députés et sénateurs français pour remettre en cause les résultats de ce scrutin, et appeler la France à prendre des décisions fortes contre le Cameroun. «La diplomatie française continuerait-elle avec ses vieilles habitudes qui consistent à se taire face à des élections dont le processus est entièrement biaisé pour permettre de truquer la sincérité du scrutin, et à reconnaître des pseudo résultats qui n’ont pas d’autre but que de légitimer une dictature ? Après la Tunisie, le Cameroun est-il le nouveau scandale en vue pour l’exécutif français?», s’interroge Mme Mongo Beti, après avoir dressé le bilan des ex colonies française sur le plan démocratique.
«…Sur 20 pays, seuls 4 pays sont jusqu’à présent stabilisés dans une certaine forme de démocratie : le Sénégal, le Mali, le Bénin et les Comores. D’autres pays traversent des phases ambivalentes ou complexes, et des régimes dictatoriaux sont durablement installés dans au minimum 8 pays : Cameroun (Biya depuis 1982), Burkina Faso (Compaoré depuis 1987), Tchad (Déby depuis 1990), Congo-Brazzaville (Sassou N’Guesso de 1979 à 1991 puis depuis 1997), Djibouti (Guelleh depuis 1999), Centrafrique (Bozizé depuis 2003), Togo (Faure Gnassingbé depuis 2005 succédant à son père en place de 1967 à 2005), Gabon (Ali Bongo depuis 2009 succédant à son père en place entre 1967 et 2009)».
Cette association française créée en 1984, qui est très engagée dans la lutte contre le néocolonialisme, souligne que «comme la Tunisie, ces 8 pays ont depuis leur indépendance entretenu des relations très étroites avec la France, qui a apporté un soutien économique, diplomatique et militaire aux régimes dictatoriaux dirigeant ces pays. Les nombreuses élections qui se sont succédées récemment montrent que les régimes dictatoriaux sont en mesure de mettre en ?uvre des parodies de démocratie pour se maintenir au pouvoir. Plusieurs de ces «présidents» sont par ailleurs potentiellement passibles de poursuites judiciaires pour des crimes pour lesquels leur responsabilité est avérée».
Au bout de cette argumentation, la promotrice de la librairie des Peuples noirs, située au quartier Tsinga à Yaoundé, demande aux sénateurs et députés français d’exiger auprès du gouvernement «la condamnation officielle par les autorités françaises et européennes des parodies d’élection organisées par les régimes dictatoriaux africains «amis de la France», et en particulier au Cameroun [et] la cessation immédiate de toute coopération militaire et policière avec le Cameroun». L’association ajoute : «Nous estimons en outre qu’une commission d’enquête parlementaire sur la coopération militaire et policière avec les régimes non démocratiques serait nécessaire pour poser les bases d’une politique nouvelle, et vous proposons de relayer cette demande au sein du Parlement».

 

Répression

C’est sur cette lancée, ainsi que le signalait le confrère Le Jour dans son édition de vendredi dernier, qu’ «un groupe de députés communistes français, avec en tête Jean-Paul Lecoq, a introduit le 4 novembre dernier à l’Assemblée nationale, une proposition de résolution visant la création d’une commission d’enquête sur la coopération policière et militaire entre la France et le Cameroun, sur les ventes d’armes au Cameroun, notamment celles destinées aux forces de répression du régime camerounais».
Précision. Comme indiqué sur le site du ministère français des Affaires étrangères et européennes, le Cameroun est le premier partenaire de la France dans le monde en matière de coopération militaire. «Notre coopération vise principalement la formation, avec la présence de trois écoles nationales à vocation régionale», y lit-on. En revanche, les parlementaires français qui sont à l’origine de cette proposition de résolution estiment que la France apporte, sous le couvert de cette coopération militaire, son appui à un «régime despotique, ultra répressif, de nature dictatoriale, utilisant régulièrement la police et l’armée pour étouffer toute contestation dans un pays pillé et de grande pauvreté».


Georges Alain Boyomo

 

Source: Le Quotidien Mutations