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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Nouvelles inquiétudes au Tchad

 

La récente visite au Tchad du directeur du renseignement militaire (DRM) français visait à évaluer la situation dans le pays, dans le cadre de la coopération entre Paris et N’Djamena. A l’agenda de cette visite figuraient un certain nombre de dossiers, notamment le dispositif militaire français (Epervier), alors que le président Idriss Deby a demandé à Paris une compensation financière en échange du maintien de cette force dans le pays.

Dans le contexte français d’économie budgétaire, le ministère français de la Défense souhaite rationaliser son dispositif militaire à l’étranger et le concentrer sur l’Afghanistan. Un retrait des troupes du Tchad est donc envisagé, la présence française en Afrique devant se limiter au Gabon et à Djibouti.

D’autant qu’à une question qui lui a été posée sur le sujet par le député Philippe Folliot, à l’Assemblée nationale, fin décembre, Alain Juppé a évoqué un probable changement de nature de la mission française au Tchad. Cette opération couperait court aux critiques sur la caution militaire française au régime du président Deby.

Mais la situation sécuritaire au Tchad reste une source de préoccupation pour la diplomatie française. Des craintes encore accrues par le renseignement américain, selon lequel une partie de l’arsenal militaire tchadien a été transférée à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

Le président Deby aurait révoqué son frère, Oumar, qui était responsable de la “réserve stratégique” tchadienne, en le mutant au sein de sa garde personnelle. En outre, une partie des livraisons iraniennes d’armement confisquées dans le port de Lagos (Nigeria), en octobre dernier, était destinée au Tchad (et accessoirement au Sénégal). Cela serait une conséquence de la visite à N’Djamena, l’an dernier, de l’ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki.

Le président tchadien est confronté à plusieurs défis internes, alors que des élections législatives et présidentielle doivent se tenir en avril prochain. Il ne bénéficie plus du soutien total des tribus zaghawas. Déjà, à la fin de l’année dernière, il avait limogé un autre de ses demi-frères, Timan Deby, de ses fonctions de sultan (chef traditionnel) du Dar-Bilia, dans le nord-est du pays, pour «manquement grave».

Rappelons que Timan Deby est le neveu de Khalil Ibrahim, le chef du mouvement rebelle du Darfour “Justice et égalité” (JEM). Son éviction serait liée au résultat des opérations des unités soudano-tchadiennes surveillant la frontière, qui ont confisqué des quantités d’armes destinées aux rebelles.

Un grand nombre de combattants zaghawas hostiles à Idriss Deby ont quitté le Tchad pour rejoindre les rangs des forces de l’ancien assistant du président soudanais, Meni Arkoi, qui se sont repliées au sud du Soudan. Des doutes sont apparus dans l’entourage du président Deby sur la loyauté de certains membres du JEM, qui ont intégré les rangs de la garde présidentielle après la signature de l’accord de réconciliation entre Khartoum et N’Djamena.

L’autre grand problème auquel est confronté le pouvoir tchadien est le développement de la rébellion sudiste, qui appelle à la sécession du sud du pays. Le Mouvement d'émancipation pour le sud du Tchad (MEST) bénéficie notamment de l’appui de certaines églises, qui avaient soutenu autrefois les mouvements rebelles du sud du Soudan.

Enfin, les autorités de N’Djamena s’inquiètent au sujet des informations sur l’ouverture d’une enquête du Tribunal international de La Haye concernant le rôle d’Idriss Deby dans les violations des droits de l’homme, qui ont accompagné la guerre au Darfour et à l’est du Tchad. On sait en effet que son nom figure sur la liste présentée au Conseil de sécurité des Nations unies par la commission d’enquête internationale sur les crimes de guerre au Darfour, au début 2005.

 

Source: Ici