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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

02/06/2010 19:31 GMT

SERRESDakar, 2 juin (APS) - Le jugement de l’ancien président tchadien Hissène Habré prévu au Sénégal ’’ne peut pas être équitable’’, a estimé mercredi à Dakar son avocat Maître François Serrès qui a évoqué notamment le prix payé pour la tenue de ce procès.

 

‘’Depuis 2001, nous sommes dans le contexte de préparation d’un procès qui ne peut pas être équitable pour le président Habré ‘’, a-t-il notamment dit lors d’une conférence de presse.

Entouré de ses confrères El Hadj Diouf, Mamadou Konaté et Clédor Ciré Ly, Me Serrès est revenu sur les derniers événements l’affaire Habré.

‘’Le prix payé pour ce procès de 48 milliards de francs ou de 12 milliards est le prix d’achat de sa condamnation. La Cour de la CEDEAO a rendu deux décisions, la première rejetait l’initiative des parties civiles des Organisations non gouvernementales (ONG)’’, a-t-il expliqué.

Selon lui, ‘’on assiste, dans cette affaire, à une manipulation des ONG, y compris des ONG sénégalaises et internationales’’.

‘’Elles manipulent en évidence les victimes pour s’introduire dans un procès qui reflètent la violation des droits de l’homme par l’Etat du Sénégal’’, a souligné Me Serrès.

Les défenseurs d’Hissène Habré se sont attaqués à l’Etat du Sénégal au niveau de Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) siégeant à Abuja au Nigeria, à ce qu’ils considèrent comme une violation par le pays d’accueil du principe de ‘’l’autorité de la chose jugée’’ et de la ‘’non rétroactivité de la loi pénale‘’.

Cette Cour a déclaré recevable, le 14 mai dernier, la plainte de l’ancien président tchadien contre l’Etat du Sénégal. Et son jugement dans le fond est prévu le 18 juin.

 

‘’Nous sommes devant la cour de la CEDEAO pour rétablir le cours de la justice qui est sorti de son lit dans cette affaire. Pour moi, la décision qui sera rendue après l’audience du 18 juin sera un test pour le continent africain’’, a fait savoir Me François Serrès.

 

Il a rappelé qu’en 2001 une décision définitive rendue par la Cour suprême du Sénégal avait interdit les poursuites, pour des motifs de droits, sur une plainte initiée par la partie civile.

 

En exil à Dakar depuis 1990, Hissène Habré a été inculpé en 2000 de ‘’crimes contre l’humanité, actes de tortures et de barbarie’’ par la justice sénégalaise qui s’est, par la suite, s’est déclarée incompétente.

 

En 2005, suite aux plaintes de plusieurs victimes en Belgique, un mandat d’arrêt et demande d’extradition ont été lancés contre Habré. Le Sénégal a ensuite consulté l’Union africaine sur la juridiction compétente.

 

Le 2 juillet 2006, à Banjul, l’Union africaine avait demandé au Sénégal de le faire juger, au nom de l’Afrique. Ce que le président Abdoulaye Wade a accepté.

 

De février 2007 à juillet 2008, le Sénégal a engagé une série de réformes législatives et un amendement constitutionnel qui ont levé les derniers obstacles juridiques.

Le président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) Alioune Tine a invité récemment à Dakar les chefs d’Etat et de gouvernement du continent à tout mettre en œuvre pour la tenue du procès de Habré.