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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Dr Ali Gadaye, ancien ministre

tchadien en exil

Chroniqueur politique.

 

L’année 2011 est une année test aussi bien pour le pouvoir que pour l’opposition politique. En effet, c’est au cours de cette année que seront organisées les élections législatives, présidentielles et locales.

Nous supposons que l’opposition politique est consciente du défi qu’elle a, à relever.

D’abord elle doit noter la longueur d’avance qu’a prise le MPS qui avait fait de l’année 2010 une année de pré campagne. Ce pré campagne a été inauguré à l’occasion de la campagne de sensibilisation du recensement national. Elle a été ensuite poursuivie et amplifiée tout au long de l’année. Toutes les opportunités ont été exploitées tous azimut par les dignitaires du régime.

Ainsi la mise en place des sections ou cellules du parti au pouvoir ainsi que de ses tentacules, les intempéries et les nombreux déplacements de fois non justifiés du chef du gouvernement relayé parfois par Deby lui-même ont servi de prétexte pour mener campagne. Le point d’orgue a été atteint lors de la célébration du 20e anniversaire du MPS. Cet événement a été une occasion pour Deby afin de déballer plusieurs annonces phares a but électoral, entre autre la fin de « l’Etat hors la loi ».

Toutes ces manifestations ont été bien entendu financées par les ressources de l’Etat.

Si l’on ajoute à toutes ces considérations le système corrigé et affiné de fraude mis en place par le MPS, de quelle marge de manœuvre disposera l’opposition politique en vue de surmonter l’handicap ?

La tâche est certes immense et le défi est de taille. Néanmoins celle-ci dispose de quelques armes. Au rang desquels on peut citer :

 

·        Le ral bol des tchadiens, perceptible à l’œil nu face aux tenants du pouvoir ;

·        L’agacement des tchadiens provoqué par le comportement des militants du parti au pouvoir drapés dans leurs habitudes de parti Etat.

·        L’impopularité étouffante du régime récurrente à tout ce qui précède et

·        L’usure du pouvoir

 

Sont autant des atouts dont dispose l’opposition politique. Il suffit qu’elle sache faire preuve de perspicacité, d’intelligence, de persévérance et de cohérence pour un retournement positif de la situation.

Toutefois, le défi de taille pour l’opposition politique reste et restera le principe du « compter sur soi ». Afin de traduire ce principe dans le fait, elle doit :

 

-         S’accorder sur un programme commun alternatif ;

-         Créer les conditions d’une cohésion capable de résister à toutes les manœuvres de division pouvant être orchestrées par le pouvoir ;

-         S’appuyer sur une stratégie de campagne de proximité ;

-         Avoir des délégués aux bureaux de vote bien formés et seront à la hauteur des tâches qui vont leur être confiées. Ils doivent surtout être à même de résister à toute sorte de provocation, d’intimidation voire de tentative de corruption.

 

Il est vrai que le rôle de la communauté internationale ne peut être négligé mais il doit demeurer complémentaire. A cet effet, une routine de concertation permanente doit être initiée dès à présent avec la délégation de l’Union Européenne facilitateur de l’Accord du 13 août 2007 et principal accompagnateur de l’application dudit accord.

Autrement dit, l’opposition politique doit faire du principe du « compter d’abord sur soi » une règle d’or en vue de relever le défi et créer les conditions d’une alternance pacifique au Tchad.

Par ailleurs, le défi pour Deby reste la sincérité et le respect de la parole donnée.

En acceptant d’être le garant d’une application normale de l’accord du 13 août 2007, il doit se hisser à un véritable rôle d’arbitre et mettre du bémol à son rôle de partie à la compétition.

La tenue de la promesse faite de l’instauration de l’Etat de droit lors de la célébration du 20ème anniversaire du MPS dépend en partie d’un tel comportement.

Il doit diligenter la mise en place des règles claires et précises qui seront respectées par tous pour assurer et garantir le déroulement des scrutins libres et transparents. Serait-il capable de relever ce défi ?

L’avenir nous le dira.

 

Fait le 14 janvier 2011

 

Dr. Ali Gaddaye