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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

                                                        Communique de Presse

 

encore une nouvelle tragédie à lampedusa

 

LaRencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) exprime sa profonde consternation, suite au naufrage à l’Ile de Lampedusa d’un bateau de pêche transportant des migrants originaires de la corne de l'Afrique. Parti de Libye, il comptait à bord environ 450 à 500 migrants constitués en majorité de Somaliens, d'Erythréens et de Maliens contraints à quitter leur pays d'origine à cause de la pauvreté, du chômage, de l'instabilité politique et du désespoir qui minent le continent africain.

 

Selon les autorités italiennes, seulement 150 parmi ces migrants ont pu être sauvés, ce qui risque d'alourdir le bilan qui pourrait être estimé à  plus de 300 morts.

Il s'agit donc de la pire tragédie de l’immigration au cours ces vingt  dernières années. En effet, cette Ile n’en est pas à son premier drame car selon une estimation du Réseau d’ONG Migreurop, en vingt ans, 17 000 migrants sont morts en tentant de rallier l’Europe faisant de la Méditerranée un gigantesque cimetière à ciel ouvert.

 

Avec l’accroissement de la pauvreté et le chômage qui affectent particulièrement les jeunes africains, l’émigration vers les pays occidentaux et autres pays africains réputés plus attirants économiquement est devenu un phénomène politique et socialement considérable  et un casse-tête aussi bien pour les pays d’accueil que pour les pays d’origine ballotés entre leur responsabilité de protéger leurs citoyens et l’impérieuse nécessité pour ces derniers de migrer, au nom de liberté fondamentale d’aller et de venir, vers les destinations qu’ils considèrent comme l’Eldorado qui leur permettra de s’accomplir socialement et humainement.

 

Cependant, contrairement aux idées reçues et aux mirages miroités par les médias ou relayés par les parents ou amis qui ont réussi à s’installer en Europe ou ailleurs en Afrique, beaucoup d’entre les candidats à l’émigration ne verront jamais leur rêve se réaliser. Malgré le dispositif mis en place par le FRONTEXT dans le cadre des accords de coopération entre l’Union européenne et certains pays africains, pour contrecarrer la migration illégale, les vagues de migrants vers l’Europe continuent de plus belle avec leur lot d’horreurs.

 

Depuis un an de nombreux cas de naufrage souvent mortels ont été notés. A titre d’exemple, ces cas ont été relevés :

-       le 6 septembre 2012, une vingtaine d'immigrants clandestins périssent dans le naufrage de leur embarcation au large des côtes ouest de la Turquie ;

-       le 7 septembre 2012, une embarcation chargée d'immigrants a fait naufrage dans la nuit de jeudi au large de Lampedusa ;

-       le 4 novembre 2012, les gardes des côtes italiennes ont repêché les corps de sept immigrés morts dans le naufrage, à mi-chemin entre les côtes libyennes et italiennes.

 

Au-delà de ce décompte macabre, les survivants sont confrontés à des situations inhumaines et de traitements cruels, inhumains ou dégradants sitôt que les rideaux médiatiques sont tombés, car ils sont rejetés vers les pays du Bassin méditerranéen pour leur détention et leur rapatriement vers les pays d’origine. C’est le cas des migrants subsahariens dont la nationalité africaine ne fait aucun doute.

 

Selon les chiffres de l’ONG Forteresse Europe, repris par la CIMADE (ONG basée en France) dans son rapport de synthèse sur l’Etat des lieux de la migration de 2012, environ 17317 personnes auraient péri aux frontières de l’Europe depuis 1998. Les plus chanceux seront reconduits à la frontière, car les pays d’accueil se barricadent de plus en plus avec une politique d’admission très restrictive et des procédures d’expulsion et de reconduction à la frontière inhumaines, dégradantes et irrespectueuses de la dignité humaine.  

 

Face à ce sérieux drame qui affecte cruellement les pays africains, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) :

-          Se joint à la Communauté internationale pour exprimer sa profonde compassion aux familles des victimes ;

-          Exige des Etats de l'Union européenne qu’ils  veillent au respect de la dignité humaine en intensifiant leurs efforts dans la lutte contre la pauvreté  en Afrique, en vue  de rétablir un équilibre économique entre le Nord et le Sud tout en promouvant une politique migratoire inclusive qui prend en compte les préoccupations des Etats africains ;

-          Recommande aux Etats africains de mener une large concertation autour de la problématique de la migration "clandestine" ou irrégulière pour l'adoption de politiques et stratégies efficaces permettant la prise en charge effective de leurs ressortissant dont la majorité est constituée de jeunes à la recherche d'un meilleur avenir ;

-          Exhorte les Organisations de la Société civile africaine à travailler en synergie pour informer et sensibiliser les jeunes sur les dangers de la migration "clandestine" ou irrégulière considérée comme une voie suicidaire.

 

 

Fait à Dakar, le 4 Octobre 2013 

 

Le Secrétaire Général

 

Aboubacry MBODJI

Contact pour la Presse : +221 77 740 86 83