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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Dr. Ali Gaddaye
 

 

                                               Tchad, un anniversaire terne.


A l’instar de la plupart des Etats africains, anciennes colonies de la France, le Tchad s’apprête à accueillir les cinquante (50) ans de son indépendance le 11 Août 2010 prochain. Mais à la différence des autres pays africains qui ont réalisé un parcours honorable et qui ont déjà lancé le début des festivités pour certains alors que d’autres s’y préparent, le mutisme des autorités tchadiennes sur l’événement cache mal leur embarras.

Il vous souvient en effet, que le pays des hommes intègres le Burkina a inauguré il y a de cela une semaine le début des festivités qui se dérouleront jusqu’au jour anniversaire de l’indépendance du Burkina qui sera à n’en point douté fêter dans l’apothéose.
Cinquante (50) ans ce n’est pas peu dans la vie d’une nation. C’est un demi siècle ; cette période est largement suffisante pour permettre de placer un pays sur orbite. C’est ainsi que des pays comme le Burkina, le Mali qui souffrent de l’handicap de l’enclavement au même titre que le Tchad et d’autres encore sont sortis du lot et peuvent se targuer à juste titre d’ailleurs qu’ils se sont solidement mis sur le rail.
Le Tchad, bien qu’il dispose, à la différence des autres pays enclavés en Afrique, des potentialités pouvant l’aider à émerger, se trouve malheureusement à la traîne.
Oui, le Tchad possède d’énormes potentialités humaines, économiques et sociales dont les dirigeants de ce pays depuis l’indépendance n’ont su exploiter à bon escient faute de bonne gouvernance.
L’instabilité, l’insécurité et l’absence de paix qui perturbent la tranquillité des tchadiens sont la conséquence logique de la mauvaise gouvernance. En effet, c’est la mauvaise gouvernance qui ouvre la voie à l’injustice et ses cortèges qui sont :
-le clanisme ;
-l’ éthnissisme ;
-le régionalisme ;
-le népotisme ;
-le clientélisme.
Bref la négation de la notion de l’intérêt général.
Le cumul de tous ces méfaits constitue la base de contestations et de soulèvements populaires qui sont toujours réprimés dans le sang.
L’insistance des régimes successifs à vouloir imposer l’injustice, nier tout droit au peuple et lui supprimer toute liberté explique l’émergence des mouvements de rébellion qui se sont succédés au lendemain de l’indépendance nominale du Tchad.
La violence ne peut qu’engendrer la violence. Tout régime qui s’appuie sur la violence pour s’imposer à son peuple, peut en être sûr d’un retour du bâton et que ses jours sont comptés.
Il est vrai que la culture de justice, de l’égalité de chance des citoyens ainsi que leur égalité devant la loi, la liberté et la tolérance a toujours fait défaut à nos dirigeants. La palme d’or revient au régime actuel à Ndjamena qui ne dispose d’aucune culture de ce sens.
En effet, sa méthode consiste à s’appuyer sur un clan pour gouverner et utiliser à outrance l’adage colonial. C’est ainsi que l’unité déjà fragile des tchadiens a été sérieusement mise à mal. Les institutions de la république ont été désarticulées voire sapées. C’est le cas de l’armée nationale tchadienne qui n’existe que de nom. C’est une milice à la dévotion totale du chef, constituée essentiellement de son clan qui fait office d’armée dite nationale.
Le pétrole tchadien qui devrait en principe aider à extirper le pays du creux de la vague et permettre aux tchadiens de connaître enfin le goût de la vie, sert en fait à :
-armer l’outil de répression pour terroriser les tchadiens et leur ôter toute velléité de s’affranchir du joug de la dictature ;
-armer les rebelles du Darfour pour les encourager à déstabiliser le Soudan voisin ;
-enrichir les plus malins notables du régime surtout ceux issus du clan du dictateur ;
-gonfler les comptes extérieurs du despote Deby qui rêve d’une retraite paisible quelque part après avoir confié le sort du Tchad à l’un des siens.

Voila le tableau sombre que les tchadiens auront à recevoir de la part du régime de Deby en guise de cadeau d’anniversaire.

Il va certes s’évertuer à imaginer de pseudo réalisations et masquer son bilan catastrophique. Mais les tchadiens ne sont pas dupes, ils se souviennent encore du fameux.