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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

arton2142.jpg Deux bons élèves de la Françafrique en Afrique (le Togo et le Tchad) ont adopté en ce mois d’août 2010 des positions particulières dans deux différentes affaires. Lomé et N’djamena sont-elles en train de s’émanciper (progressivement et subrepticement) de la tutelle de Paris ?

 

 

Il y a une décennie, il serait difficile d’imaginer que Lomé et N’djamena oseraient bomber le torse devant les Gaulois. Le lien étroit entre la France et les régimes qu’elle protège en Afrique serait-il en train d’être recousu ? Les victimes d’hier et d’aujourd’hui des relations incestueuses entre Paris et les capitales africaines pousseraient assurément des jurons à la lecture de cette dernière phrase interrogative. Trop de manigances des présidents français et leurs homologues d’Afrique francophone ayant saboté, à plusieurs reprises jusqu’à présent, les promesses réaffirmées par les uns et les autres d’enterrer l’hydre « Françafrique » !! Pourtant, les faits et gestes des “vassaux” tchadiens et togolais de l’Elysée sur le continent noir sont singuliers et méritent d’être soulignés.

Le 11 août dernier, à la faveur de la célébration des 50 bougies de l’accession du Tchad à la souveraineté internationale, Idriss Déby Itno (président tchadien), a souhaité une reconsidération politique de « l’Opération Epervier » qui fait camper depuis 1986, 1.000 soldats français sur son territoire. L’homme fort de ce vaste pays sahélien venait de jeter une pierre dans le jardin de l’Elysée. Une semaine après «  l’affaire Letondot » (du nom du lieutenant-colonel français Romuald Letondot qui a agressé verbalement le journaliste togolais Ledoux au cours d’une manifestation publique), les autorités togolaises se sont fendues d’un communiqué original, signé du ministère de la Défense. Un ministère qui a pour patron le président Faure Gnassingbé lui-même. Dans ce communiqué, Faure Gnassingbé a jugé « déplacés les propos de M. Letondot, car étant de nature à discréditer les Fat (Forces armées togolaises) ». Tout en soulignant au passage que « l’affaire Letondot » était « un incident malencontreux, car souligne le même texte, ce lieutenant-colonel était en train de faire des courses privées et ne saurait donner des ordres à des forces togolaises de sécurité en mission » !

A la fin du dernier semestre 2010, les relations franco-togolaises s’étaient déjà refroidies dans le cadre de l’affaire « Eric Bosc (du nom du secrétaire de l’ambassade de France au Togo dont Lomé a demandé le rappel par Paris) » pour ingérence des les affaires politiques internes. Les autorités togolaises avaient même eu, à l’époque, l’outrecuidance d’affirmer que leur terre natale est « un pays souverain » qui peut prendre des décisions comme il l’entend. Oubliant, comme par enchantement, que Paris a toujours demeuré leur principal soutien dans le monde occidental, et leur avocat majeur auprès des 27 (Union européenne), au plus fort de la rupture de la coopération entre Lomé et Bruxelles pendant près de quinze ans « pour déficit démocratique ». Il n’est pas exclu que les chefs de l’exécutif du Tchad et du Togo ont affiché les positions précitées pour contenter ou tromper tout simplement leurs populations ! Au pays de François Tombalbaye, l’heure est à la préparation des décisives législatives de novembre 2010 ; une donne à même, à elle seule, de rendre amnésiques les responsables du parti au pouvoir dans ce pays vis-à-vis des soutiens multiformes que l’Hexagone n’a de cesse de leur apporter.

Dans le cas togolais, Faure Gnassingbé, a de toute évidence, voulu rompre son retentissant silence après la survenance de « l’affaire Letondot ». Toutefois, difficile de rester insensibles devant les termes avec lesquels MM. Déby Itno et Gnassingbé se sont adressés à leurs parrains français. Les nostalgiques du « foccarisme » doivent lire au travers de ces sorties présidentielles des prises d’air de liberté qui auraient dû être réprimées quelques jours ou semaines après. Peut-être que Claude Guéant, l’actuel secrétaire général de l’Elysée n’a pas encore dit son dernier mot à l’endroit des hérauts Déby et Gnassingbé…

 

Source: afriscoop.net