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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

PAPA-MOCTAR.jpg
Papa Moukhtar Selane,
journaliste  politique
sénégalais.

Beaucoup de choses, pas du tout glorifiantes, lient les présidents tchadien et soudanais, Omar-el-Béchir et Idriss Déby Itno. Ils sont venus au pouvoir par la force au début des années 90. Le 30 juin 1989, le Général Béchir chasse Sadeq Al-Mahdi. Une année plus tard, Déby prend la place de Hissein Habré. Tous ces deux présidents font face à une rébellion. Les rebelles opposés au régime de Ndjaména sont soutenus par Khartoum et les rebelles opposés au régime de Khartoum bénéficient d'un appui de Ndjaména. La paix au Tchad est fortement liée à une stabilité politique dans le voisin soudanais. Malheureusement les deux chefs d'Etat de ces deux pays ne s'entendent que sur leur désaccord. Des semblants d'effort ont été faits dans le passé pour parvenir à des accords de paix. L'encre des stylos prend à peine le temps de sécher sur le document de paix pour que la hache soit déterrée. Cependant, des liens, encore beaucoup plus forts et plus profonds, unissent les deux peuples. Un contexte qui devrait pousser les deux Etats à résoudre leurs différents diplomatiques pour construire leur avenir très menacé. Le Tchad et le Soudan entretiennent des frontières communes avec des pays faisant partie des plus instables du continent voire du monde [1].



Le Soudan a accédé à l'indépendance en 1956. Un événement historique bien accueilli par la population, mais qui tourna mal pour non respect d'un accord de la part du gouvernement de Khartoum. Ce dernier revint sur sa promesse faite aux provinces du Sud de créer un Etat fédéral. C'est le début d'une mutinerie menée par des Officiers sudistes. La première guerre civile soudano-soudanaise et la plus meurtrière éclata. Elle déplaça 4 millions de personnes issues des états du sud et fit 2 millions de morts. Plus de quinze années de guerre civile qui prit fin en 1972 grâce à l'accord d'Addis Abeba. Le Soudan retrouva, à peine, une relative stabilité, et entra dans une autre zone de turbulence. Gaafar Muhammad Nimeiri sema la zizanie en instaura la charia dans ce pays que partage musulmans, au nord et chrétiens, au sud. Ce fut une nouvelle page meurtrière de l'histoire du Soudan. Vingt ans de guerre civile. Une période dans laquelle les populations soudanaises ont quasiment vécu l'enfer : sécheresse, famine, pénuries, etc. La volonté de Nimeiri de diviser le Soudan fera long feu. Il fut chassé du pouvoir par le Général Souwar El-Dahab, le 6 avril 1985. Une année plus tard, le Général Dahab passa le pouvoir au civil. Sadeq El Mahdi lui succéda. Ces décennies d'instabilité ont freiné le développement économique du Soudan, plus grand pays d'Afrique avec une superficie de 2 505 810 km². Moins de 20% des terres cultivables sont utilisées. Le sésame, le coton, le sorgho et le blé occupent une place centrale dans l'activité agricole. Avec une stabilité permanente, le Soudan pourrait être le grenier du continent africain. Le pétrole abondant du Soudan, source de conflit, joue positivement sur la croissance. L'exploitation est assurée par les Chinois. Mais des conflits en cachent toujours d'autres, plus violentes, plus meurtrières et plus longues.


Béchir : le pompier de Juba et le pyromane du Darfour


Le règne de Sadeq El-Mahdi ne dura pas longtemps. Omar-El-Béchir devient le super-président du Soudan parce qu'il s'est auto-proclamé Président de la République, Premier ministre et Chef d'Etat-major des armées, le 30 juin 1989. Il dirigea le pays d'une main de fer. La loi pénale de 1991 l'attesta. Des peines sévères, telles que l'amputation et la lapidation, furent instituées. Après quinze de présidence, Béchir signa un accord de paix avec le sud. L'accord de Nairobi, signé le 9 janvier 2005, entre John Garang, leader des milices du Sud et le Vice-Président Ali Ousmane Taha, mit fin à ce conflit. Une nouvelle Constitution libérale a été élaborée et adoptée, John Grang revient à Khartoum et un gouvernement d'union mis en place, le temps d'une transition. L'accord prévoyait également un régime d'autonomie de six ans au Sud-Soudan, période à l'issue de laquelle un référendum d'autodétermination sera organisé. Sauf changement, le référendum est prévu pour 2011 [2]. Le non-respect de ce protocole d'accord entre Khartoum et le Sud-Soudan peut déterrer la hache de guerre entre les deux parties du pays. Khartoum sera pris, alors, entre deux feux. Le Sud et l'Ouest. Si les Soudanais du Sud optent pour une autonomie totale, elle pourrait raviver le conflit du Darfour. Les Darfouris utiliseront, eux aussi, les moyens possibles et imaginables pour créer leur propre Etat. Ils diront, probablement, que ce qui est possible au Sud est bien possible à l'Ouest. Et Béchir, affaibli par le mandat d'arrêt international de la Cpi, n'usera pas encore de la force pour arrêter la vague sécessionniste darfourie au risque de commettre encore d'autres crimes pouvant être considérés comme un génocide par la justice internationale.


Le calvaire des Darfouris


La guerre du Darfour a fait des centaines de milliers de morts (300 000) et plus de 2 millions de déplacés. Mais Khartoum avance des chiffres revus à la baisse : moins de 10 000 morts et moins de 500 000 déplacés. Il accuse les médias et certaines Ong d'avoir outrageusement augmentés le nombre de victimes. Le conflit du Darfour prend sa source à la révolte des Fours de 1992. Une révolte fortement réprimée par Omar El-Béchir. En 2003, les Zaghawas du Darfour et les Fours font cause commune contre Béchir. Le Docteur Khalil Ibrahim, ancien compagnon de l'opposant islamiste soudanais, Hassan El Tourabi, et Abdul Wahid Al Nour dénoncent la confiscation du pouvoir par Béchir et son clan ethnique, composé majoritairement d'Arabe du nord du Soudan. Les rebelles darfouris attaquent l'aéroport d'el Fasher. Cette attaque marque le début de la guerre meurtrière du Darfour. L'enjeu de cette guerre c'est aussi le partage équitable des revenus du pétrole, dont l'exploitation est assurée par les Chinois. Des membres de la Garde républicaine tchadienne - garde présidentielle -, majoritairement dominée par l'ethnie zaghawa, passent la frontière pour soutenir leur cousins zaghawas du Darfour [3]. Béchir fait appel aux Janjawids. Ils sont des arabes tchadiens et ont été chassé de leur terre par les zaghawas tchadiens. Le Tchadien Mahamat Nour, ethnie Tama, a lui aussi subi la domination zaghawa. Son mouvement rebelle, le Front Uni pour le Changement, appuie les Janjawids pour massacrer les fours et les zaghawa du Darfour. Déby contre-attaque et soutient les mouvements rebelles zaghawa soudanais du Dr Khalil Ibrahim, le Mouvement pour l'Egalité et la Justice (MJE), d'Abdul Wahid Al Nour, le Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS) et Minni Arko Minawi [4] de l'Armée de Libération du Soudan (ALS). Leur dénominateur commun c'est qu'ils s'opposent par les armes contre le régime de Khartoum.


Cpi veuillez réfléchir sur le cas Déby !


Les deux chefs d'Etat, Béchir et Déby, ont utilisé les sensibilités tribales pour régler leur compte. Ce qui est gravissime. Les Fours darfouris et les Zaghawas darfouris et tchadiens font face aux Tamas tchadiens et Janjawids darfouris. Ils sont les pions fous d'un jeu d'échec où les rois - Déby et Béchir - le contrôlent à distance. Mais la surprise a été grande quand la Cour Pénale internationale a lancé un mandat d'arrêt uniquement contre Omar El-Béchir [5] pour crimes de guerre et crimes contre l'Humanité. La part de responsabilité de Béchir est certes grande, mais Déby a joué aussi un rôle important, contribuant à l'aggravation de ce conflit. Il a jeté de l'huile sur le feu en armant, à l'époque, Minni Arko Minawi, a fermé ses yeux sur les agissements de la garde présidentielle au Darfour et a offert une partie du territoire tchadien pour servir de base arrière aux rebelles soudanais opposés au régime de Khartoum. La Cpi devrait aussi statuer sur la cas de Déby. Il mérite bien un mandat d'arrêt international pour crime de guerre, crime contre l'Humanité et violations des droits humains. S'opposer est l'activité politique la plus dangereuse au Tchad, comme c'est le cas aussi dans une grande partie des pays africains. Déby a contraint beaucoup d'opposants tchadiens à l'exil. L'exil est la voie la plus douce comparée aux assassinats et aux moults humiliations exercés sur l'opposition non armée et la société civile tchadiennes.


Les autres carnages de Déby


Hissein Habré, aujourd'hui sous la menace d'un jugement, avait fait de même, au début des années 80, contre les éléments du Colonel Wadal Abd El Kamougué, du Général Djibril Négué Djogo du Front Démocratique du Tchad (FDT) et de Acheikh Ibn Omar du Conseil Démocratique Révolutionnaire (CDR) avant d'arrondir les angles autour d'une table de négociation. A l'époque, le Général Djogo, bien que disposé à entamer des négociations avec Habré, n'avait pas nié le soutien qu'il apportait aux rebelles opérant dans le sud tchadien : "Nous soutenons effectivement les commandos opérant dans le Sud parce qu'ils réagissent contre la violence aveugle créée et entretenue par le régime de Ndjaména".[6]


La "violence aveugle créée et entretenue par Ndjaména" est plus que d'actualité avec ce qui se passe présentement dans le sud du Tchad. Ce n'est pas le premier "exploit" de Déby. Le même scénario s'est déroulé dans le sud, au début des années 90 avec le massacre et le déplacement des populations de Goré, Doba et Moundou. Des crimes que la Garde Républicaine tchadienne a commis. A la recherche des éléments appartenant au Comité de Sursaut National pour la Paix et la Démocratie (CSNPD) de Moïse Kette, les éléments de la GR ont causé des préjudices graves à des dizaines de milliers d'habitants du Sud tchadien qui s'étaient réfugiées au nord de la République centrafricaine. Lors des batailles d'Adé, Ghoz Beïda et d'Am Zoer de juin 2008, plusieurs
centaines de civils ont été tués et des milliers d'autres déplacés.


Le décollage raté du Tchad


Le Tchad est le cinquième pays le plus grand d'Afrique avec une superficie de 1 285 000 km² [7]. Des terres disponibles mais l'absence de politique de développement constitue l'une des failles de l'économie tchadienne. Ce pays a du mal à décoller et sortir du cercle peu glorieux des Pays pauvres très endettés (PPTE). Une situation paradoxale d'autant plus que sa balance commerciale est largement excédentaire. Les productions céréalière et cotonnière restent abondantes. Il est le 2ème producteur mondial de gomme arabique. L'exploitation récente du pétrole par les Chinois augmentent considérablement la richesse nationale. Le "retard" économique du Tchad est une des conséquences directes de l'instabilité permanente de ce pays depuis son accession à l'indépendance. Les transitions démocratiques se font dans la douleur car c'est la force qui prime sur la légalité. Et, comme toujours, c'est la légitimité du président autoproclamé qui en pâtit. Au fur et à mesure que le temps passe, l'homme fort [8] fortifie son pouvoir en muselant la presse et en pourchassant les opposants. C'est le sauve-qui-peut général. Les pacifiques s'exilent, les courageux s'opposent mollement dans le pays et les plus belliqueux prennent les armes. C'est le cycle infernal que vit le Tchad. Tombalbaye, Malloum, Weddeye, Habré et aujourd'hui Déby, ont tous goutté à cette boisson de l'instabilité. Certains d'entre eux, tous ou presque ont participé à l'enlisement de la situation politique tchadienne.


L'ethnicisme : le mal tchadien ?


Le problème du Tchad c'est l'ethnicisme. Le président élu favorise son ethnie au détriment des autres communautés du pays. L'ethnie du chef de l'Etat fait main basse sur le pouvoir et les ressources de la nation. Les autres communauté ethniques réclament vainement un partage équitable des ressources, surtout pétrolières, du pays. Face à l'entêtement de l'Exécutif, les ethnies lésées entrent dans le maquis. Les Tamas, Goranes, Bideyat, Arabes, Saras, Toubous, etc. n'hésitent une seule fois à intégrer les mouvements rebelles, tels le Front Uni pour le Changement de Mahamat Abdelkrim Nour, l'Union des Forces Démocratiques et le Développement (UFDD) de Mahamat Nouri, le Conseil National du Tchad (CNT) de Hassan Saleh Al Djinedi, le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) de Timan Erdimi, etc. pour faire face à l'écrasante domination zaghawa.

Aujourd'hui, la rébellion se méfie de Déby. Les principaux chefs de mouvements, se basant sur l'échec des accords de 2006-2007, ont joint leur force pour une coaltion plus forte : l'Alliance nationale. Le Front Uni pour le Changement avait conclu un accord de paix avec Déby en fin 2006. Mahamat Abdelkrim Nour est nommé ministre de la Défense en mars 2007 et après neuf mois d'exercice, il est limogé par Déby en décembre 2007. L'accord avorté et la nomination-éclair de Nour font partie de la stratégie de décrédibilisation et de scission de la rébellion tchadienne utilisée par Ndjaména. Cet échec a engendré une vague de départ du Fuc. Une bonne partie des éléments de Nour ont rejoint d'autres factions rebelles comme l'Union des Forces Démocratiques et le Développement de Mahamat Nouri. Le FUC n'était pas seul à être piégé par Déby. D'autres mouvements rebelles avaient signé des accords avec le régime tchadien en octobre 2007. Un mois après, les rebelles signataires reprennent les armes pour défaut d'application des protocoles. Ndjaména joue avec le feu. Il pourrait se trouver, à l'avenir, dans une position de faiblesse, et les négociations seront difficilement acquises compte tenu de l'expérience malheureuse vécue par les mouvements rebelles avec les précédents accords non respectés par Déby et son clan gouvernemental. Rébellion échaudée craindra l'eau froide ndjaménoise.


Les conséquences de la mal gouvernance


Le 1er février 2008, la Coordination militaire unifiée (CMU) de la rébellion tchadienne, composée essentiellement des éléments de la puissante Union des Forces Démocratiques et le Développement (UFDD) de Mahamat Nouri, après traversé 600 km pour atteindre Ndjaména, a fait trembler le régime de Déby. Ce dernier a sauvé son pouvoir grâce à l'intervention controversée des éléments des forces françaises du Tchad. La diplomatie française l'avait démenti et de préciser que la France n'a apporté qu'un "soutien en matière de renseignement, de logistique et d'assistance médicale". En réalité, Déby était soutenu par l'aviation française et par des éléments du Jem de Khalil Ibrahim. Une intervention française en échange, sans nul doute, de la grâce accordée, moins de deux mois après l'attaque de Ndjaména, par le président Déby à Eric
Bretau et compagnie [9].


Les opérations "Epervier", "Manta", "Silure", etc. sont des points marquants de la politique étrangère française en terre tchadienne. En 2006, l'aviation française avait fait des tirs de sommation à des groupes rebelles qui menaçaient sérieusement le pouvoir de Déby, comme ce fut la cas deux ans plus tard, le 1er février 2008. Le soutien en "matière de renseignement, de logistique et d'assistance médicale" constitue l'aspect officiel des accords de défense liant la France au Tchad. Mais les accords de défense sont annexés d'une Convention secrète de maintien de l'ordre pour garantir aux potentats locaux la tranquillité. Une sorte d'assurance de conserver le pouvoir. Ces textes prévoient une intervention, à la discrétion du président de la République française, en faveur des présidents africains qui en font la demande. Le premier point de cette Convention secrète note que "la France "peut" intervenir, mais n'a aucune obligation de le faire. C'est à la discrétion du président de la République française, seul décisionnaire sur ce sujet. La demande passe par l'ambassadeur de France. Le texte devient aléatoire et flou en son deuxième point : C'est le chef de l'Etat africain qui formule sa demande "dans une situation particulièrement grave". Aucune explication n'a été donnée sur la nature d'"une situation particulièrement grave". Quel est le degré de la gravité particulière d'une situation ? Qui jugera de la gravité de la situation ?


Déby-Béchir : pas de mariage, pas de divorce


Le président tchadien, sorti indemne de cette bataille, pointe un doigt accusateur vers son "ennemi" voisin Omar El-Béchir. Trois mois après, en mai 2008, les rebelles du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (MJE) de Khalil Ibrahim, attaquent Khartoum. Une réponse du berger à la bergère ? Bien avant ses attaques de Ndjaména et Khartoum, une kyrielle d'accords a été scellée dans le passé entre Khartoum et Ndjaména. Les accords insistaient souvent sur la cessation des soutiens apportés aux mouvements rebelles. Mais les liens ethniques et les ressources pétrolières prennent encore le dessus sur la réalité politique. Lors du sommet de l'Organisation de la Conférence islamique de 2008, à Dakar, Déby et Béchir ont paraphé au bout de leurs ongles un accord de façade [10]. Un accord qui n'avait aucune chance de produire des effets positifs. Béchir disait : "Quelqu'un qui n'a pas respecté un accord signé à la Mecque, comment pourrait-il respecter un autre signé à Dakar". Suffisant pour dire que le président soudanais accordait peu de confiance au président tchadien. Tant que le soutien de Khartoum à la rébellion tchadienne existe et l'appui de Ndjaména à la rébellion soudanaise persiste, il n'y aura jamais une stabilité entre ces deux pays. Et pour espérer un minimum de respect vis-à-vis des accords de paix, il faut prendre en considération les revendications des mouvements rebelles du Soudan et du Tchad.


Pourquoi il est difficile de lutter contre les mouvements rebelles africains ?


En Afrique, aucun régime ne peut lutter seul contre une rébellion. Pourquoi ? Parce que c'est le problème des frontières qui sont la principale équation. Les Européens colonialistes, qui ont partagé le continent à la conférence de Berlin de 1885, ignoraient les fondements essentiels de la société africaine. A l'instar d'un écolier dessinant des figures géométriques avec son équerre et son compas ou même à main levée, une grande partie des frontières a été tracée à la règle sans tenir compte des réalités socio-ethniques et linguistiques. Les mouvements rebelles bénéficient inéluctablement des soutiens et détiennent une base de repli dans des pays voisins. C'est le cas au Rwanda, en République du Congo, au Darfour, au Tchad, en Casamance, en Côte d'Ivoire, en Ouganda, au Burundi, etc. Des accords de paix ne peuvent être totalement respectés sans l'implication de la communauté internationale, de l'Onu et des pays riverains des théâtres de conflits.

Force est de constater que l'immixtion partisane des puissances étrangères, surtout la France, dans des conflits locaux africains bloquent toutes issues pouvant mener à des accords de paix crédibles et respectés. Elles ne protègent que leurs intérêts comme l'avait si bien dit le Général De Gaulle : "Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts". Les intérêts français en Afrique font souvent des conséquences ngatives pour les Etats africains. La renégociation des accords de défense et de coopération militaire, annoncée par l'Elysée depuis 2008, est une étape salutaire et peut être un tournant décisif dans les relations franco-africaines. Parce que les Africains seront face à leur destin et le prendront en main. Afrique, tu as trop souffert. Escalvage et colonialisme. Guerres tribales et maladies endémiques. Cette souffrance multiséculaire doit te servir de point de départ pour avancer à grands pas dans un futur radieux et prometteur.

Notes :

 

[1] Le Tchad et le Soudan ont des frontières avec 8 des 10 pays les plus instables au monde. Le Tchad et le Soudan sont de grandes superficies. Les pays frontaliers du Soudan : Tchad, Libye, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rd Congo, Centrafrique. Les pays frontaliers du Tchad : Nigeria (lac Tchad), Niger, Libye, Soudan, Centrafrique, Cameroun.

[2] L'accord de Niarobi, signé le 9 janvier 2005, entre John Garang et le vice-président soudanais, Ali Ousmane Taha, prévoit un régime d'autonomie de six ans au Sud-Soudan, période à l'issue de laquelle un référendum d'autodétermination sera organisé. En 2011, le Sud-Soudan sera, probablement, un pays de plus pour l'Afrique avec comme capitale Juba.

[3] Les Zaghawas du Soudan ont recueilli leur frère tchadien Idriss Déby Itno [en 1989] et l'ont aidé à renverser Hissein Habré et à prendre Ndjaména. Treize ans plus tard, quand le président tchadien a essayé d'ignorer le nouveau MJE pour préserver ses relations avec Omar El-Béchir, Khalil Ibrahim lui a lancé : "N'oublie pas qui t'a fait roi!" Et jusqu'en 2005, Khalil n'a aps hésité à venir s'approvisionner au Tchad à l'insu du chef d'Etat tchadien, mais avec la complicité de deux de ses demi-frères, Daoussa et Timane Déby. [Jeune Afrique n° 2471 du 18 au 24 mai 2008]

[4] Minni Arko Minawi, chef de l'Armée de Libération du Soudan, s'est finalement ralliée à Khartoum. Il a tourné le dos à son ancien protecteur Idriss Déby, président du Tchad. Son mouvement particpe également à des attaques contre les civils au Darfour.

[5] Le 2 mai 2007, deux mandats d'arrêt ont été lancés contre Ahmad Muhammad Harun, l'ancien ministre soudanais des Affaires humanitaires et Ali Muhammad Ali Abd Al Rahman alias Ali Kushayb, le chef de la milice Janjawids. 51 chefs d'accusation ont été retenus contre eux. Durant l'année 2009, la Cour pénale internationale lance un mandat d'arrêt contre le président soudanais, Omar El-Béchir, pour crimes de guerre et crime contre l'humanité.

[6] Jeune Afrique, n° 1275 du 12 juin 1985, p 25, propos recueillis par Siradiou Diallo.

[7] Le Tchad occupe la cinquième place des plus grands pays d'Afrique derrière le Soudan 2 505 810 km², l'Algérie 2 381 740 km², le Réépublique Démocratique du Congo 2 344 860 km² et la Libye 1 759 540 km².

[8] "L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions." Barack Obama, lors de son discours prononcé à Accra le 11 juillet 2009. Les putschistes et les chefs des mouvements rebelles sont appelés "Homme fort" en Afrique. L'union africaine négocie une transition avec les soi-disant "Homme fort" et s'ils refusent l'organisation régionale prend des sanctions dites ciblées. Des sanctions souvent inefficaces. Les sanctions ciblées toucheront tôt ou tard les populations. Si les "Hommes forts" sont contraints de rester dans leur pays, rien ne marchera et les populations souffriront de ce coup de frein. L'Union africaine mérite d'être repensée dans son fond comme dans sa forme.

[9] Le 25 octobre 2007, des membres de l'association française Arche de zoé ont été arrêtés à Abéché, dans lest du Tchad, alors qu'ils tentaient de transférer vers la France 103 enfants présentés comme des orphelins victimes de la guerre au Darfour. L'affaire a conu son dénouement le 26 décembre 2007. Les huits personnes mises en cause ont été à huit ans de travaux forcés par la Cour criminelle de Ndjaména pour tentative d'enlèvement. Transférés en France, où la peine a été commuée en huit ans de prison ferme, les membres de l'Arche de Zoé ont été graciés le 31 mars 2008 par le président de la République tchadienne.

[10] Le 13 mars 2008, lors du sommet du 11ème sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique à Dakar, Idriss Déby et Omar El-Béchir ont signé un énième accord de non-agrssion.

Papa Mouctar Selane

Contact: Sélane Papa Moctar 

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