Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

5d90293fbaa0db2ac0341164c6ff7fa6.jpg

Coup de fil de M. Haroun Kabadi, président de l’Assemblée nationale du Tchad,

à M. Macky Sall, président de la République du Sénégal

 

Par Vourboubé Pierre

 

un jour, le secrétariat de la présidence de la République annonce à M. Macky Sall que M. Haroun Kabadi est au bout du fil. M. Macky Sall hésite mais accepte tout de même de répondre :

— Excellence, Monsieur le président de la république, je voudrais tout d’abord vous féliciter pour votre brillante élection à la magistrature suprême de votre pays, déclare Kabadi.

— Merci, répond Macky Sall, la voix comme émue.

— Monsieur le président de la République, je suis un ancien premier Ministre et actuel président de l’assemblée nationale de mon pays. Vous voyez que vous et moi avons un parcours presque identique. 

— Ah, bon ? s’étonne le président sénégalais.

— Alors je voudrais suivre votre exemple jusqu’au bout pour…, dit Kabadi.

— Pour quoi faire, M. Kabadi ? demande M. Macky Sall.

— Pour accéder à… la …., dit Kabadi en bégayant.

— Voyons, M. Kabadi, pourquoi tergiverser, hein ? Parlez franchement, ne bégayez point. J’ai des dossiers brûlants sur la table devant moi.

— Oui, pour avoir, comme vous, des dossiers brûlants sur la table devant moi.

— Vous en avez, non ?  Les échos de votre pays me parviennent souvent : Affaire Kebzabo, affaire Gali, affaire des douaniers, affaire eau et électricité, la famine au Sahel, affaire Toumaï air Tchad ; affaire des fournitures scolaires pour laquelle… La liste n’est pas exhaustive !

— Pas celles-là…, M. le président.

— Alors ?

— Gérer le Tchad tout entier après une élection… comme…, dit Kabadi.

— Ah, je vois à présent. Commencez par interpeler les fils de M. Idriss Déby Itno sur leurs gestions familiales et calamiteuses des fonds publics.

— Quoi ? s’écrie Kabadi.

— Oui, j’ai commencé par là : Karim Wade, le fils d’Abdoulaye Wade, l’homme que j’ai affronté au deuxième tour, était tout puissant et je lui ai demandé de venir s’expliquer devant le peuple sur certaines affaires. Son père a rouspété en supprimant mon poste de numéro deux du parti. Puis, il a réduit le mandat du président de l’assemblée nationale de 5 à un an. J’ai claqué la porte du parti pour rejoindre l’opposition. Et vous connaissez la suite, M. Kabadi. J’ai été accusé de blanchissement d’argent, dossier pour lequel j’ai obtenu un non-lieu. Qui ne risque rien, n’a rien, non ?

— Merci, Monsieur le président de la République. J’y réfléchirai, affirme Kabadi qui raccroche.

M. Kabadi est seul, le corps couvert de sueur : « Interpeler un des fils d’IDI ? Lequel ? Pour quelles conséquences ? Moi, je suis cerné par mille affaires judiciaires. Si j’ose, leur père, ce diable bien connu, ne me fera aucun cadeau : tout de suite il exhumera une des affaires et résoudra facilement mon cas. D’ailleurs quelques députés m’ont déjà menacé dans la gestion de l’affaire Kebzabo. Déby, lui, avait menacé de décrocher du perchoir. Et puis, il se murmure qu’en juin prochain, à l’occasion des assises du MPS, ils vont me débarquer de mon poste de SG à l’administration. Mais, je constate que je ne suis pas seul premier Ministre et président de l’assemblée nationale. Il y a aussi Nassour Guélendoucksia Ouaïddo. Tiens, il paraît qu’il est dans son village, très mal au point, se déplaçant grâce à une canne. Il organiserait la vente du riz de ses frères. Alors je ne dois pas le craindre. Mais, mes pires ennemis sont les opposants : Kebzabo, Gali, Kassiré,… Feront-ils bloc derrière moi en cas de deuxième tour entre Déby et moi ? Avec l’affaire Gali, j’ai ruiné mes chances de faire le plein dans mon Lac Iro natal. Ailleurs, je n’ai aucun espoir. Macky Sall dit qu’il a obtenu un non-lieu. Ici, la justice n’est pas indépendante. Si oui, elle aurait relaxé mon frère Gali. D’ailleurs, l’ex-député en exil pourrait surgir pour m’enfoncer. Si IDI exhume les affaires de la cotontchad, je serai cloué pendant des années sous la chaleur de Moussoro. Non, je laisse tomber ce projet. Dieu fera les choses. »