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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Tchad | Saleh Kebzabo franchit les limites de l'indécence  


Ceux qui ont approché le despote Idriss Déby lors des campagnes électorales
racontent que le personnage prend un malin plaisir à railler les leaders de l’opposition en des termes peu glorieux : « opposant au régime le jour ; militant du Mps la nuit ».


Difficile à croire quand on écoute les meeting d’un ténor de la scène politique comme Yorongar
Ngarledji, les sorties médiatiques d’un résistant à la peau dure comme Saleh Kebzabo ou encore quand on lit les écrits révolutionnaires d’une intelligence comme Gali Gothé.


Difficile à croire, parce qu’on n’imagine pas ces dirigeants de l’opposition se livrer à des
manœuvres frauduleuses pour faire avaler des couleuvres sur la dictature débyenne à leurs militants le jour et trinquer à la santé et à la longévité d’Idriss Déby la nuit tombée.


Mais peut-être nous sommes-nous lourdement trompés. La bonne foi de nos chers guides qui, durant les
22 dernières années, nous ont familiarisés avec des notions telles que « démocratie », « liberté », « égalité », « alternance politique »… est à
relativiser.


Le désormais incontournable site internet tchadonline.com vient de mettre en ligne plus d’une heure
d’enregistrement vidéo du débat parlementaire sur la révision de la Constitution. Ouvrez bien grand les oreilles et les yeux : on y entend et voit les députés Gali Gothé NGata et Saleh Kebzabo
rivaliser de flatterie servile à l’égard d’Idriss Déby.


Gali Gothé, après avoir dévoilé aux Tchadiens en direct à la télé qu’il a voté pour Idriss Déby «
aux premières élections présidentielles » (c’est-à-dire au moins les trois premières de 1996, 2001 et 2006), demande aux députés de la majorités de ne pas réduire Idriss Déby à «
un petit vulgaire dirigeant de parti » en s'abstenant de lui conférer le droit de cumuler ses fonctions de président de la République avec celles de dirigeant d’un parti
politique.


Saleh Kebzabo, lui, a franchi les limites de l’indécence. Pour le dirigeant de l'Undr, Idriss Déby
est « au-dessus de tous les Tchadiens ». Rien que ça ! Ebahissement dans l’hémicycle. Comble du ridicule, c’est un député semi-analphabète de la majorité qui lui a fait une lecture du
texte de l’article 13 de la constitution qui reconnait aux Tchadiens des deux sexes les mêmes droits et devoirs et consacre leur égalité devant la loi.


Mais Saleh Kebzabo n’a pas seulement placé Idriss Déby au-dessus de tous les Tchadiens. Il a
carrément décrété que le despote est « notre père » à tous et, par conséquent, ne comprend pas l’acharnement des députés de la majorité à vouloir arracher au peuple "notre
père", pour en faire le militant d'un parti.


Il y aura certainement quelques fanatiques de Gali-Kebzabo pour nous expliquer qu’en parlant du «
président », les deux opposants voulaient en réalité parler du « statut » sans rapport avec Idriss Déby et que leurs déclarations valent pour tout citoyen appelé à devenir chef de l’Etat un jour. Mais ce serait peine perdue parce qu’il n’y a aucune ambiguïté dans le fond du discours.


La question qui se pose est donc de savoir pourquoi Gali Gothé, qui est un leader de l’opposition,
se considère-t-il comme « un petit vulgaire dirigeant de parti » par rapport à Idriss Déby ? De la même façon, ce Saleh Kebzabo, pourquoi croit-il que Deby est « au-dessus de tous les Tchadiens » ? Est-ce pour mieux se faire applaudir par les députés de la majorité ? Dans ce cas, qu’espèrent-ils tous les deux en se rabaissant plus bas que le caniveau ? Le strapontin du premier ministre ?


A vous de juger !


Gali Gothé :


« Le président Déby-là, il n’est pas seulement votre président. Sur tous les panneaux qu’il y a à N’Djamena, c’est écrit dessus qu’il est le président de tous les Tchadiens. Pourquoi vous voulez en faire une propriété privée ? Le président Deby-là, certes a été le candidat du parti majoritaire, c’est vrai. Mais c’est le peuple qui l’a élu. Vous voulez que je vous dise un secret ? même si ça procède du vote… Moi j’ai élu le président Déby aux premières élections présidentielles. Mais je suis de l’opposition. Et vous croyez que quelqu’un qui a ce statut-là on doit le réduire à un petit vulgaire dirigeant de parti ? […]


Un chef, c’est un chef. Il est là pour tout le monde. Il n’est pas pour une catégorie. Il n’est pas pour un parti. C’est notre président à nous tous. »



Saleh Kebzabo :

« Les sujets qui fâchent sont les articles 71 et 150 (de la constitution :
ndlr). Je ne vais pas m’étendre sur l’article 71. Mais franchement, franchement monsieur le président (de l’assemblée nationale : ndlr), je ne peux pas comprendre que la majorité veuille faire de son président, en le consacrant dans la constitution, un simple militant d’un parti ou un simple militant d’une association […]


Lorsque nous avons élu le président de la république pour le mettre au-dessus de nous, c’est parce qu’on lui donne une stature, on lui donne une image, on le respecte, il est au-dessu