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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

  Le prsident Idriss Deby Itno

Présidentielle-Tchad - Après la Centrafrique, le Bénin, le Niger et le Nigéria, le Tchad est le cinquième pays africain à organiser, rien qu'au cours des quatre premiers mois de l'année, une élection présidentielle. Et c'est le 25 avril prochain que les Tchadiens seront donc appelés, en principe, à leur tour, à se rendre aux urnes pour élire celui qui va présider à leurs destinées pour les cinq années à venir. Malgré le report d'un peu plus de 3 semaines (la date initiale était le 3 avril) pour permettre une bonne organisation, l'élection ne fait pas l'unanimité. La preuve, c'est le désistement des trois principales figures de l'opposition, qui étaient dans les starting-blocks, à savoir Saleh Kebzabo, Ngarlejy Yorongar et le général Kamougué Wadal Abdelkader. De six au départ, il ne reste plus que trois candidats : Idriss Déby Itno, le chef de l'Etat sortant, et deux autres que les uns qualifient de candidats accompagnateurs (Albert Pahimi Padacké, ministre de Déby Itno, et Me Nadji Madou). Malgré les accords politiques d'août 2007 entre le gouvernement et l'opposition, ces figures de proue, boycottent une fois de plus l'élection présidentielle.

Il s'agit là de remakes de 2001 et de 2006, années au cours desquelles les mêmes opposants ont tourné le dos au scrutin présidentiel pour les mêmes motifs : mauvaise préparation qui préfigurait une fraude. Comme au cours de ces mêmes années, le président sortant et candidat à sa propre succession, Idriss Déby Itno, n'en demande pas plus. Sa réélection est une fois de plus facilitée par ces jets d'éponge inespérés. Cette année, il pourra se targuer même d'avoir satisfait à certaines revendications de l'opposition comme par exemple la révocation du président de la Commission électorale nationale indépendante. Il peut aussi se consoler d'avoir toujours deux autres candidats en face pour légitimer d'une certaine façon sa victoire annoncée. Au moins, ses détracteurs ne pourront pas dire qu'il était candidat unique.

Toutefois, le torchon brûle entre le chef de l'Etat et ses opposants parce que ceux-ci tiennent à boycotter le scrutin. Bien que s'étant retirés de la course électorale, les boycotteurs entendent bien battre campagne pour amener leurs militants à ne pas prendre part à ce qu'ils qualifient de mascarade électorale. Mais le pouvoir en place n'entend pas leur laisser le champ libre. Et il y a à craindre des troubles, des affrontements d'ici le jour du scrutin entre les forces de l'ordre qui ont reçu pour instruction d'interdire tout meeting prônant le boycott. Les opposants et leurs militants entendent malgré tout, user, selon eux, d'un droit qui leur est reconnu. C'est dans ces conditions donc que Idriss Déby Itno attend le jour J pour rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans après vingt-et-un ans de pouvoir. Pour lui, le moment n'est pas encore venu de passer la main.

Ce serait même un sacrilège, un crime de lèse-majesté pour toute personne qui évoquerait cela. La boulimie du pouvoir est tenace et il y a le pétrole, qui s'en est mêlé, au grand bonheur du président sortant pour qui ce n'est pas surtout en ce moment qu'il faut partir. Pourtant, il n'y a pas meilleur moment pour s'en aller, après avoir fait la paix avec les groupes rebelles et le voisin soudanais, et fait entrer le pays dans le cercle des pays producteurs de pétrole. Toutes ces belles actions seront mises à son compte et consignées dans l'Histoire. Jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas ce chef d'Etat africain qui ne rêverait pas d'une sortie honorable de la scène politique. Apparemment, ce n'est pas une préoccupation sur les bords du lac Tchad. Cette perspective n'est pas dans l'agenda du président candidat, obnubilé par le pouvoir comme beaucoup d'autres de ses pairs sur le continent, qui ne rêvent que d'y mourir. Dommage !

Séni Dabo

Le Pays/22/04/2011