Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Dieudonne djonabayeDieudonné Djonabaye, (communication présidence/Tchad)

***********************************************************************************

Idriss Déby Itno à cœur ouvert
Eric Topona


Après la cérémonie officielle de lancement des travaux, à Boumon dans la Tandjilé Est, d’aménagement de 20 000 hectares de terres cultivables à travers le pays, le directeur général de la
Communication de la présidence de la République, Dieudonné Djonabaye,a convié tous les journalistes présents, à un entretien avec le chef de l’Etat. Par Eric Topona, journaliste de La Voix.


L’attente n’aura duré que quelques minutes dans la cour de la villa présidentielle. Dix minutes environ. Et le moment tant attendu est arrivé. Le service du protocole  de la présidence donne l’alerte, «vous pouvez avancer». Le directeur général de la Communication de la présidence de la République prend le soin de sélectionner ceux qui doivent prendre part à la rencontre. La raison ? Manque de place, nous a-t-il confié. Trois journalistes de la RNT, trois de la Télé-Tchad, un représentant de chaque organe de presse privée, tant nationale qu’internationale. Premier accrochage verbal, Zoutané Daba Martin, venu pour le compte de la RNT, décide de céder sa place à un de ses confrères, puisqu’il détient déjà une carte de correspondant de l’AFP.


Réplique de Dieudonné Djonabaye «Je ne traite pas avec  les sous-traitants de Abba Ali Kaya», correspondant  accrédité de cette agence. Une réponse qui a irrité Martin Zoutané Daba. Entre temps, ceux des journalistes qui ont été inconduits, devaient attendre leurs confrères dehors, ruminant leurs frustrations, alors que le président voulait recevoir tout le monde.  Même le chef de mission, Mahamat Ngartomian Beyambaye, par ailleurs directeur de la Technologie de l’Information à la présidence, de la République a été prié d’attendre.


En file indienne, les journalistes  ont donc fait leur entrée dans le salon présidentiel. Idriss Déby Itno en personne est là, debout, relaxe, et vêtu d’un boubou blanc. A sa gauche, le chef du gouvernement Emmanuel Nadingar. Il  serre la main à chacun. Assis sur la moquette, les journalistes ont en face d’eux le numéro 1 de la République qu’ils écoutent religieusement, l’applaudissant à tout rompre, quand l’occasion se présentait. L’ambiance conviviale, ponctuée par de sourires par intermittents  du président qui détend de temps en temps l’atmosphère: «messieurs les journalistes, merci d’avoir répondu à mon invitation. J’ai demandé à vous rencontrer pour vous dire mon attachement à la terre, à l’Agriculture». Le ton est ainsi donné. Pendant près d’un quart d’heure,  marqué par des temps morts de quelques secondes pour chercher  assurément les mots justes, le chef de l’Etat s’est appesanti sur la promotion de l’agriculture et de l’élevage et  a demandé aux journalistes de relayer son message.


Tous  les Tchadiens doivent  revenir à la terre, pour pouvoir manger à leur faim. Nous avons des terres riches à exploiter : «J’ai un champ depuis 1984, qui me produit du riz, et  vous aussi, journalistes, devriez  avoir le vôtre. Les Tchadiens ne doivent pas seulement compter sur le pétrole. Le Tchad n’est pas un pays pétrolier. On ne produit que 120.000 barils/jour, face à des pays qui produisent des millions de barils par jour. Tous les grands pays du monde se sont développés grâce à l’agriculture. Les potentialités sont là, et n’attendent qu’à être exploitées», a jouté le président de la République. Il a indiqué que le gouvernement va subventionner  les tracteurs pour les mettre à la disposition des groupements paysans. Le remboursement pourra se faire  en nature.


Autre déclaration choc, la plus importante d’ailleurs, c’est sa disponibilité à collaborer avec les journalistes : «Pour ne pas que vous écriviez de n’importe quoi à distance, les portes du Palais vous
sont ouvertes à partir d’aujourd’hui. Les journaliste de chaque organe de presse sera accrédité à la Présidence, pour avoir accès aux informations». Tonnerre d’applaudissements.



Ainsi, une nouvelle ère dans les relations entre le chef de l’Etat et les journalistes tchadiens vient-elle de s’ouvrir.

Mais sur le terrain, il va se poser un problème, la mise en musique de cette décision présidentielle. Déjà le 11 août de l’année passée, le président de la République avait reçu toute la presse publique et privée dans son palais. Une première depuis quinze ans.

Cette volonté politique du chef de l’Etat est appréciée à sa juste valr par les principaux concernés, les journalistes.


Malheureusement, les écueils se sont  toujours dressés sur leur chemin, eux qui se plaignent  de n’avoir pas la possibilité de discuter de vive voix avec le chef de l’Etat, comme cela se fait dans
d’autres pays.

Les journalistes ont toujours fait face à la rétention de l’information, savamment retenue par les proches collaborateurs du président de la République.

 
Gageons,  qu’à la suite de cet engagement solennel, le service de communication de la Présidence revienne à de meilleurs sentiments.


Les reporters de Boumou ont-ils été arnaqués ?


L’audience avec le « Boss » terminée, le cap fut mis sur N’Djaména, avec en perspective une escale  de quelques minutes à Bongor.  La délégation des journalistes fut rejointe quelques heures plus tard par le DG de la Communication de la présidence, Dieudonné Djonabaye. Le photographe Idriss de l’Agence Tchadienne de Presse, qui s’est autoproclamé «Porte Parole» des journalistes, est appelé par Dieudonné Djonabaye dans un restaurant  de Bongor. Idriss s’est fait accompagner par Mahamat Ngartomian Béyambaye. Quelques minutes plus tard, Idriss revient avec une enveloppe de 25 000 FCFA par journaliste, remis par Dieudonné Djonabaye, «Cadeau du Chef de l’Etat». C’est à ce moment-là qu’éclate le scandale. Personne  n’a apprécié le geste de Bendjo : «le Président de la République ne peut jamais donner 25 000 FCFA à un journaliste. On veut des explications», menace Ali, un journaliste arabophone.  Les deux  envoyés de Bendjo (Ngartomian et Idriss) étaient obligés de permettre à toute la délégation de vérifier l’information auprès de Djonabaye en personne. Arrivés sur les lieux, c’est une consœur de la direction générale de la Communication de la présidence de la République, Zeynab qui ouvre les hostilités : «DG, le Président de la République ne peut pas donner une telle  somme aux journalistes de la Presse Privée». Comme pour étouffer l’affaire, M. Djonabaye lui signifie qu’il est son chef, et par ailleurs elle n’a pas le droit de lui parler sur ce ton.

Juste à coté, nos confrères de la télé et de la RNT affirment n’avoir reçu que 15 000, alors que l’envoyé spécial de la chaîne Africa 24, lui aurait reçu une somme de 500 000 FCFA.


Comment faire donc pour calmer la grande partie des journalistes en furie ? Séance tenante,  une rallonge de 5 000 F Cfa,  est accordée par le DG à ces derniers, et c’est Mahamat Ngartomian qui est chargé de faire le dispache. Djonabaye peut dès lors respirer. «Vous aurez la différence dans la voiture», promet Ngartomian  à ses jeunes confrères. Coup d’épée dans l’eau. Les 5.000 francs supplémentaires promis ne parviendront jamais aux bénéficiaires jusqu’à leur destination finale, N’Djaména.


«Voilà comment sont escroqués les journalistes », lance un confrère, très remonté.
C’est  dans cette ambiance survoltée que ceux-ci ont finalement pu quitter Bongor  ce jeudi 6 mai aux environs de  18h, avec  pour ferme promesse de chercher à en savoir un peu plus sur  une affaire qu’ils jugent pour le moins suspecte et scandaleuse, à un moment ou la lutte contre la corruption est le cheval de bataille des plus hautesautorités de la République.



Eric Topona