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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Messieurs les journalistes,

Je vous remercie d’avoir répondu si promptement à mon invitation. Je voudrais vous entretenir, comme vous vous en doutez, de l’évolution de notre processus électoral, et particulièrement de l’élection présidentielle.

 

Il n’est un secret pour personne que la Ceni, notre administration électorale, rencontre des difficultés pour la mise en œuvre de son calendrier. Il vous souviendra que, dès l’annonce par le Conseil Constitutionnel de la liste des candidats retenus, cinq d’entre eux ont déposé le 3 mars 2011 à la Ceni une requête relevant les ratés et insuffisances observés durant l’élection législative du 13 février 2011. Au nombre de ceux-ci, cinq ont été mis en exergue pour constituer des préalables à leur participation à l’élection. C’est dans cette  logique qu’ils se sont abstenus de remettre leur photo et emblème réclamés par la Ceni. C’est dans la même logique qu’ils n’ont pas pris part à la cérémonie du Hcc pour l’ordre de passage dans les émissions des radios et

télévision.

 

Depuis, les candidats ont eu deux séances de travail avec Monsieur le Président de la République et la Ceni, et ils ont rencontré la communauté des partenaires du Tchad. De toutes les questions soulevées par les candidats, une seule semble polariser toutes les attentions, l’impression d’une nouvelle carte d’électeur, dans une couleur différente. L’opinion des cinq candidats sur cette question est largement partagée par la grande majorité de nos compatriotes, et je m’en réjouis. Nul n’est besoin de revenir sur cette affaire qui a contribué à dévaloriser et décrédibiliser la dernière élection législative. Cette carte a servi à tout, sauf à une élection digne de ce nom.

Dans l’un de ses scenarii, la Ceni n’a pas trouvé mieux que de nous proposer la reconduction de la même carte, en proposant de mettre en œuvre des mesures de sécurisation, le retrait des cartes actuellement stockées chez certaines personnes. Il est évident que cette opération ne peut pas convaincre quelqu’un, comme moi, qui a été victime de fraudes lors de la dernière élection. La Ceni n’est pas en mesure de nous dire combien de cartes circulent et chez qui, selon quel schéma elle compte les distribuer ou les redistribuer, et comment elle compte lutter contre les votes multiples avec une encre indélébile. Comme preuve de gravité de la situation, un candidat a exhibé au cours de la réunion un paquet de 450 cartes…

 

Je considère que la Ceni, sans doute manipulée, s’est enfermée dans cette logique sans se donner les moyens d’approfondir notre proposition d’une nouvelle carte qu’elle se contente de balayer d’un revers de la main, dans un décompte de temps de fabrication pour le moins fallacieux. La rencontre que nous avons eue hier l’a démontré à suffisance.

 

Pour ma part, j’inviterais la Ceni, au lieu de continuer de tergiverser, de prendre en compte un scénario avec une carte nouvelle, en interrogeant une ou plusieurs imprimeries, d’ici et d’ailleurs, sur le délai de fabrication. Et elle se ra édifiée qu’elle est loin des trois mois sur lesquels elle est restée scotchée depuis deux semaines.

En tout état de cause, quelle que soit la durée que prendrait l’impression d’une nouvelle carte, il faut le prendre comme une réponse  à une exigence majeure devant concourir à lever les méfiances de tous les acteurs politiques engagés dans la course présidentielle, et donc devant concourir à l’organisation d’une bonne élection. Je crois que le souci premier de la Ceni est d’organiser des élections acceptables, justes, sincères, transparentes er démocratiques. L’invocation d’un vide juridique n’est pas du ressort de la Ceni car cette notion n’a pas de place dans un pays de droit. Si la prise en compte de cette exigence devait prolonger le processus pour empiéter sur un quelconque délai constitutionnel, la Ceni l’assume et, de concert avec les candidats, elle serait fondée à proposer les correctifs nécessaires. Elle a du reste recouru à cette méthode il n’y a pas si longtemps, en demandant les modifications des lois quand il fallait tenir dans le calendrier des législatives. Elle peut tout aussi bien le faire maintenant en proposant une Loi constitutionnelle idoine.la Constitution elle-même n’a-t-elle pas subi de modification ?

 

De mon point de vue, il n’ y a absolument aucune menace sur le Tchad, aucun piège quelconque tendu au Président de la République qui verrait son mandat prorogé de deux ou trois mois sans porter atteinte à ses prérogatives. Il n’y a que le souci d’aller à une élection en respectant toutes les règles pour qu’elle se déroule à la régulière. Et, comme nous l’avons dit au Président de la République, notre souhait est de féliciter celui que les Tchadiens auront choisi comme Chef de l’Etat dans la transparence. Il est en effet important que l’on pose les jalons de l’amélioration de notre processus démocratique, comme le souhaite l’Accord Politique eu 13 aout.

C’est ici le lieu de dire que la carte d’électeur ne doit pas occulter les quatre autres points, au rang desquels l’intrusion de l’Administration dans les affaires politiques et l’utilisation des moyens humains et matériels de l’Etat. Il est par exemple indécent que tous les ministres et hauts fonctionnaires désertent la capitale pour aller battre campagne pendant un mois pour le compte d’un candidat. Il en coûtera à l’Etat au moins leurs salaires, si ce n’est pas plus si l’on y inclut les charges collatérales. Il en est de même des membres des ambassades, comme celle de Bruxelles qui utilise ses locaux aux fins de la campagne. Tout comme certains chefs traditionnels, tapis dans l’ombre, qui véhiculent des mots d’ordre pour soutenir un candidat. Cela doit s’arrêter et des sanctions exemplaires doivent être prises pour nous rassurer.

 

Je vous remercie.