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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak


Adam Ahmat Yacoub
combattant de l'UFR et résistant
opposé au régime d'Idriss Déby au Tchad.

Dr Djimet Adoum: "le Tchad n'a pas besoin d'un homme fort mais des institutions fortes"

Respectant d'abord votre opinion, je remarque que vous vous intéressez ces derniers temps avec un certain fixisme sur le ministère de contrôle d'État et de la moralisation qui est, selon votre observation,un département à l'avant garde dans le combat déclenché contre la corruption.Ce qui m'a plus frappé dans votre analyse c'est que la confusion que vous faites dans les différentes missions attribuées aux institutions et services de l'État.Vous avancez que"le rattachement du ministère du contrôle d'État et de la moralisation à la présidence pourrait donner plus de poids au département, le chef de l'État devenant le ministre titulaire de la moralisation et du contrôle d'État.Mais quel serait le rôle du ministre? Un figurant ou un pantin? Docteur, dans une république,chaque institution, chaque service a une mission définie par des lois claires et précises.

Le ministre est dépositaire d'un certain pouvoir de l'exécutif et rend comte de la gestion de son département au PR, PM et à l'assemblée nationale s'il ferait l'objet d'une interpellation de la part de cette dernière. Alors quand le PR agit à la place de son ministre,on est plus dans une république et pire la concentration de tous les pouvoirs aux mains d'un homme est synonyme d'une dictature, d'une monarchie.

A moins que les"experts juristes avertis" que vous soulignez dans votre article puissent dire le contraire et proposer une nouvelle formule de la gestion de la cité dont eux connaissent le secret.Docteur,il me paraît difficile de vous comprendre lorsque vous dites que:"les agents de la moralisation seront escortés par la garde présidentielle dans leur travail de contrôle et descente inopinée".Paradoxe puisse paraître cela.Une telle idée confuse n'aurait du pas venir d'un universitaire de votre rang.Pourquoi, voulez vous dépouiller certains corps de leurs pouvoirs? Les forces parapubliques à savoir la gendarmerie, la police exercent les missions d'auxiliaires de la justice et de l'administration.Déléguer ces pouvoirs à la GR serait une violation flagrante des textes de la république et compromettre à l'existence de cette dernière.

Mon cher docteur, je souligne aussi que le rattachement du ministère de la moralisation à la présidence n'est pas un fait nouveau. A sa création, il était rattaché à la présidence avant d'être détaché par la suite. Vous conviendrez avec moi que dans le souci de regler des comptes aux instigateurs du fameux coup d'Etat manqué du 16 mai 2004 que le Président Deby avait pris la décision de créer une commission de contrôle d'Etat et de la moralisation dirigée à l'époque par le magistrat AHMAT BATCHIRET. Cette commission qui n'a pas pu réussir à sa mission s'est vu muer dans le prochain gouvernement de Moussa Facki en un département ministériel rattaché à la présidence.Budgétivore au regard des indemnités faramineuses allouées aux agents, ce département est par essence un dindon de la farce,un garage pour les courtisans et les troubadours du MPS.Rien n'indique que, aujourd'hui, le tohu-bohu fait autour de ses actions aura un effet positif sur la gestion du pays.D'ailleurs , ce ministère, s'il veut faire un bon travail, devrait collaborer avec la chambre des comptes de la cour suprême pour exploiter les rapports d'audits réalisés sur les sociétés publiques et parapubliques, comment certaines ont été privatisées, d'autres gérées?

Le cas de SNER, SONASUT,COTONTCHAD, STAR,STEE et que sais-je bradées au franc symbolique. Jamais le Tchad ne se remettra sous Deby. Les dégâts étant énormes sur tous les plans y compris même la perte des vertus.Le Tchad victime de la gestion catastrophique et personnalisée d'Idriss Deby Itno,aura besoin, après la chute de celui-ci, des institutions fortes au service de l'intérêt général.Pas un homme fort donc. C'est pourquoi, en toute honnêteté, si les intellectuels aiment le Tchad , ils devraient cesser d'agir selon des réflexes de la compromission et de la complaisance.


AHMAT YACOUB ADAM

Combattant de l'UFR