Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

37189 114496391948282 100001637649117 103320 1126086 n

Quand finiront les travaux de construction autour du palais des Itno ? Chaque jour que Dieu fait, engins et hommes sont à pied d’œuvre, on voit une nouvelle bâtisse pousser au milieu des anciennes. Que construisent-ils ainsi ? Une nouvelle Présidence de la République ou une ville ?

Depuis l’ex-préfecture du Chari Barguimi jusqu’à l’ex-musée, les militaires occupent tous les bâtiments ! Des hauts murs soustraient tout aux regards des curieux. Les hommes en tenue militaire sont plus nombreux que les civils ! Régime militaire ou démocratique ? A toutes les portes d’entrée, des jeunes sont en faction, arme en bandoulière, prête à cracher le feu. Ils inspirent la peur. Quand Déby doit voyager ou sortir pour la pose d’une énième pierre, c’est le calvaire : les détours sont longs et périlleux. Les blindés défilent comme jamais.

Pendant les jours ordinaires, la traversée de cette portion si militarisée demeure dangereuse. Les passants prient pour que leur automobile ou moto ne lâche pas à un endroit de ce domaine privé des Itno. Les piétons, eux, ne peuvent pas longer les murs du côté de la Présidence de la République. Celui qui ose est sommé de traverser la route pour marcher de l’autre côté de la voie. D’ailleurs, ici, tout le monde connaît bien cette règle de conduite : ne jamais côtoyer les murs qui mettent Déby et les siens à l’abri des regards.

La fonction publique et bien d’autres institutions républicaines qui occupaient les édifices autour de la présidence de la République, ont été déguerpies. L'ONU a aussi fait les frais de cette forte militarisation autour de la Présidence de la République: le bâtiment qui abritait ses institutions ont dû chercher ailleurs pour laisser la place à l'armée nationale.

Mais qui finance tous ces travaux dans et autour de la Présidence de la République du Tchad ? Pourquoi attribuer tant de bâtiments à l'armée nationale ? Comment attribue-t-on les marchés ? Que préparent les Itno à travers ces bâtisses ? Et pourquoi tant de réfections/constructions à la présidence de la République ?

Difficile de répondre à toutes ces questions. Cependant, selon les rumeurs, Idriss Déby Itno ne voudrait plus céder son fauteuil à un autre tchadien ! Notre courageux guerrier a une peur bleue de La Haye si bien qu’il fait tout pour mourir au pouvoir. Pour cela, il se prépare à tout, voire une interminable guerre à la syrienne ou à la somalienne. On dit qu’il a construit un bloc opératoire et quatre boulangeries au sein de la présidence. Ne parlons de forage d’eau potable et de bien d’autres stocks de nourriture ainsi que de médicaments. Il y aurait aussi installé une mini société de production d’électricité. Autrement dit notre Présidence de la République est une ville dans une ville, une sorte de Saint-Siège des Itno.

Nos sources disent que les Occidentaux ont déjà lâché Idriss Déby Itno. Mais, comment le faire partir est leur préoccupation, conscients que par les urnes, il ne se laissera pas battre. Tout sera difficile : l’homme qui dirige le pays depuis décembre 1990 a une grande capacité de nuisance ! Il contrôle toute l’administration. L’armée est à sa solde. Avec l’argent, il s’offre tout. L’opposition est si divisée qu’elle ne fournit aucune garantie solide. A cause de l’argent, bon nombre de ses leaders rasent le mur de la présidence pour aller trahir leurs collègues auprès des Itno. Alors l’option militaire pourrait aboutir à un enlisement sans un affaiblissement préalable de Déby. La guerre au Mali serait-elle une étape de la stratégie mise en place avant l’assaut final contre Idriss Déby Itno ?

Il parait que M. Barack Obama ne veut pas le sentir. Le président américain aurait juré le renverser avant la fin de son deuxième mandat. Il aurait alors instruit M. François Hollande pour la circonstance. Après une analyse sérieuse de la situation, le président français aurait opté pour la fragilisation de Déby, militairement bien sûr. L’ayant constaté, Idriss Déby Itno aurait manifesté le désir de retirer ses forces pour faire face aux bruits de botte à l’est de son pays. En effet, des troupes seraient tassées le long des frontières entre le Tchad, le Soudan et la RCA. Nos sources soutiennent que l'homme fort de N'Djamena aurait perdu quelques escadrons dans des affrontements que la presse internationale tarde à en parler. Cela aurait poussé IDI à rappeler à El Béchir un des aspects de leurs accords : ne plus faire le jeu des troupes rebelles. Le dictateur soudanais aurait tenu un autre langage : pour lui, ces hommes qui en veulent au pouvoir de N’Djamena sont si armés que ses troupes ne peuvent pas s’interposer. Alors il aurait demandé à son homologue tchadien de se débrouiller tout seul. Notre courageux guerrier se serait alors retourné vers François Hollande pour lui dire qu’il arrêtait son aventure au Mali pour revenir contrer cette menace. « Pas question de te retirer du Mali : nous nous occuperons de tes opposants », lui aurait-on rétorqué du côté de Paris.

En attendant, dans les salons huppés des quartiers nord de N’Djamena, c’est la joie: les gens y voient la fin de celui qui les torture depuis 1999. Les prières se succèdent et appellent le Créateur à plus de pitié sur le peuple tchadien. Nos compatriotes du nord ont souffert de ce régime, plus que les sudistes. Ils en ont vraiment assez. Tous rêvent de sa fin. Mais, tous sont prudents : dos au mur, Idriss Déby Itno est capable des tueries massives pour imposer le silence. Ils ont vécu les évènements d'avril 2006 et de janvier-février 2008. Alors, les nordistes recommandent le silence pour ne pas donner l'occasion au boucher Déby de les massacrer encore. L’ANS aurait redoublé d’ardeur dans les renseignements. Un homme averti en vaut deux, dit-on.

 

Wachinzoumbo Padaré

Analyste indépendant,

Collaborateur du Blog de Makaïla