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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

La rébellion est une contestation patriotique mais au Tchad elle est un domaine lucratif. Ce banditisme de l’Etat soutenu par des myopes politiques plonge l’Etat- Nation dans l’apocalypse : « la bonté d’une guerre se juge à la qualité de mal qu’elle fait » enseignait Hugo. 

Hassana Djiddah Abdoulaye…

En cette année 2010, comme la plupart des anciennes colonies françaises, le Tchad aura  cinquante ans d’ « indépendance ». Un demi-siècle avec des décennies de violences et de désagrégation. 50 ans suffisent pour faire une rétrospection pour  corriger les turpitudes et de modeler le futur. Cependant, les descendants de Toumaï sont encore à l’état de nature où leur existence est partagée par une guerre séculaire permanente.

Depuis les années 60 jusqu’à nos jours, la guerre - la rébellion - n’a encore fini. Les régimes se succèdent et font face à une opposition politico-militaire cruelle et sauvage. Les frais : la Nation en a payé de trop.

Sur tous les plans, les besoins se font ressentir et  depuis une lurette, l’histoire de la Patrie s’est arrêtée laissant champ libre aux scènes de la mort, pour ne pas dire de la guerre. Les événements de 79- 80, du 13 avril 2006 et du 2 février 2008 dignes d’un film de Western témoignent  les souffrances atroces qu’ont vécues les Tchadiens.

Ce peuple qu’a-t-il fait pour vivre dans un Etat de ni paix ni guerre ? Pourquoi se bat- on même ?

Dans l’histoire politique du Tchad, de Tombalbaye  à  Deby, des hommes se battent pour le  pouvoir non pour servir le peuple mais pour assouvir leur instinct mesquin. Tant des larmes et sangs se sont coulés et comme le commun de Tchadien est ignorant, il se laissera tué et dévoré par les charognards.

Devenue un moyen de survie, de promotion et d’ascension  politique, la guerre, la rébellion a perdu sa noblesse. Elle n’est qu’un combat du moulin contre le vent, une lutte vaine et meurtrière. Depuis 90, tout le monde  sait que celle – ci n’a rien de revendicatif, plutôt  est subjective à connotation ethnico- régionale.

Un constat. Pourquoi se sont les mêmes hommes qui se rebellent ? Quelle parodie ! Au fait, que sont devenus les ex- maquisards et  anciens politico- militaires qui ont regagné le bercail ?

A N’djaména, ils sont dans l’opulence et luxure ;  fini les promesses abracadabresques. Avec ses corollaires, la mort et le dérèglement,  cette guerre de rapine fait le beau jour des seigneurs de la guerre et bandits de la République. Parce que sous Deby, quand un individu en perte de repère se rebelle avec le sien. La guerre, le hochet de certains rapaces, a dénaturé  la Nation.

 Le peuple Tchadien, victime et proie, n’a fini encore de porter le deuil : des pères, des enfants raflés par les balles de l’ennemi qui est aussi un Tchadien.  Que tant des orphelins et veuves en une décennie. Le modus vivendi, c’est le pouvoir. Chacun veut être raïs pour diriger le Tchad.. Mais de quel Tchad qu’on peut gouverner en traumatisant et décimant sa population. A moins cela doit être la République de morts. 

Le comble lors d’une bataille, chacun revendique la victoire, surtout en dénombrant les morts de l’ennemi. Ceux –ci ne sont – ils pas des humains ou de nasses tiné (des créatures en argile) ?

Jamais On ne doit  se réjouir d’une mort même si elle est d’un ennemi ; combien de fois que celui – ci est un compatriote inconsciemment tombé. Que les Tchadiens sont des barbares et sanguinaires néanmoins rien ne justifie cette animosité dans leur nature. Point on ne peut avoir conscience même si c’est imprudemment qu’on a tué un chiot.

Que ce beau monde  faisant de la lutte armée son cheval de bataille comme option de  l’alternance admet qu’il commet un crime. Un crime auquel il doit se justifier pour avoir le pardon du peuple.  Au fait, un politique n’est celui qui a des mains sales mais est celui qui use  de la guerre des idées pour conquérir  le pouvoir par les urnes : «  la politique est une guerre sans effusion de sang, et la guerre est une politique avec effusion de sang » disait Mao. Mais ce précepte n’est connu  au bled. 

Dans un pays où la simplification et la diatribe, la délation et la mesquinerie tiennent lieu de question et d’investigation, le politique -  le pouvoir, l’opposition et les politico- militaires - est vomitif. En laissant s’installer dans tout son mental le soi, la politique avec un ego vide apparait comme l’ennemi de la République.  Cette attitude crée le manque de confiance plongeant ainsi tout un peuple dans le désespoir. Alors rien ne se fait sans calcul politicien.

La réconciliation. C’est le comportement qui nous manque du fait de notre animosité. Par ailleurs, jusqu’ à l’épreuve du contraire, le rabibochage des uns et autres n’est qu’une farce et  n’est synonyme de la paix au Tchad. Tant des rebelles et opposants exilés ont rebroussé chemin mais cela n’a empêché l’embrouillamini au Centre et à l’Est du pays.

Cette réconciliation ou ce retour à «  l’assiette au beurre » fait plus de mal au Citoyen. Certes la paix n’a pas de prix, laisse t- on entendre dans les labyrinthes de la Capitale pourtant qu’on le sache   nullement la réconciliation  n’est un négoce. Elle est plutôt rationnelle, objective, voire un acte patriotique. Alors personne  ne se jubilera du  retour de Goukouni, Soubiane, Yakhoub, Nahor et confrères même si  pris individuellement et politiquement cela a du poids.

 Vont – ils former une force commune démocratique pour parvenir à leur fin ? Wait and see comme en politique l’homme est loup et renard.

A tous ces rebelles et mercenaires d’hier, ce n’est avec Deby que vous vous réconciliez mais aussi avec le peuple. Alors il mérite un pardon. Avouez-le publiquement. Ailleurs on le fait mais pourquoi pas au Tchad.  

Sous d’autres cieux, en prélude du 50ème anniversaire de  l’ « indépendance », les idées illuminent les débats mais chez nous ce sont les canons qui tonnent comme si nous y étions  en 1963 (le début de l’imbroglio tchadien avec la jacquerie de Mangalmé).

Le Tchad, plutôt la vache à lait d’une classe, est victime d’une mafia ethnico- politicienne avec des hommes de paille hors paire.  Après 50 ans d’existence, le Tchad est à l’image d’un homme qui, après 50 ans d’existence n’a ni toit, ni amis et enfants.     

Le Tchad, le peuple pris par un gangstérisme politique  et malgré la précarité et la paupérisation qui le taraude et la guerre qui le lamine croit canoniquement à la paix. Pour lui, le pouvoir et les politico- militaires sont du même acabit. Donc à quoi bon de vouloir déshabiller Paul pour habiller Pierre.

Face à un pouvoir dont la super tricherie et le népotisme sont les règles d’or  mais  puissamment armé, la  capitulation de la rébellion n’est qu’une évidence. Les défections ou  scissions au sein des politico-militaires prédisent la fin imminente de la rébellion au Tchad. Dassert fut capturé et exposé comme butin de guerre. En fait, un front de moins.

Demain qui se fera arrêter ou regagnera le berceau ? 

Les eternels seigneurs du drame tchadien abandonnent la lutte pour un nouveau retour pour traire l’Etat et plonger davantage dans l’abîme le peuple. De cette mythomanie spécifiquement digne de nos «  libérateurs ou résistants » limite leur champ d’influence car maintenant plus d’un ne croit à eux.

L’alternance, le changement, la vertu cardinale chère à la rébellion, dont la Nation a besoin se trouve dans les Idées mais non dans la violence. Des Idées pour construire l’Etat et donner espoir à la jeunesse Tchadienne harassée et lassée par les interminables luttes viscérales.

Si, à présent la rébellion ou le banditisme de l’Etat n’a pas réussi c’est qu’elle présente les germes de sa mort. Elle n’est aussi exemptée de rien, de surcroit  le népotisme fait sa loi. Même pour le pouvoir, elle est un charivari, œuvre d’une classe, d’une génération en décadence.

Ainsi, se plonge le Tchad d’en bas dans la souffrance quotidienne jalonnée des embûches et sangs. Mutilée par une mafia ethnico- politicienne, la Nation ne se jouira guère de ses 50 ans.

  L’histoire de l’humanité est certes longue mais la construction d’un Etat, ce sont les actes et l’espoir du peuple mais elle n’est compatible avec le mensonge et l’asservissement. A priori, la destinée d’une Nation n’est l’œuvre d’un groupuscule avide qui depuis un demi-siècle a traumatisé les différentes nationalités Tchadiennes.