Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Au Tchad, Idriss Déby, malgré sa témérité, n’aurait jamais pu venir à bout de ses rebelles sans au moins les précieux renseignements de l’armée tricolore.

 

Nouveaux accords de défense franco-ivoirien :  Les apparences sont sauves, les intérêts aussi.

 

Pavement d’artère et embellissement de certaines places, accueil en fanfare à l’aéroport d’Orly, tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy, visite à l’hôtel de Ville, dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe du soldat inconnu à l’Arc de triomphe, dîner à l’Elysée...

 

Rien n’a été négligé par Paris pour cette première visite d’Etat de 3 jours (25-27 janvier) d’Alassane Ouattara en France. Une France qu’il connaît bien, y compris son président, qui a été son témoin de mariage. Les deux hommes se voient d’ailleurs de temps en temps soit dans la capitale française, soit à Mougins dans le Sud de la France, où ADO possède une résidence. Ils ont aussi en commun ce tropisme atlantiste...

Au final de ce séjour du n°1 ivoirien, qui devra accoucher d’un nouveau partenariat, figure un acte important : les deux chefs d’Etat revisitent les accords de défense franco-ivoiriens.

C’est connu, pour des raisons géostratégiques ou pour la "protection de ses ressortissants", les militaires français sont présents aux Comores, au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Tchad... avec lesquels des accords de défense les lient à l’Hexagone.

L’omerta bien sûr régit ce qu’on peut appeler l’un des derniers cordons ombilicaux entre l’ex-métropole et ces pays ; ce qui permet d’ailleurs à l’armée tricolore d’agir au gré des situations dans chaque pays et selon les intérêts français en jeu.

Aux Comores dans les années 90 après le mélodrame de "l’affreux" Bob Donard, tout retournera à la normale après bien des péripéties ; grâce aux soldats français.

Au Tchad, Idriss Déby, malgré sa témérité, n’aurait jamais pu venir à bout de ses rebelles sans au moins les précieux renseignements de l’armée tricolore.

Mais c’est surtout en Côte d’Ivoire que ce pacte sécuritaire a été mis à rude épreuve durant cette dernière décennie. Un petit inventaire à la Prévert des événements permet de mesurer la sensibilité de cette coopération militaire franco-ivoirienne que d’aucuns ont qualifiée de derniers spasmes du néocolonialisme :

• en décembre 1999, la gendarmerie et la garde républicaine, qui avaient pris fait et cause pour le président Henri Konan Bédié, auraient pu contenir la mutinerie du sergent IB et Cie afin de permettre aux 550 marsouins d’intervenir pour sauver le président "légitime", Bédié, il n’en a rien été. L’entrée en scène du Saint-cyrien ... Robert Guéi, qui avait de solides amis dans l’armée française, et la mésentente entre l’Elysée et Matignon à l’époque ont pu faciliter l’avènement du général père-Noël-balayeur. Néanmoins 300 légionnaires seront débarqués à Dakar, l’arme en bandoulière, pour une éventuelle évacuation de ressortissants français.

• Le 19 septembre 2002, ce sont encore des soldats français qui ont refoulé d’Abidjan les croquants venus du Nord pour renverser Gbagbo.

• Le 6 novembre 2004, c’est la Licorne qui a anéanti au sol l’aviation ivoirienne, par suite des bombardements du camp militaire français de Bouaké, qui ont causé la mort de 9 soldats.

 

• Enfin comment oublier que le Waterloo du 11 avril 2011 à Abidjan eut lieu grâce à l’armée française ?

Officiellement, l’accord de défense qui sera paraphé ce jour 26 janvier 2012 entre les 2 chefs suprêmes des armées française et ivoirienne stipule que le nombre de soldats, de 700, passera à 300. Quid des autres clauses ? Bien malin qui pourra y répondre.

 

Même si le nouveau texte sera rendu public, imagine-t-on les 2 pays dévoiler la totalité des dessous d’un domaine relevant du secret défense ? Dans une Côte d’Ivoire où sont présents des milliers de Français et de colossaux intérêts hexagonaux, il serait d’ailleurs politiquement incorrect pour la France et même dangereux pour ADO de dire aux soldats de faire leur paquetage.

 

Certes, avec leur cuirasse, Soro et ses Comzones sont présents, mais tout étant volatile en politique, ADO sait qu’il vaut mieux avoir deux fers au feu. A l’évidence, tout retoqués qu’ils pourraient être, les linéaments de ce nouveau draft ressembleront mutatis mutandis à l’ancien. Les apparences seront sauves, l’essentiel demeurera.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana — L’Observateur Paalga