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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad : La Voix victime d’un acharnement incompréhensible et injustifié.

 

Le titre de ministre, premier ministre, chef de l'état... ne sont que des niveaux d'hiérarchie. Tous sont censés servir le peuple Tchadien et doivent par conséquent rendre des comptes.  Il est donc normal, et c'est même un droit d'ailleurs, de questionner le bilan de l’actuel gouvernement puisque le gouvernement à l’obligation de rendre compte de sa gestion des biens publics. C'est un droit pour chaque citoyen de savoir comment sont gérés nos biens communs.

 

L'accusation contre le journal La voix, par le gouvernement de Youssouf Saleh Abbas, est équivalente à celle d'un homme cynique voulant tuer, sans raison, son chien en l'accusant de rage. De même que les langues commencent à se délier, nous commençons par saisir les vrais mobiles de l’acharnement du gouvernement de Youssouf Saleh Abbas contre le journal La Voix. 

 

La Voix est victime de la folie rancunière de l’actuel premier ministre Tchadien envers Haroun Kabadi. En effet, les analyses du journal étaient plus ou moins tolérées jusqu’à ce qu’un conseiller, sachant ce que voulait entendre Youssouf Saleh Abbas, chuchote au premier ministre que La Voix est financée par Haroun Kabadi et son réseau, et c'est la raison pour laquelle elle s'active fiévreusement pour faire libérer son financier.

 

C'est alors que Youssouf Saleh Abbas pique une colère noire, mobilise ses ministres et déclenche son brutal acharnement contre le journal et son directeur initialement expulsé du Tchad puis enlevé à son retour et aujourd’hui disparu.

 

Qu’on se dise la vérité. Ce n'est pas La voix le problème. Le vrai problème est ailleurs et connu de tous : la lutte contre la corruption initiée par le gouvernement de Youssouf Saleh Abbas est  une autre imposture des autorités très tôt démasquée. La faute revient à ceux qui ont improvisé ce dossier, dont la matérialité des faits sur le plan juridique n’a jamais été prouvée, pour régler des comptes politiques à l’intérieur d’un même parti politique.

Le dossier étant vide, tout ce qui vient à sa suite tombe dans le vide et l’arbitraire. Seriez-vous surpris si je vous dis que le principal accusé dans cette affaire, le fameux commerçant, a fait  livrer 4 conteneurs de livres commandés pour lesquels il est actuellement arrêté et que le gouvernement de Youssouf Saleh Abbas ferait têtes et pieds pour  que cette livraison passe incognito? Car, selon les termes de l’entente, c’est le gouvernement qui doit finalement 1 milliard de CFA au commerçant.  C’est dire que cette affaire du ministère de l’Éducation est une véritable bouillie dont on risque de ne jamais connaitre tous les ingrédients.   

 

Pour le commerçant, il ne s’agit que d’un contretemps dans la livraison de sa commande. La surfacturation sur son bon de commande serait un business parallèle des mafieux d’en haut dont il n’a rien à voir, mais il a la bouche cousue et il est derrière les barreaux en pire lieu : maison d’arrêt au Tchad.

 

La surprise ne finit pas là. Parmi les personnes arrêtées et qui ne sont jusque-là ni condamnées ni jugées par la justice, 8 ont été momentanément libérées le lundi dernier, 14 décembre 2009, par le juge d’instruction chargé du dossier. Avant que le ministre de la Justice, Jean Bawoyeu Aligué, ordonne leur réincarcération. Argument du ministre de la Justice : ils ne peuvent pas être libérés comme ça.

 

Le problème de « comme ça » du ministre est que certaines personnes accusées faussement  songeraient de porter plainte contre ceux qui les ont gratuitement accusés et fait arrêter. Si une telle initiative se déclenchait, elle pourrait ouvrir une nouvelle boite de pandore.  D'où les intimidations, détentions arbitraires, agitations et acharnement des autorités.

 

Lorsque l’homme se laisse envahir par la haine et la folie rancunière, son esprit délire. Un délire qui a poussé les autorités à initier des frais de 2500 CFA par visite pour rencontrer tout prisonnier. Nous avons demandé si ce frais est applicable sur tout le territoire Tchadien ? La réponse est non. C’est applicable uniquement à la maison d’arrêt de Ndjamena. Nous avons questionné sur la différence entre un prisonnier de Moundou et celui de Ndjamena qui justifierait les frais de 2500CFA.  Pas de réponse.

 

En vérité, c’est une injonction du premier ministre pour  décourager les visiteurs de Kabadi qui seraient nombreux aux yeux de Youssouf Saleh Abbas. Lesquels visiteurs dissiperaient l’effet de l’isolement et des brimades psychologiques de la prison.  Où est l’exagération à parler de délire rancunier ?

 

Nous demandons à Mr Youssouf Saleh Abbas de trouver d’autres terrains pour régler ses différends politiques, de respecter les règles du jeu politique et les droits. Car son initiative de facturer les Tchadiens visitant des prisonniers mal nourris et démunis nous semble être un prétexte pour affamer des pauvres gens que des familles apportent quotidiennement des tasses de bouillies. D'où ces familles sortiront 2500CFA par visite pour livrer une tasse de thé et de beignet à un parent détenu ?

 

Aux dernières, il semble heureusement que les gendarmes de la maison d’arrêt se sont opposés à cette tarification illégale préférant  récupérer eux-mêmes les 500fcfa des visiteurs qu'ils touchent déjà officieusement. Le gouvernement aurait reculé.

 

Comme vous pouvez le voir, nos autorités sont devenues instables et très imprévisibles. Nous devons nous mobiliser pour la sécurité du journaliste Innocent Ébodé enlevé et aussi pour soutenir massivement le journal La Voix et ses journalistes persécutés psychologiquement ou physiquement.

 

La Voix est victime d’une guerre politique arbitraire qu’elle n’a pas déclenchée et qui ne la concerne pas.

 

Joe Al Kongarena,

joe.alerte@gmail.com