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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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En tout cas le masque vient de tomber. Une seule inconnue demeure cependant, est-ce les tchadiens sont prêts à permettre que le pays retombe sur ses pieds ?

Venons en aux faits.

D’abord sur le plan politique :

Toute tentative d’émergence d’un parti politique de l’opposition politique ainsi que son renforcement sur l’échiquier national est énergiquement combattu par le pouvoir. Et ce, en utilisant toute sorte de procédés pour annihiler ses efforts de façon à le réduire presque à néant.

Le Parti pour les Libertés et la Démocratie (PLD) du disparu Ibn Oumar Mahamad Saleh, le Rassemblement pour le Progrès et la Démocratie (RPD) de Lol Mahamad Choua, le Front d’Action pour une République Fédérale (FARF) de Ngarledji Yorongar ; le Parti National pour la Démocratie et le Progrès (PNDP) de M. Saleh Kebzabo ; l’Union pour le Renouveau et la Démocratie (URD) du Général Wadal Abdelkader Kamougué, et l’Union pour la Démocratie et le Renouveau (UDR) de M. Jean Baowé Allingué, sont des exemples frappants pour tout tchadien qui s’intéresse à la vie politique de son pays. En effet, ces partis politiques qui nourrissaient au début de leur existence des ambitions nationales au point où certains d’entre eux avaient même rêvé d’être porteurs du flambeau du changement et donc à imposer l’alternance pacifique au Tchad, sont aujourd’hui réduits soit à leur toute petite expression soit à l’agonie. Ils cherchent leur salut auprès du parti au pouvoir à travers de formules genre fusion ou alliance qui les placeraient à la périphérie du pouvoir de qui on attend des miettes qu’il est censé concéder.

Ensuite sur le plan syndical.

Une atteinte grave vient d’être portée à la liberté syndicale. En effet, le conseil national pour le dialogue social (CNDS) qui vient d’être mis en place par le pouvoir n’est autre que chose qu’un instrument qui sert à caporaliser le syndicat tchadien.

Les syndicalistes tchadiens sont mis à l’épreuve. La moindre flexibilité de leur part sur ce terrain, serait exploitée par le pouvoir qui n’hésiterait pas a remettre en cause la pluralité syndicale et vider de sa substance le rôle premier du syndicat à savoir la défense des intérêts des travailleurs.

Le souhait inavoué du pouvoir est de faire joué le CNDS le rôle de tenir le syndicat en liesse. Le syndicat souhaité est celui qui applaudit et non qui conteste.

Enfin sur le plan économique.

L’amateurisme et l’improvisation qui caractérisent toute action du régime de Ndjamena ne sont pas étrangers aux souffrances des tchadiens surtout ceux appartenants aux couches vulnérables.

Les opérateurs économiques qui servent présentement de boucs émissaires pour le pouvoir, ont peut être une part de responsabilité dans la flambée des prix qui secoue la ménagère tchadienne, cependant les vraies causes sont plutôt à rechercher ailleurs.

En effet, aucun pays n’a été épargné par les méfaits de la crise qui a ébranlé le monde ce dernier temps et dont les séquelles continuent à faire baver les économies mal gérées. L’économie tchadienne à quelques nuances près entre dans ce cadre.

S’il faut ajouter à cet handicap les autres entraves qui empêchent une économie d’évoluer normalement, nous pouvons affirmer haut et fort que la flambée des prix au Tchad est à inscrire dans son contexte tant national qu’international.

Sur le plan national, il faut déplorer les barrières qui jonchent toutes les routes du pays, les raquettes de tout genre opérées contre les pauvres commerçants, les taxes surtout les taxes sur la valeur ajoutée (TVA) fixées et prélevées sans tenir compte de certains paramètres intégrant les préoccupation légitimes des consommateurs ainsi que celles des opérateurs économiques et la masse de monnaie que font circuler les nouveau riches pourfendeurs des richesses nationales, donnant une fausse impression de richesse du pays.

Sur le plan international. Le Tchad est loin de réaliser son autosuffisance alimentaire ; tout comme il n’est pas un pays industriel. En conséquence, le déficit alimentaire est comblé grâce à l’importation. Il en va de même pour les produits manufacturés. C’est pourquoi leur prix de vente doit tenir compte de cette donne.

Si l’on prend en compte toutes ces considérations, la cherté de la vie ne peut être combattue par l’invective envers les opérateurs économiques. Elle doit faire l’objet d’une sérieuse étude qui propose des solutions idoines permettant de surmonter l’obstacle. Dans une économie de marché le prix est fixé par l’offre et la demande. En cas de dérapage, l’Etat peut intervenir alternativement par :

 

-         l’augmentation du pouvoir d’achat ;

 

-         la subvention si celle-ci est justifiée ou

 

-         l’inondation du marché par le stock de sécurité de l’Etat pour casser les prix.

 

Par ailleurs, la sensibilisation des opérateurs économiques est nécessaire. Mais elle ne doit pas revêtir la forme de l’intimidation qui ne résout pas le fond du problème. Force est de constater malheureusement que le pouvoir a choisit la solution de la manière forte en brandissant l’houkas.

Alors, que faut il dire d’un régime qui cloue le bec aux politiques, met au pas le syndicat et régente le système économique ? Si ce n’est la démonstration du vrai visage de celui-ci. A savoir le totalitarisme parfait.

 

Fait le 03 décembre 2010

 

Dr. Ali Gaddaye