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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Inquiétudes pour la liberté de la presse au Tchad

Blaise Djimadoum, journaliste tchadien

Journaliste depuis 2005, Blaise Djimadoum constate que le pouvoir tchadien exerce de nouvelles pressions sur les journalistes

 

 « Depuis l’échec du coup d’État contre le président Idriss Déby, le 7 juin, le climat s’est durci entre les journalistes et le pouvoir en place »,  affirme Blaise Djimadoum, journaliste d’investigation à la radio FM Liberté, un média créé en 2000 par des associations tchadiennes de défense des droits de l’homme.

Formé au Bénin, cet homme de 37 ans a intégré cette radio au milieu des années 2000. « C’était déjà difficile. L’accès à l’information nous était fermé lorsque cela arrangeait le pouvoir. En octobre 2007, il m’a été impossible d’enquêter sur les Français de l’Arche de Zoé, accusés par N’Djamena d’avoir volé des enfants tchadiens » , se souvient-il.

Mais ce qu’il redoute le plus, ce sont les périodes de trouble. Comme en février 2008 : « Alors que N’Djamena était attaquée par des rebelles, les forces fidèles au président Déby en ont profité pour s’en prendre à nous. J’ai eu le temps de fuir au Cameroun. L’un de mes amis n’a pas eu cette chance : les soldats l’ont violemment tabassé. »  

 « Tout critique vis-à-vis du régime est perçue comme une menace pour la stabilité du pays »  

Aujourd’hui, Blaise Djimadoum s’attend à vivre une nouvelle période de troubles. « Comme au Mali, les mouvements rebelles ont aussi profité de la chute de Kadhafi pour s’équiper en armes de guerre et pour recevoir dans leurs rangs les mercenaires tchadiens. À cela s’ajoute un clan au pouvoir de plus en plus divisé, comme le montre la tentative de coup d’État du 7 juin, attribuée au propre neveu d’Idriss Déby. Dans ce contexte, toute critique vis-à-vis du régime est perçue comme une menace pour la stabilité du pays. »  

Ainsi, à la fin du mois de juin, le ministre de l’information et de la communication, Hassan Sylla Ben Bakari, n’a pas hésité à le convoquer avec tous ses collègues pour appeler « l’ensemble des acteurs de l’opinion publique à se ressaisir pour ne pas contraindre à recourir aux moyens juridiques légaux pour les ramener à la raison » … Le journaliste conclut : « L’étau se resserre mais cela ne nous découragera pas à marquer notre indépendance vis-à-vis du régime. »  

LAURENT LARCHER

Source: La - Croix.com