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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

agrandir forrumViolation graves des droits fondamentaux : Le ministre de droit de l’homme tchadien dément le rapport de « Freedom House »

 

Suite à la publication du rapport de l’ONG américaine Freedom House, dénonçant les violations graves des droits fondamentaux au Tchad, le  ministre  chargé des droits de l’homme et de la promotion des libertés Abderamane Djasnabaille réagit. Selon le ministre, « le rapport ne tient pas compte de l’actualité ».

 
La Voix : Une ONG américaine, dénommée Freedom House, a rendu public récemment un rapport dans lequel le Tchad fait parti de 17 pays les plus répressifs au monde. Quelle est votre réaction ?
Abderamane Djasnabaille : Je ne connais même pas cette  ONG, et je me demande si elle est venue un jour au Tchad. Dans la plus part des cas, ce sont des gens qui s’installent dans leur bureau, et rédigent des rapports à distance. Dans ces conditions, un rapport rendu public par
cette ONG ne peut être qu’un rapport fantaisiste et plaisantin.

Freedom House énumère notamment  des cas de violation graves des droits de l’homme, commis suite aux conflits armés que le Tchad a connu. Elle dénonce  également un système judiciaire incompétent.

Lorsqu’il ya conflit armé, il ya forcement violation des droits de l’homme, puisqu’en cette période, ce sont les armes qui circulent. A partir de ce moment là, les droits de l’homme ne pourront pas être respectés. C’est facile de le dire. Le cas des évènements de février 2008, et l’assaut rebelle  est un exemple tangible. Les dossiers y relatifs sont encore en justice. Les auteurs de ces violations sont toujours en train d’être recherché. S’agissant du système judiciaire,  il ne peut pas être incompétent. Quand on parle de système, c’est qu’on indexe toute une panoplie de personnes qui font fonctionner la justice. Le Tchad, et c’est connu de
tous regorge des professionnels de droits dont la compétence est reconnu même à l’étranger. Il ya même des avocats tchadiens qui plaident au niveau de la CPI (Cour Pénale Internationale). Il est vrai,  on peut remarque  qu’il ya des magistrats incompétent, mais nombreux sont au haut du pavé. Dire que le système judiciaire tchadien est incompétent. Les rédacteurs de ce rapport s’assimilent à des individus qui restent  dans  leur bureau et qui écrivent  des  thèses
de doctorat sans se rendre sur le terrain.  En   somme, la démarche de Freedom House est  une démarche qui n’est pas fondé.

Le rapport dénonce également l’enrôlement des enfants dans l’armée. Est-ce vrai ?
Ce problème a été réglé et une convention a même été signée avec l’UNICEF. Il s’est tenu la semaine dernière ici à N’Djaména, un symposium sur le sujet. Une preuve que le gouvernement  prend cette affaire très au sérieux. En plus, l’enrôlement des enfants est un phénomène régional. Ça ne touche pas uniquement le Tchad.  Ce rapport de Freedom  House ne tient pas compte de l’actualité. Il est écrit par rapport à un contexte donné.
Les libertés  d’expression sont bafouées au Tchad, avec l’entrée en vigueur de l’ordonnance 05, jugée liberticide par les journalistes Tchadiens. Freedom House n’a pas raison ?
Quand on regarde la presse tchadienne aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’elle est muselée. C’est vrai, il ya l’ordonnance 05 qui est dénoncé, y compris par le ministre des droits de l’homme que je suis, mais on ne peut pas dire que le gouvernement n’a rien fait. Le gouvernement a proposé deux projets de lois, qui ont été débattu  à l’Assemblée nationale. D’une manière démocratique, le projet  de loi sur l’Audiovisuel a été adopté, mais l’autre sur le régime de la Presse a été rejeté. Malgré ce rejet, le débat n’est pas fini. Les députés vont certainement revenir sur ce projet en seconde lecture. Le gouvernement a le droit de proposer, et le parlement a aussi le droit d’amender, et de l’enrichir. C’est un débat démocratique. En plus, il n’ya plus d’inquiétudes à se faire, puisque le président de l’assemblée nationale lui-même l’a dit, l’ordonnance 05 n’existe plus. Il  y aura un compromis dans l’intérêt du Tchad, mais aussi dans l’intérêt de la liberté de la presse.
 
Beaucoup pensent que le texte rejeté par les députés  est un couteau à double tranchant..
Le texte n’est pas encore adopté. Je ne peux pas me prononcer là-dessus. Il faut le revoir, certes. Mais les députés n’ont pas voulu le faire en procédure d’urgence. Ils  ont préféré avoir u n peu plus de temps avant de l’adopter. Nous voulons une presse libre, mais responsable. Il ya des gens qui écrivent de n’importe quoi sans même vérifier. Moi-même, j’ai été victime plusieurs fois. J’aurai pu ester en justice. Mais j’ai dis non, en tant que  ministre des droits de l’homme, je ne peux pas poursuivre un journaliste. Responsabilité et liberté de la Presse doivent aller de pair.
Dans le projet rejeté, l’offense au chef de l’Etat figurait en bonne place. Pensez-vous que ce débat peut avoir lieu au Tchad ?
 
Tout dépend de la responsabilité de chacun.  La fonction du chef de l’Etat n’est pas n’importe quelle fonction. Pourtant, en France, l’offense au chef de l’Etat a été abolie ? Même en France, il n’ya pas longtemps que  cette disposition a été abrogé. Le débat est en tout cas ouvert, et il est d’actualité au Tchad. La fonction de chef de l’Etat n’est pas n’importe  quelle
fonction. Imaginez vous qu’un chef d’Etat étranger, vienne au Tchad et se fasse agresser verbalement. Vous voulez que cet acte  passe en pure perte et profit ? Même lorsque votre ennemi vient chez vous, vous avez l’obligation de taire un  certain nombre de chose à son sujet.
 
Si ce sont des accusations gratuites, il normal que l’on réprime. S’agira t-il d’une sanction pécuniaire ou pénale ?
 
C’est une autre question. Le ministre que je suis, travaille dans ce sens de façon à ce que le journaliste soit libre au Tchad. Il faut arriver à sensibiliser les journalistes sur le fait que le chef de l’Etat n’est pas n’importe quel citoyen. Il est un citoyen exceptionnel. Il faut donc faire attention, lorsqu’on écrit  sur un chef d’Etat.
Et où en est-on avec  la question de la dépénalisation des délits de presse ?
 
On a inscrit ce débat lors du forum des droits de l’homme, d’Il ya quelques mois. Il faut aller doucement, même quand on a raison. Estain avait raison, mais comme il était pressé, on du lui  couper la tête. Même si le ministère  souhaite  la dépénalisation, il faut que cela se fasse avec le concours de tout le monde. Nous voulons aller  vers une dépénalisation maitrisée. Si on attaque la vie privée des gens, ils ont le droit de réagir. Les  citoyens doivent être protégés contre les dérives d’une presse irresponsable.
Freedom House  dans son rapport, indique qu’au moins 300 maisons ont été démolies, et leurs  propriétaires ne sont pas indemnisés. Quelle est votre réaction ?
C’est faux. Une radio  de la place, qui n’est pas réputé proche du pouvoir a  donné la parole à des victimes qui ont affirmé avoir été indemnisés, ne serait-ce qu’en partie. Nous voulons moderniser la ville. C’est une préoccupation nationale. Je me rappelle de Ouagadougou qui à l’époque ressemblait à une ville poubelle. Ils étaient obligés  de tout casser, et aujourd’hui Ouaga est à quel niveau ? Chez nous, même s’il faut faire la même chose, il faut tenir un certain nombre de paramètres : la pauvreté  des gens, le manque des moyens. Tout cela nécessite une réflexion. En tant que ministre, j’ai constaté qu’il ya une certaine précipitation dans l’action de démolir. C’est comme si dans six mois le Tchad doit être prêt à accueillir je
ne sais quoi. Il n’ya pas un horizon qui doit nous pousser à la précipitation. J’avais souhaité qu’on leur donne au moins une année. Il faut  prendre en compte le pouvoir d’achat des  tchadiens. Il y’en a qui ont leur histoire dans leur  maison, et on vient les démolir comme ça. On n’en a pas en tout cas décidé en conseil des ministres. En tant que ministre des droits de l’Homme, ça nous pose un sérieux problème. Je connais les tchadiens, comment ils vivent.

L’insécurité prend de l’ampleur à  N’Djaména, Quel est votre commentaire ?
C’est un problème  réel, qui malheureusement existe partout. A Paris, à NewYork. Tout cela repose sur l’épaule du gouvernement. Des décisions pertinentes sont prises. Je  crois  qu’au niveau du ministère de l’intérieur, les choses sont en train de se faire de façon  à empêcher que  les gens de tout bord viennent perturber la sécurité des gens. J’encourage   le ministère de l’intérieur  à traquer les malfrats de tout poil tout en évitant des dérives.

Interview réalisée par Eric Topona