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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

candidats.jpgNotre blog a été alerté, hier,  par un professeur tchadien qui dispense  de cours de français dans un Lycée à Moussoro.

 

Selon le contenu du message de l’enseignant, il a fait l’objet d’une menace de la part d’un parent d’élève qui serait militaire, venu lui demander d’accorder un traitement de faveur à son fils dont la note était médiocre.

 

Les craintes exprimées, ici,  par le professeur de français, posent ainsi la problématique classique liée aux diverses menaces dont est exposé quotidiennement le corps enseignant au Tchad depuis plusieurs années sans que des solutions appropriées et urgentes ne soient trouvées par les autorités en place pour assurer et garantir la sécurité des enseignants tchadiens, mal payés et mal équipés.

 

Connaissant notre pays, on ne peut nier les faits rapportés par le professeur du Lycée de Moussoro, tout simplement parce qu’au Tchad, depuis belle lurette la profession d’enseignant est complètement dévalorisée par des hommes en armes qui ont toujours  fait des violences, un moyen de terreur,  d’intimidations et de répression contre une société tchadienne docile.

Pour rappel, recensement, une amie tchadienne,  me faisait part que sa mère, enseignante d’arabe de son état dans un lycée à Ndjaména, a été menacée puis agressée par un élève aux encablures de leur domicile, ayant porté  plainte au commissariat du quartier contre l’élève en question, ce dernier  refuse de répondre à la convocation devant les autorités policières.

 

Cela s’appelle de l’arbitraire et de l’impunité qui minent  toute la nation tchadienne.

 

Comment peut-on donc comprendre que dans un pays les élèves et leurs parents soient plus puissants que les enseignants ?

 

Aujourd’hui, la baisse de niveau scolaire et académique décriée ardemment à tous les niveaux au Tchad, résulte finalement et indubitablement des ingérences et d’interventions multiformes des parents d’élèves militarisés qui  intimident, menacent ou tuent carrément des enseignants dont la noble mission assignée, est  la transmission de savoir aux enfants ;  relèves du pays et forces de l’avenir.

 

On ne cesse de le dire que l’éducation est la clé du développement d’un pays, or, au Tchad, le favoritisme et le passe-droit sont encouragés au plus haut niveau de l’Etat par des responsables politiques et administratifs qui détiennent les moyens militaires et armés pour régner en potentats despotes sur des citoyens réduits au silence.

 

Il faut souligner  également que si aujourd’hui, les étudiants et cadres tchadiens  éprouvent de réelles difficultés  au niveau oral et écrit dans leurs parcours, pour s’exprimer aisément c’est parce que la complaisance a eu droit sur le mérite et ce qui explique ces conséquences.

 

Recenment, un ancien ministre tchadien, qui est en phase d’ébauche de son livre, a été ridiculisé par un correcteur étranger qui lui a demandé en quelle langue les Tchadiens écrivent ?

 

Pour que le système éducatif devienne un outil de développement au Tchad, les autorités doivent accorder une attention particulière à la question  sécuritaire du corps enseignant et des violences armées dans les milieux scolaires et académiques, sans quoi, la situation ne connaîtra guère une amélioration notable.

 

L’avenir d’un pays dépend de la formation de base que va acquérir sa jeunesse, ce qui est un processus normal.

Makaila Nguebla