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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Soubiane1.jpgTchad : Les cadres du Mouvement National (MN) s’insurgent contre Hassaballah Soubiane.

Dix (10) mois après l’accord de paix signé à Tripoli entre le gouvernement de la République du Tchad et le Mouvement National (MN) (coalition du FSR, de l’UFDD-R et du MNR) avec à sa tête Hassaballah Soubiane, les choses ont du mal à se mettre en place. Cet accord a du plomb dans l’aile et son application est quasi gelée.

Selon nos recoupements qui s’appuient sur des sources sûres et proches du président du MN, Hassaballah Soubiane est tenu pour responsable de cet état de fait.

    Cet accord signé le 25 juillet 2009, sous l’égide du Guide de la grande révolution d’El-Fateh Muammar al-kadhafi, comporte une quinzaine de points. En sus du cessez-le-feu immédiat et la cessation des hostilités médiatiques, il y a la participation du mouvement signataire du présent accord à la gestion des affaires de l’Etat, de l’amnistie, de l’insertion des cadres civils et militaires. L’accord avait également prévu la mise sur pied de deux commissions mixtes politique et militaire (gouvernement/MN) devant veiller à son application. Et voire, l’autorisation de créer un parti.

     Selon, les proches de Hassaballah Soubiane, de retour à N’djaména trois mois après la signature de l’accord, le Président du MN a commencé à prendre ses distances et s’isoler de ses anciens compagnons de lutte. Un repli sur soi qu’ils ne comprennent pas. Petit à petit il a cessé tout rapport avec ses proches collaborateurs. Ses deux vices-présidents n’ont plus de contact avec lui. Même au téléphone, il devient injoignable. Hassaballah Soubiane a décidé de gérer en solitaire le mouvement. Par 3 fois qu’il a eu à rencontrer le Président de la République , il l’a fait seul à l’insu de ses proches collaborateurs. Aucun cadre du mouvement ne sait rien de ces entretiens avec le chef de l’Etat, les différents Premiers ministres et le médiateur national. Aucune réunion n’a été tenue depuis bientôt 10 mois. C’est l’opacité la plus totale au sein du MN.

      Aussi, Hassaballah ne cesse de dire à ceux qui veulent bien l’entendre, que c’est le gouvernement qui cherche à torpiller l’accord en bloquant les choses. Or ses anciens compagnons de lutte ne sont pas dupes que cela.

      Ils n’ignorent pas par exemple, que ce dernier aurait reçu du gouvernement une bagatelle de 900.000.000 FCFA. Ses proches s’interrogent toujours sur la destination qu’a prise cet argent, car ils n’en ont jamais vu la couleur. Son discours a fini par décourager la plupart des combattants qui ont attendu en vain leur intégration et leur insertion. 70% de ces combattants qui ont rallié le gouvernement sont aujourd’hui repartis dans le maquis. Les cadres qui devraient être intégrés, rongés par l’ennui ont repris le chemin de l’exil.

      Dans un dernier sursaut, les membres du MN soucieux de faire aboutir l’application de cet accord, ont mis sur pied un comité de suivi afin de chercher à voir clair dans cette supercherie.

       Aussi, de tels comportements des chefs de guerre et autres leaders des mouvements armés ne sont pas faits pour ramener une paix définitive dans le pays. Ils ne font que faire d’autres mécontents qui reprendront le chemin du maquis parce que déçus. A ce rythme, nous sommes loin de pouvoir endiguer le cycle infernal des va-et-vient des combattants.

                                                                                                                 Samory Ngaradoumbé

 

  Source : L’observateur n° 562 du 19 mai 2010