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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Problème : après avoir feint d’accepter ce modèle de gouvernance pétrolière venu du Nord, les autorités tchadiennes ont effectué un virage à 90° et, avec le consentement tacite des compagnies pétrolières et en jouant de la concurrence chinoise, ont démantelé aisément et méthodiquement ce projet modèle afin de contrôler complètement la gestion de la rente pétrolière.

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Dans de nombreux pays, le pétrole suscite des débats controversés sur son rôle de moteur de changements économiques, sociaux et géopolitiques. Depuis quelques années, les réflexions sur la question du pétrole ont démontré une corrélation négative entre son exploitation, le développement socioéconomique, la gouvernance et le regain des conflits dans les pays producteurs. La gestion de la rente pétrolière est souvent entachée d’opacité et se traduit par un enrichissement indu des élites dirigeantes alliées aux compagnies pétrolières. Le problème économique induit par l’exploitation pétrolière (théorisée sous le nom de « syndrome hollandais ») se double d’un problème politique : la création de l’Etat rentier, entité riche mais fragile du fait d’inégalités socioéconomiques et d’appétits financiers croissants. Seul pays à avoir conjuré la malédiction de l’or noir, la Norvège est devenue une référence et sa gouvernance pétrolière a été érigée en modèle à suivre pour concilier croissance économique et développement durable.

 

Ces réflexions sur la gouvernance négative de l’Etat rentier ont accompagné l’exploitation du pétrole tchadien commencée en 2003. Avec l’approbation du Tchad, un Etat qualifié de fragile, la communauté internationale a fait du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, les deux objectifs majeurs de l’exploitation du pétrole découvert au sud du pays. Pour atteindre ces objectifs, le Tchad, les deux plus grands pourvoyeurs d’aide au développement dans le monde (Banque mondiale et Union européenne) et les compagnies pétrolières ont édicté des règles strictes d’utilisation des revenus pétroliers. La Banque mondiale et l’Union européenne, principales cautions financières des investissements préalables à l’exploitation du pétrole découvert, ont été désignées pour encadrer la mise en œuvre et le respect de ces règles tandis que la société civile tchadienne devait avoir un droit de contrôle sur l’usage des revenus pétroliers. De manière apparemment consensuelle, les acteurs de l’exploitation du pétrole tchadien ont tenté de greffer le modèle norvégien dans ce pays du Sahel.

 

Problème : après avoir feint d’accepter ce modèle de gouvernance pétrolière venu du Nord, les autorités tchadiennes ont effectué un virage à 90° et, avec le consentement tacite des compagnies pétrolières et en jouant de la concurrence chinoise, ont démantelé aisément et méthodiquement ce projet modèle afin de contrôler complètement la gestion de la rente pétrolière.

 

Auteur d'article:Thierry Vircoulon