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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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La société civile lance la bataille pour la tête de la CENI

Depuis la promulgation le 7 août dernier de la loi portant création de la Commission Electorale Indépendante, la bataille pour prendre la tête de cette institution est lancée au niveau des acteurs de la société civile. La société civile qui tient à peser de tout son poids dans l’organisation des prochaines élections.

Le premier à se lancer pour la conquête du perchoir de la CENI est Massalbaye Tenebaye, ancien Président de la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme. L’homme fait assidûment la cour à ses anciens amis de la société civile mais jusque-là, il n’a reçu qu’un soutien timide. Beaucoup de leaders de la société civile « indépendante » reprochent à M. Tenebaye ses liaisons louches avec certaines pontes du régime. Et ces contacts en haut-lieu peuvent lui être utiles en ce moment crucial de son parcours.  L’article 3 de la loi portant création de la CENI lui est aussi favorable puisque les dispositions de cet article interdit aux leaders de la société civile de faire partie de la CENI. Et Massalbaye Tenebaye est aujourd’hui libre de tout engagement à la tête d’une organisation de la société civile et peut être considéré comme un candidat sérieux. Surtout qu’il a pris plusieurs semaines d’avance sur les autres « candidats »

Sur la liste des prétendants figurent aussi Mahamat Digadimbaye.  Ce jeune ambitieux, qui dirige la CASCIDHO, la société civile pro- IDI, a accepté à contre cœur qu’au CNDP(Cadre national de dialogue politique),  la place de la société civile( notamment celle des Associations de défense de droits de l’Homme) soit cédé  à Mahamat Bodingar, vice-président de l’ATPDH donc de la « vraie » société civile. Digadimbaye pense que son heure a sonné: il doit donc entrer à la CENI. Pour cela, Digadimbaye n’a pas lésiné sur les moyens, en bousculant tout le monde jusqu’au Premier ministre et même au Palais rose. Cependant, la loi sur la CENI a jeté une douche froide sur la tête du Président de la CASCIDHO car elle exclut justement les leaders de la société civile de la CENI et Digadimbaye en  est évidemment un.  Mais l’homme ne décolère pas pensant que sa chance d’entrer à la CENI est intacte et surtout celle de prendre la tête de cette institution « faiseuse » de rois.  Pourtant il ne perd pas espoir et il pense que son entregent dans la haute sphère de ce pays lui sera utile.

Un autre probable Président de la CENI est Michael Didama, Directeur du journal Le Temps. Selon plusieurs indiscrétions, l’homme a été approché par plusieurs leaders de la « vraie » société civile qui estime que le sérieux et la notoriété établis de ce quadragénaire peut faire de lui un bon Président de la CENI. Ayant bâti le record d’emprisonnement des journalistes sous IDI et même d’intimidations diverses( son domicile a été attaqué à la roquette en novembre 2007), l’homme a le suffrage d’une importante partie de la société civile qui trouve qu’il a le courage nécessaire pour résister aux pressions du camp présidentiel. Du côté de la mouvance présidentielle, on estime aussi qu’enfermer Didama à la CENI sera la meilleure façon de boucler la gueule de cette grande gueule de la presse tchadienne et surtout une occasion en or pour faire péricliter son journal Le Temps. Mais les dispositions de l’article 3 de la loi sur la CENI réduisent les chances pourtant réelles de Michael Didama car il est Président en exercice d’une organisation sous-régionale des Editeurs de presse  et Président en fin de mandat de l’Association des Editeurs de la presse privée du Tchad(AEPT).

Devant ces dispositions, la société civile a mis dans ses calculs un candidat de rechange, M. Jean-Pierre Madjibaye Hortessa, ancien Président du Forum de la Jeunesse tchadienne(FOJET) et surtout fils de Hortessa du Tchad, une reference du micro en langue Sara. Madjibaye travaille aujourd’hui pour le PNUD après un passage par l’Union européenne.  Ce sociologue affable, quadragénaire lui aussi, n’a pas la notoriété de Michael Didama, mais il bénéficie aussi d’une bonne réputation. N’ayant comme Massalbaye aucune responsabilité connue dans une association de la place, il remplit les conditions de l’article 3 de la loi sur la CENI du 7 août 2013. Beaucoup d’organisations de la société civile pensent que ses chances sont réelles.

Un autre candidat qui lorgne la tête de la CENI est M. Charfadine, Président du Conseil national consultatif de la jeunesse, neveu du Président IDI. Bourré de frics comme la plupart des membres du clan, ambitieux mais analphabète, ce jeunot a démontré que son analphabétisme n’a jamais été un frein à son ambition dévorante. La preuve, il a raflé haut la main la tête du Conseil national consultatif de la jeunesse lors d’une campagne électorale épique, digne des campagnes américaines. Une campagne menée par une machine, l’AJURND, une association dont le véritable patron dans l’ombre est Zakaria Deby Itno dont Charfadine fut un des gardes de corps. N’Djamena a été inondé des portraits de ce Charfadine, en dehors des moyens colossaux qu’il a dépensé pour soudoyer l’ensemble des délégués venus de quatre coins du Tchad. Même si Charfadine échoue dans sa tentative de faire main basse sur la CENI, il pèsera sûrement sur les choix des représentants de la société civile.

Ce ne sont la que quelques candidats avérés ou probables pour la tête de la CENI. Mais les consultations continuent et des surprises ne sont pas à exclure. Et comme à son accoutumée, IDI a fait infiltrer la société civile pour mieux la suivre et récupérer la situation, à son avantage.

 

Correspondant du blog de makaila