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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

NADJI%20MADOU

Maître NADJI MADOU

Président du parti ASRI

Tél : 66 27 21 93

 

A

Monsieur le Ministre de la Sécurité Publique

 

Objet : Traitements humiliants et dégradants infligés à ma

              personne par des policiers au CA3 le 09 octobre 2011

 

Monsieur le Ministre,

Dans la matinée du  09 août 2011, je suis sorti de chez moi pour me rendre au siège de mon parti vers 08h30. Arrivé au siège, j’ai constaté que mon bureau était fermé. J’ai donc tenté d’appeler mon permanencier mais c’est sa copine qui a décroché le téléphone. Elle m’informe que YARGAYE DOGONE NGARKOB est arrêté par la police très tôt à domicile. Je lui ai demandé où on l’a amené mais elle me dit qu’elle ne connait pas. Quelques minutes après, YARGAYE m’appelle pour me dire qu’il est au CA3. Je suis arrivé au Commissariat.

Au niveau du poste, il y avait plusieurs personnes donc pas de places assises. J’ai demandé  à un agent si je peux m’asseoir au bout de la table : il m’a répondu « allez-y ». C’est alors que je me suis adressé au Chef de poste pour savoir si YARGAYE était bel et bien arrêté ici et quel en  était le motif. Le Chef de poste a vérifié dans la « Main courante » mais il n’a pas retrouvé les traces de l’enregistrement concernant YARGAYE. Il me dit d’attendre un peu. Entretemps, le Commissaire titulaire était arrivé et m’a demandé si je voulais le voir dans son bureau. J’ai dit non, je voulais juste vérifier les motifs d’arrestation de mon permanencier. Il est allé dans son bureau.

A ma grande surprise, un autre policier est arrivé à mon niveau et dit : « Tu es qui pour demander les étudiants arrêtés ? ». Je lui ai répondu : « il ne s’agit pas d’un étudiant mais de mon permanencier qui  a fini ses études à l’Université de Moundou depuis presque quatre ans et qui est chez moi en attendant son intégration ». Il me dit : « Sort de ce bureau. Nous avons une mission contre les étudiants sudistes rebelles ». Il me bouscule dehors et demande qu’on m’enferme. Quand six policiers se sont jetés sur moi pour m’amener vers les cellules de garde à vue, je leur ai fait savoir que c’est inutile de me saisir comme un bandit en me retirant de leurs mains. Un d’entre eux me dit : « sudiste saoulard ». Je me suis retourné pour le voir et immédiatement, un autre (commandant 1er Adjoint) m’a pulvérisé trois fois  le gaz défensif à l’œil gauche et quand mon chauffeur veut s’interposer entre lui et moi, il l’a aussi pulvérisé.

Ils m’ont conduit vers la cellule et quand ils veulent me faire entrer, le Commissaire est venu leur demander de me garder dehors. C’est alors que très fâché par rapport à ce traitement, j’ai appelé les journalistes et même deux fois le Ministre de la Communication qui me dit qu’il dépêche une équipe (qui n’est jamais arrivée !). La FM Liberté est arrivée mais elle a été éconduite devant la porte.

Quelques minutes après, le Directeur de la Sécurité Publique est arrivé. Il m’a demandé de venir avec lui au bureau du commissaire et j’ai refusé en lui disant qu’ils m’ont arrêté injustement et m’ont pulvérisé le gaz donc je voudrais qu’on m’explique pourquoi on me traite ainsi. J’ai aussi expliqué au DSP l’écart de langage des policiers quand ils parlent de SUDISTE SAOULARD ou d’ETUDIANTS SUDISTES REBELLES. Le DSP est allé prendre des informations et il est revenu me voir pour me dire que je ne suis pas arrêté et que je peux partir sans problème. Je lui ai dit « merci » et je suis allé monter dans mon véhicule.

 Entretemps, une V8 noire fumée avec l’immatriculation de la police fait son entrée. Arrivés devant la porte, les policiers nous font signe que nous sommes appelés par derrière. Le temps de s’arrêter, quelqu’un ouvre la portière du côté chauffeur et lance « espèce de délinquant » à l’égard du chauffeur qui est tiré de force du véhicule. S’adressant à moi, la même personne me dit « Voyou, qu’est-ce que tu peux faire ? Enfermez-le ». J’ai été conduit dans le bureau du commissaire. J’ai demandé au commissaire l’identité de la personne et il me fait savoir qu’il s’agit du DG de la Police et j’ai demandé pourquoi je dois être arrêté alors que le DSP m’a demandé de partir ? Pas de réponse.

Du bureau du Commissaire, j’ai été conduit dans une cellule puis deux minutes après, on m’a fait sortir pour m’amener dans le bureau du Commandant 1er Adjoint qui m’a pulvérisé de gaz. Une très longue réunion s’est déroulée autour du DG.

C’est après qu’un OPJ est venu pour m’auditionner sur PV régulier. Je lui ai demandé qui a déposé une plainte contre moi et pour quelle cause ? Il me répond « outrage aux forces de l’ordre et ivresse publique manifeste ». Je lui ai répondu : « comme le DG de la police entre et que je sors donc j’ai outragé l’autorité ; comme je suis sudiste et que je réclame mon droit à haute voix  donc je suis saoulé ». Je lui ai dis que je ne reconnais pas les faits et que je n’ai rien à dire et qu’il pose la question au plaignant.

Un autre fait insolite est qu’on me fait venir un médecin (commis par quelle réquisition) et on lui demande de prélever mon sang pour aller vérifier si je n’étais pas saoulé. Le médecin lui-même était tellement surpris qu’il a demandé de partir. Un instant après, on me dit de suivre le médecin à l’hôpital si je ne veux pas qu’on me prélève le sang à la police. Puis l’instant d’après, ce sont les policiers de la DPJ qui sont venus me conduire pour m’auditionner à nouveau sur PV régulier puis ils sont revenus au CA3 auditionner les policiers. C’est à 18h00 que j’ai été « libéré » pour revenir aujourd’hui (le 10 octobre).

A ma grande surprise, j’entends sur les ondes de la RNT au Journal Parlé de 20h30 que j’ai été manifestement saoulé et j’ai agressé les policiers, que je suis monté sur une table et que la table est cassée,…

Mais les questions que je suis endroit de me poser sont celles-ci ?

-          Comment peut-on imaginer que je puisse être saoulé à 8h30 alors que je venais pour mon bureau ? Acceptons que je sois saoulé, pourquoi la police a-t-elle refusé de faire venir les journalistes pour constater de visu mon état d’ébriété de manière contradictoire ?

-          Avais-je opposé quelle résistance quand six policiers me conduisaient à la cellule pour mériter d’être pulvérisé à trois reprises ? Et pourquoi mon chauffeur ?

-          Est-ce qu’une police sérieuse avait-elle besoin, alors même que la procédure est pendante, d’aller faire des déclarations diffamatoires à l’égard d’un homme politique de mon rang ? Pour qui travaille-t-elle et avec quelle visée ?

-          Croyez-vous que nous sommes vraiment devant une police responsable quand des agents ne permettent de coller des étiquettes à des groupes de personnes (Sudiste saoulard, étudiants sudistes rebelles) ? Et si je venais à la Radio exposer de telles déclarations ?

Monsieur le Ministre,

Voici donc avec exactitude ce que j’ai vécu et enduré de la part de certains de nos policiers supposés respecter les droits des citoyens.

Je sais que la police est au dessus de la loi et je ne peux rien  contre elle puisqu’elle est spécialisée dans les montages quand il s’agit de protéger les policiers mais je tiens à vous donner ces détails pour éviter toutes spéculations et des interprétations tendancieuses dont font montre des Tchadiens.

Pour ce qui est de la diffamation du commissaire 1er Adjoint à la RNT, je crois qu’en tant que Chef de Parti, je ne peux pas aller me rabaisser en lui répondant surtout que là, je serais conduit à reprendre des propos divisionnistes lancés par des policiers. Je vais simplement étudier la possibilité d’une procédure judiciaire avec mon avocat.

Vous souhaitant bonne réception, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, mes considérations distinguées.

 

Copie pour info

-          Cabinet du Premier Ministre