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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

ceni

COORDINATION DES PARTIS POLITIQUES POUR LA DEFENSE DE LA CONSTITUTION

                                                (CPDC)

 

     POINT DE PRESSE RELATIVES AUX ELECTIONS LEGISLATIVES 2011

                                      Présenté par Salibou GARBA, Rapporteur                               

 

La date du scrutin législatif 2011 est fixée au 13 février, et la campagne prend fin le 11 février, soit demain à minuit.

A quelques heures donc de ce scrutin que toute la nation tchadienne ainsi que l’ensemble de la communauté internationale voudraient transparente, exemplaire et incontestable, les partis politiques membres de la CPDC ont tenu ce jour une Plénière au cours  de laquelle ils ont fait un premier bilan de l’organisation de ces législatives. Il ressort  de ce bilan plusieurs ratées de taille, entre autres :

 

1-   La distribution des cartes d’électeurs

Non seulement elle est pour le moins tardive, sans information préalable des électeurs des endroits où elles sont disponibles,  la distribution des cartes d’électeur se fait de façon anarchique :

-      Elles sont disposées parfois à même le sol, parfois étalées sur des nattes et l’électeur potentiel est appelé à fouiller pour trouver sa carte;

 

-      Elles sont délivrées sans vérification d’identité ;

 

-      Plusieurs cartes sont imprimées doublement (321 doublons à Madjioro, au 1er arrondissement de Ndjamena par exemple) ;

 

-      Quantité de cartes non vierges (c’est-à-dire non attribuées) sont  envoyées dans de nombreuses localités, donnant lieu à des remplissages manuels, à la demande, sans vérification ;

 

-      Les récépissés ne sont pas systématiquement retirés après délivrance des cartes ;

 

-      Dans de nombreuses localités les cartes ont été envoyées en nombre insuffisant

 

 

2-   Les listes d’électeurs

Plusieurs cas ont été relevés :

-      Non concordance entre le nombre d’électeurs des listes et le nombre d’électeurs recensés, avec une réduction du nombre par rapport aux électeurs recensés ;

 

-      Mauvaise affectation des listes dans les localités ; certaines listes du Logone se sont retrouvées au Kanem ;

 

-      Non affichage des listes d’électeurs devant les Bureaux de vote dans les délais prescrits par la loi ; à 3 jours de scrutins, peu de listes ont été affichées, alors qu’elles devraient l’être 7 jours avant le jour du scrutin ;

 

-      Les listes d’émargement ne sont pas disponibles et ne sont par parvenues aux démembrements de la CENI

 

3-   Les listes des Bureaux de vote

Le Code électoral, en son article 38 alinéa 2 stipule : « La liste complète des Bureaux de vote est arrêtée par la CENl et publiée par décret trente (30) jours francs avant le scrutin.les listes des bureaux de vote »

 

A ce jour, cette liste n’est pas accessible aux partis politiques afin qu’ils puissent convenablement désigner leurs délégués.

 

De plus, leur nombre n’est pas conforme au nombre annoncé par le décret 044/PR/PM/2011 du 14 janvier 2011. Par exemple, au Lac, on dénombre 594 bureaux de vote, au lieu de 576 identifiés par les démembrements de la CENI ; au Logone occidental, dans la circonscription du Lac Wey, on dénombre sur la liste du BPE 473 bureaux de vote, au lieu 419 indiqués dans le décret.

 

 

4-   Le vote des nomades

Le Code électoral, en son article  64, alinéa 2 stipule que : « Pour les consultations I6gislatives et locales, ils votent dans leurs circonscriptions électorales d'origine et/ou dans les Bureaux de vote itinérants, préalablement définis par la CENI. »

 

Il se trouve qu’aucune disposition n’est prise à cet effet. A telle enseigne que de nombreux nomades s’apprêtent à voter dans les Bureaux de vote de leurs lieux de stationnement passager.

 

 

5-   Le non respect du Code de Bonne conduite

Il a été relevé dans l’ensemble du territoire le non respect, par le parti au pouvoir et les autorités administratives civiles et militaires, du Code de bonne conduite.

Ainsi, les mairies sont utilisées comme bastions de campagne des candidats du MPS ; les moyens des municipalités (véhicules et divers équipements) mis à leur disposition, souvent au grand jour : Moundou, Massaguet, Dagana, Guélendeng, Bongor, 3ème arrondissement de N’Djamena, etc.

 

De nombreux gouverneurs (Mayo-Kebbi Ouest, Logone occidental notamment) battent campagne pour les listes MPS, demandent à leurs collaborateurs (sultans, chefs de cantons) de mobiliser les populations pour les accueils et les meetings de campagne des candidats MPS.

Au 1er arrondissement de N’Djamena, Nokou, à Haraze Al Biar, des collaborateurs directs du Président de la République, les responsables de l’Armée et des Douanes font le porte-à-porte pour menacer les électeurs qui s’aviseraient à ne pas voter pour les candidats MPS.

 

6-   La non assistance de l’Etat aux partis politiques en compétition

Alors qu’en application de l’Accord politique du 13 août 2007, il a été prévu que le Gouvernement octroi des subventions aux partis politiques pendant la période pré-électorale et aux partis politiques engagés dans les élections, 42 partis politiques ont été supprimés de la liste des partis politiques qui ont  bénéficié de la subvention forfaitaire allouée.

Quant à l’assistance aux partis politiques engagés dans la compétition, rien n’est entrepris afin de leur permettre, ne serait-ce que d’assurer la formation de leurs délégués dans les Bureaux de vote.

Conclusion : De tout ce qui précède, les partis politiques membres de la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution, réunis en Plénière ce jour jeudi 10 février 2011 expriment de très sérieuses réserves sur l’organisation en cours des législatives du dimanche 13 février 2011.

Aux difficultés pratiques, se surajoute la non observation de nombreuses dispositions du Code électoral, notamment les délais des différentes opérations.

La CPDC demande instamment à la CENI de prendre toutes les dispositions afin de corriger ces ratés pour nous mettre à l’abri d’une pagaille annoncée, source de contestation des résultats du scrutin.

 

                                       Fait à N’Djamena, le 10 février 2011

 

 

 

Le Porte parole de la CPDC, IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH, enlevé à son domicile le 03 février 2008 par des éléments de la Sécurité Présidentielle, reste jusqu’à ce jour introuvable