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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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COORDINATION DES PARTIS POLITIQUES POUR LA DEFENSE DE LA CONSTITUTION

                                                (CPDC)

Conférence de presse portant sur la mise en place du nouveau cadre de dialogue politique : Déclaration liminaire

                          Présenté par Salibou GARBA, Rapporteur

Mesdames et Messieurs les Représentants des organes de presse nationaux,

Chers amis et invités,

Merci de la promptitude avec laquelle vous avez répondu à notre invitation.

Comme vous le savez, le mandat du Comité de Suivi et d’Appui de l’Accord politique du 13 août 2007 devait prendre fin avec la série d’élections qui s’est achevée par les élections municipales partielles d’avril 2012. Ce mandat a été prorogé par le décret 826/PR/2011 du 09 août 2011, afin de lui permettre de travailler à la mise en place d’un cadre permanent de dialogue politique qui le relaierait dans le processus de consolidation de notre démocratie balbutiante. Le calendrier indicatif du Comité a fixé cette échéance au mois de juin 2012.

Nous sommes fin novembre 2012, et rien n’indique que nous sommes au bout de nos peines. Vous vous rappelez que le Président de la République, lors de l’interview qu’il a accordée à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays, a parlé des blocages et des orientations qu’il aurait données pour en sortir.

Devant les manœuvres des représentants de la majorité présidentielle au sein du Comité de Suivi et d’Appui, la CPDC, qui a la lourde charge de représenter l’opposition, a décidé d’arrêter sa participation aux travaux du Comité, jusqu’à ce qu’elle ait des manifestations concrètes de la volonté politique du parti au pouvoir de mettre en place un véritable cadre en vue d’un dialogue constructif. Cette décision a été portée à la connaissance des partenaires de la communauté internationale qui ont parrainé et soutenu l’Accord du 13 août 2007 depuis ses origines. Nous estimons nécessaire de vous en informer, et à travers vous toute  l’opinion.

Rappelons qu’avant d’entamer les réflexions sur le cadre en question, le Comité de Suivi et d’Appui avait évalué l’organisation des élections législatives (Mémorandum du 04 mars 2011) et l’ensemble du processus en juillet 2011 (Accord politique du 13 août 2007 : Bilan et Perspectives du 26 juillet 2011).

Ayant eu le mandat de compléter ce bilan avec la définition des suites de l’Accord politique du 13 août 2007 en proposant la structure et la feuille de route, les deux derniers Bureaux qui se sont succédés (celui dirigé par le Président Abderaman DJASNABAILLE de la mouvance présidentielle, puis celui dirigé par Ali GOLHOR de l’opposition démocratique), ont entrepris d’élaborer un avant projet de Convention qui, après son adoption par la Plénière du Comité, devait être soumis aux observations, commentaires et amendements de l’ensemble de la classe politique. Des assises de validation, devant permettre non seulement aux acteurs politiques mais aussi aux institutions de l’Etat de s’approprier les tenants et aboutissants des orientations de ladite Convention,  étaient en effet envisagées. Mais voilà que nous avons dû faire face à plusieurs couacs.

1er couac : Alors que le second Bureau était entrain de finaliser le texte de la Convention, les représentants de la majorité ont déserté les réunions ; quand on les approchait, ils répondaient par des faux fuyants et disaient parfois que l’essentiel était déjà fait.

2ème couac : Malgré le faux bond des représentants de la majorité, le draft a été présenté à la réunion des Dix (les 5 représentants de la majorité et les 5 représentants de l’opposition). C’est en ce moment que le représentant du MPS sortit de son chapeau une contre proposition en deux documents (une Convention d’une page et demie et un projet de décret portant création d’un cadre de concertation) engageant tous les représentants de la majorité ; ainsi, tous les membres de la majorité, qui ont pourtant contribué à la construction de la première approche de la Convention, se sont désolidarisés de leurs collègues du Bureau. Dès lors, toutes les tentatives de rapprochement ont été infructueuses, le Représentant du MPS ayant même déclaré qu’il était inutile de rencontrer l’opposition à ce sujet.

Certains ont tenté d’expliquer la rétractation des représentants de la mouvance présidentielle par les séances de travail (au moins 3) qu’ils ont eues avec le Président de la République, par ailleurs garant de la bonne exécution de l’Accord (séances de travail tenues sans les représentants de l’opposition).

A la demande des partenaires de la communauté internationale, après l’interview du Président de la République évoquée plus haut, une Plénière du Comité s’est tenue le 24 août dernier et a décidé de la mise en place d’un Comité de rédaction dont la mission était l’élaboration d’un document consensuel unique, en se basant sur les bilans antérieurs, celui du 26 juillet 2011 en particulier, et sur les déclarations du Président de la République et en puisant des éléments positifs dans les documents produits par la mouvance et présidentielle et l’opposition. Le Comité de rédaction devait déposer le document demandé au plus tard le 20 septembre.

3ème couac : Il a fallu l’insistance de l’opposition pour obtenir la réunion de ce Comité de rédaction, le 12 septembre, soit 18 jours après sa mise en place. Cette réunion a enfin permis de débattre du contenu et de la structure du document à produire ; après de riches échanges parfois détaillés, les rédacteurs se sont engagés à se retrouver le lendemain, c’est-à-dire le 13 septembre, pour adopter formellement le plan de rédaction de la Convention. A l’heure du rendez-vous, point de représentants de la majorité ; quelques jours tard, les représentants de l’opposition proposent un plan de rédaction synthétisant les résultats de la réunion du 12 septembre et le remettent aux représentants de la majorité.

4ème couac : Les représentants de la mouvance présidentielle se sont mis aux abonnés absents jusqu’au 13 novembre, soit deux mois et un jour d’immersion, ayant appris la demande d’une nouvelle Plénière par les partenaires de la communauté internationale pour évaluer l’exécution de la décision du 24 août.

5ème couac : A la rencontre du 13 novembre, il a été demandé si le plan de rédaction proposé par l’opposition à la mi-septembre traduisait bien les conclusions de la séance du 12 septembre. Les représentants de la majorité ayant répondu par l’affirmative, un membre de chaque camp fut désigné pour meubler ce plan et proposer un draft consensuel sous 72 heures. Patatras !nouvelle dérobade du représentant du MPS qui ne s’est pas présenté aux rendez-vous fixés ; encore une fois, les représentants de l’opposition proposèrent un draft d’avant-projet de la Convention conformément au plan agréé par les deux parties.

6ème couac : Cinq jours après la date convenue du rendez-vous, le représentant du MPS réapparut avec trois textes au lieu d’un : une Déclaration d’une page et demie tenant lieu de Convention, un projet de décret portant création du cadre de dialogue et un plan d’action sur un quart de page. Cette démarche était inadmissible car elle s’est écartée de celle acceptée par les deux parties de rédiger un projet de Convention unique suivant le plan adopté ; de plus, le contenu des textes était en retrait par rapport à la propre proposition de la majorité faite en juillet. En fait, le cadre proposé signifie tout simplement la mise en place du dialogue de juin-juillet 2006 récusé en son temps.

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Devant la répétition délibérée des comportements qui traduisent le mépris que la mouvance présidentielle nourrit vis-à-vis de la classe politique et le manque de considération vis-à-vis de nos partenaires de la communauté internationale, la CPDC a donc décidé d’arrêter la participation de ses membres à cette mascarade, à ce jeu de mauvais goût.

Elle attend de la part du Président de la République des gages concrets de sérieux de son engagement à poursuivre un dialogue constructif, dans un cadre paritaire pour chercher des solutions consensuelles aux nombreux défis qui se posent au pays. Vous vous rappelez qu’elle lui a adressé un Mémorandum sur l’état du Tchad, soulignant la mal gouvernance qui sévit. Elle attend des réponses et initiatives claires et positives aux problèmes posés.

En effet, comment parler de volonté politique en vue d’un dialogue constructif quand :

1-    Le gouvernement ne met pas en œuvre le statut de l’opposition qui aurait pu permettre une plus grande lisibilité dans les rangs de celle-ci ?

 

2-    Le gouvernement persiste dans son refus de respecter les engagements qu’il a librement pris vis-à-vis des travailleurs et de prendre en compte les demandes de ceux-ci visant à ramener la sérénité dans l’entame des discussions sur les revendications de fond ?

 

3-    Le gouvernement ne tolère pas la critique de ses actes, n’accepte pas que les citoyens utilisent les moyens d’expression démocratiques, notamment les pétitions ?

 

4-    Le gouvernement intimide, menace, persécute et jette en prison responsables politiques, syndicalistes, journalistes et défenseurs des droits de l’homme ?

 

5-    Le gouvernement s’engage dans la modification, sans consultation des corporations concernées, de la loi sur le régime de la presse, pour y inclure des clauses draconiennes pour empêcher aux organes privés la poursuite de leurs activités, des clauses liberticides et relatives aux crimes de lèse majesté ?

 

6-    Le gouvernement s’obstine à octroyer à des personnes privées des monopoles dans des secteurs réputés juteux et dans des secteurs sensibles pouvant comporter des risques pour la sécurité des citoyens ?

C’est à la lumière des réponses à ces questions que la CPDC appréciera la volonté politique du pouvoir de mettre en place un cadre de véritable dialogue entre acteurs politiques et sociaux. Elle ne saurait se satisfaire des effets d’annonce. Elle ne saurait se satisfaire d’un cadre de dialogue qui ne serait qu’une chambre d’applaudissement des initiatives, même scabreuses et dangereuses du pouvoir. Elle refuse de servir de faire-valoir.

Le Tchad doit faire des efforts pour s’éloigner du Gondwanisme

                               Je vous remercie.