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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

  

Par Talha Mahamat Allim

Genève, Suisse

 

 

A travers diverses analyses, nous avons mis en évidence un certain nombre de dysfonctionnements dans certaines ambassades du Tchad, notamment celle de Genève. Pour contribuer à la correction de ces dysfonctionnements, nous avons en même temps formulé des recommandations pouvant aider le ministère tchadien des affaires étrangères à l’amélioration du fonctionnement et de la gestion de nos représentations diplomatiques aussi bien sur le plan des ressources humaines, financières et matérielles que celui du respect des règles élémentaires de l’administration et d’une perspective diplomatique plus bénéfique pour le Tchad.

 

Les communications et les rapports issus des expériences vécues par de nombreux diplomates ont révélé ou confirmé des insuffisances et des irrégularités notoires dans la gestion de ces ambassades. 

 

En principe, l’inspection générale du ministère des affaires étrangères du Tchad devrait avoir relevé ces manquements et apporté des solutions. En effet, cette inspection est chargée entre autres des missions de contrôle et d’évaluation au sein du ministère des affaires étrangères et dans nos ambassades et consulats à l’extérieur, de veiller à  leur bonne gestion et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des diplomates. Elle est aussi chargée de contribuer à la réhabilitation, l’achat ou la construction des bâtiments abritant les services et institutions diplomatiques, et de participer aux démarches nécessaires à l’ouverture de nouvelles ambassades et de nouveaux consulats. 

 

Cependant, un fait reste marquant : l’incapacité de l’inspection générale du ministère des affaires étrangères d’apporter un début de réponses à cette situation de dysfonctionnements et défaillances qui pénalise le progrès du Tchad et rétrograde son image à l’étranger. Dans la cohérence de la poursuite de nos contributions, nous pensons qu’il faut questionner la raison d’être de cette structure et ce qu’elle fait réellement. Cela est d’autant plus pertinent que les rapports de cet organe, s’ils existent réellement, ne sont pas rendus publiques pour que la population et toutes les personnes intéressées puissent se faire une opinion. Par ailleurs, les missions qu’elle aurait effectuées, semblent s’intéresser aux activités de réhabilitation, d’achat ou de construction des bâtiments et moins aux représentations diplomatiques d’une importance géostratégique et politique capitale et où il y a de gros sous en jeu.

 

Par ailleurs, concernant les conditions de vie et de travail des diplomates, malgré les efforts pour la régularité de salaires, un problème persiste : celui de la prise en charge de leur santé. Conformément aux textes en la matière, 80% des frais engagés par les diplomates en poste à l’étranger dans leurs besoins de santé leur sont remboursés par l’Etat. Mais, il y a un retard long et récurrent dans le remboursement. Ce qui affecte les agents diplomatiques dans leur vie privée et professionnelle. Cela dégrade également l’image du Tchad non seulement auprès des prestataires de services dans le pays hôte mais aussi auprès des ressortissants d’autres pays. Ce qui tend à confirmer le constat d’un diplomate chevronné selon lequel pour être à l’abris de ce genre de situation, il faut être ambassadeur ; alors que sans ses agents diplomatiques, l’ambassadeur et l’ambassade ne sont que des coquilles vides.

 

Pour remédier à cette situation, les pistes ne manquent pas. Par exemple, nous pouvons citer l’indexation des frais de soins de santé au salaire comme c’est le cas pour le logement, le transport, les allocations familiales. Ou des avances sur le budget de fonctionnement et les recettes consulaires peuvent être faites en attendant le remboursement au moment opportun. La piste d’une collaboration entre une assurance nationale et des assurances des pays hôtes peut aussi être creusée pour que les agents diplomatiques ne souffrent pas du retard des paiements requis.

  

Pour améliorer les conditions de vie et de travail des agents diplomatiques ainsi que l’efficacité de nos institutions diplomatiques et faciliter leur contribution au développement de notre pays, il est impératif que l’inspection générale fasse valoir ses droits prévus par les textes et exige les moyens à la hauteur de ses devoirs. Elle se doit de redéfinir ses axes, approches et méthodes d’inspection. Nous proposons par exemple de mener une réflexion sur :

 

·         l’efficience , la cohérence et l’efficacité de la politique étrangère du Tchad ;

·         les outils et les moyens d’évaluer et de contrôler les mécanismes de gestion, les procédures et les activités liées à la politique étrangère ;

·         les instruments d’évaluation de la conformité de ces mécanismes, procédures et activités avec les lois et les règlements en vigueur ainsi que l’adaptation de ces derniers à l’évolution du contexte;

·         le suivi et le contrôle de la disponibilité, de la fiabilité et de  la pertinence d’informations nécessaires pour la bonne prise de décision ;

·         l’utilisation rationnelle (judicieuse et optimale) des ressources des différents services et postes diplomatiques ;

·         la formulation des recommandations ainsi que le suivi et le contrôle de leur mise en application.

Au-delà du travail de l’inspection générale, c’est un travail de démystification du pouvoir à tous les niveaux qu’il faut promouvoir. Etre dirigeant, à quelque niveau que ce soit, ne consiste pas à jouer à qui le chef ou à se pavaner, mais être à la hauteur des attentes et missions assignées à la fonction en question. La mystification du pouvoir est le fait des petits rigolos qui cachent leurs insuffisances par cette manœuvre. Ce qui exige de changer la façon de voir sa fonction par ces mystificateurs du pouvoir qui traditionnellement consiste à s’en servir pour soi même d’abord, ensuite sa famille, puis ses proches, ceux de son village, de sa région, de son parti… et en définitive il ne reste plus rien pour le pays. Et de surcroît, chacun tient à sa fonction, ses privilèges, ses acquis, et n’est pas prêt à accepter le changement quel qu’il soit, alors que l’évolution du contexte national, régional et international exige des changements non seulement sur le plan idéologique et des pratiques, mais aussi au niveau institutionnel et organisationnel.

Ce qui est sidérant, c’est que certains de nos responsables se réclament croyants et pourtant, leurs actes s’éloignent de la sagesse spirituelle dont ils se considèrent porteurs. Ce qui est à l’ordre du jour pour les musulmans à l’approche du mois de ramadan. Puisse ce mois saint être une occasion pour dépasser le jeûne du corps et atteindre le jeûne du cœur et de l’esprit pour faire émerger en chacun de nous la bonté, la solidarité, la bienveillance, l’humilité, la patience, la persévérance, la justice, la compréhension mutuelle, la paix, la tolérance, l’amour le rapprochement avec autrui etc. 

 

Quels que soient le pouvoir, la richesse, l’intelligence, la santé, la sagesse, la puissance… dont on dispose, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a la mort au bout de notre existence et que, en tant que croyants, nous devons rendre des comptes en fonction de la vie que nous avons menée sur terre. Comme le stipule Allah dans le saint Coran : « Ils le voient bien loin alors que Nous le voyons bien proche. », S. 70 Al-Ma‛ârij (Les Degrés), V. 6 et 7. Ceux qui ont plus de responsabilités auront plus de comptes à rendre ici-bas et dans l’au-delà.

 

Dans quelques jours, nous accueillons un hôte de marque, en l’occurrence le mois saint du ramadan ; nous y reviendrons incha Allah tout le long de ce mois par des articles sur les caractéristiques hautement bénéfiques de ce mois sacré avec cette double dimension : celle du renforcement de la foi en Dieu et de la solidarité avec les humains.

 

Talha Mahamat Allim