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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

KOULBDebat Inter Tchadien 029

M.A.Koulamallah et Mht Kébir

 

UFR, Abdéraman Koulamallah. « Je ne fais pas partie de ces gens qui abandonnent leurs camarades au milieu du chemin et s'en vont régler leur sort personnel en ralliant un pouvoir qu'ils ont décrié. »

 

Le Porte-parole de la coalition rebelle tchadienne UFR, Abdéraman Koulamallah, sort de l'anonymat. Monsieur Koulamallah Abdéraman réfute catégoriquement la thèse selon laquelle il aurait abandonné ses compagnons d'arme au maquis pour aller se la couler douce en Europe.

Le porte-parole de la coalition UFR va plus loin pour marteler que Deby et lui ne vont ''jamais cohabiter dans un même pays'' et que, de toutes les façons, il sera ''le dernier des Mohicans''.

Après avoir rendu une courte visite de courtoisie début février à l'ancien Président tchadien basé à Dakar, Abdéraman Koulamallah est revenu en France. Il y est depuis un peu plus de trois mois. Il répond à coeur ouvert aux questions de notre journal en évitant tout de même de répondre à l'une de nos questions, estmant qu'elle n'est "plus d'atualité" et  qu'il ne voulait "pas raviver la polémique" surtout qu'il "y avait eu des calomnies à ce sujet", etimait-il.  

Interview

 

Abdéraman Koulamallah passe à l'offensive

 
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iTCHAD PRESSE :
Abdéraman Koulamallah bonjour.
Abdéraman Koulamallah :Bonjour.

iTCHAD PRESSE :
En votre qualité de Porte-parole de l'UFR, vous êtes en France depuis un peu plus trois mois. Est-ce que ça signifie la fin de la lutte armée à l'est du Tchad?
Abdéraman Koulamallah : La présence du porte parole de l'UFR n'est en aucun cas un indicateur de la vie de l'opposition armée. Je suis souvent en France et essentiellement pour des raisons familiales. En ce moment un membre de ma famille a une santé un peu fragile et qui nécessite ma présence à ses côtés. La lutte armée est un processus qui dépasse les individus et poursuit un objectif et une cause précise, celle de mettre fin à la dictature qui sévit dans notre pays et instaurer une société plus juste et plus respectueuse des droits humains. Cet objectif nécessite des efforts et demande un long processus qui n'est pas lié au sort des individus. La lutte contre Deby doit continuer et je dirai même qu'elle doit s'intensifier. Nous ne pouvons nous permettre de laisser notre pays entre les mains de ceux qui ont juré sa perte et abandonner notre peuple et le laisser dans le désarroi. Je continuerai la lutte avec mes amis et s'il ne resterait qu'un derniers je serai celui là : «Le dernier des Mohicans».

 

iTCHAD PRESSE : Comment expliquez-vous la coïncidence entre votre présence en France et la visite-surprise de Deby à Khartoum en février dernier?

Abdéraman Koulamallah : Il n' y a pas de coïncidence. Deby et moi n'avons pas le même agenda et puis le destin veut que je ne soit plus avec lui dans le même pays : au Tchad ou à l'extérieur et c'est tant mieux!

iTCHAD PRESSE :
La normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan ne met-elle pas à nu les ambitions des différents groupes rebelles de venir à bout du régime de Deby en vue d'apporter le changement tant espéré?

Abdéraman Koulamallah : Je suis toujours surpris que les gens lient notre survie à l'amélioration des relations entre le Tchad et le Soudan, deux États qui de toutes les façons ont vocation de vivre dans l'harmonie. J'avais déjà déclaré à la presse internationale au mois de février que l'UFR se réjouissait de cette normalisation car cela prouverait que le conflit interne du Tchad est indépendant de la dégradation des relations de Deby avec le Soudan. Vous constaterez d'ailleurs que nous n'avons pas été jeté à la mer ni n'avons fini nos jours dans la cage aux lions. Nous sommes toujours debout et déterminés plus que jamais à continuer le combat. Nous sommes vraiment têtus quand il s'agit de la vie de la nation tchadienne, de l'avenir de notre peuple et de sa jeunesse. Nous sommes encore plus têtus sur la question de liberté et de la démocratie. Voyez-vous notre programme est vaste. C'est un programme de changement profond de la société tchadienne. Nous pensons que la lutte armée reste la seule véritable option pour concrétiser ce changement, du moins à l'heure actuelle. Si par contre le pouvoir de N'djamena décide d'ouvrir avec nous des négociations pour une solution de paix en respectant bien sûr nos revendications et notre vision d'un Tchad nouveau alors nous sommes disposés à en discuter et pour l'instant ce n'est pas le cas et la lutte continue jusqu'à la victoire finale. Toute négociation doit faire l'objet d'une rencontre inclusive regroupant tous les acteurs de la vie politique et celle de la société civile.

 
iTCHAD PRESSE :
Vous-vous êtes rendu au Sénégal début février. Peut-on savoir ce que vous y êtes allé faire?

Abdéraman Koulamallah : J'ai fait un déplacement privé. J'ai été invité par des amis sénégalais qui souhaitaient me voir, j'en ai profité pour finir la rédaction d'un livre à paraître dans quelques mois.

 

iTCHAD PRESSE : Y avez-vous rencontré l'ancien Président tchadien?

Abdéraman Koulamallah : Oui j'ai eu ce privilège!

 
iTCHAD PRESSE :
Continuez-vous toujours à lui prêtez allégeance dans l'affaire qui porte son nom et pour laquelle le Tchad se dit prêt à avancer deux milliards de francs cfa à l'État du Sénégal pour qu'il soit traduit en justice?

Abdéraman Koulamallah : Mes fonctions de porte-parole de l'UFR m'interdisent de donner une opinion dans cette affaire car mon point de vue ne pourra être que personnel et subjectif. Je représente un mouvement divers avec des sensibilités diverses et je me réserve de ce genre de déclarations.

 
iTCHAD PRESSE :
Vous parlez de livre à paraître bientôt et dont vous serez l'auteur. Quel en est le titre?

Abdéraman Koulamallah :  C'est un livre qui parle de la lutte armée. Je viens de le finir et j'espère que dans quelques mois il pourra se faire éditer. Je ne peux malheureusement vous en dire plus.

 
iTCHAD PRESSE :
En décembre 2006, lors d'une interview que vous nous accordiez, vous affirmiez justement avoir écrit un livre qui allait paraître «bientôt». Nous sommes en 2010. Quatre années après avoir annoncé sa parution, où en êtes-vous aujourd'hui avec votre livre? Est-ce que c'est bien de ce livre-là que vous parlez maintenant ?

Abdéraman Koulamallah : Non pas du tout ce n'est pas le même. Le premier n'a pas encore trouvé d'éditeur. Son titre je l'avais annoncé et quelques extraits ont paru sur le net. Il s'agissait de "Itinéraire d'un enfant rebelle". Celui-là parle de la lutte armée.

 
ITCHAD PRESSE :
La lutte armée, parlons-en justement. Comment va l'UFR aujourd'hui?

Abdéraman Koulamallah : L'UFR va bien et grandit avec ses contradictions mais aussi avec son espoir de changement et de rassemblement de toutes les forces combattantes. L'UFR est une chance pour les Tchadiens et elle a une énorme responsabilité, celle de se montrer digne de la confiance qu'ont placé en elle les Tchadiens de tous les horizons qui en ont plus que jamais assez du règne de l'arbitraire. Ils voient en l'UFR comme la matérialisation de leur rêve de voir enfin un Tchad débarrassé de cette bande mafieuse qui le pille et le prive de ses droits.  


iTCHAD PRESSE :
L'on constate ces derniers temps que vos rapports avec le président de l'UFR sont très tendus. Qu'est-ce qui a bien pu se passer entre vous?

Abdéraman Koulamallah : Tous les jours que Dieu fait, je lui parle au téléphone. Nous avons des liens d'amitié et de fraternité et ce n'est pas les aléas de la lutte qui me feront perdre un compagnon fidèle comme Timane et il vous dira la même chose me concernant. Mais je suis bien connu, je n'ai pas ma langue dans la poche et je dis toujours ce que je pense quelles qu'en soient les conséquences mais tout cela reste bien entendu dans le cadre stricte de notre lutte. En ma connaissance cela fait plusieurs mois que l'on n'a pas eu des contradictions ouvertes avec le président de l'UFR je me demande où vous tirez cette information qui est loin d'être fondée. Non Timane est un bon frère et je suis fier d'être son camarade. D'autre part je suis bien connu dans l'opposition armée pour n'avoir de rapports tendus avec personne. J'aime tous mes camarades et je peux dire avec peut être un peu d'immodestie que je suis aimé et respecté de tous. Il y a eu bien quelques brebis galeuses qui ont tenté de me bousculer il y a quelques mois mais ils n'ont réussi qu'à se faire ridiculiser. Tout baigne pour moi dans l'UFR et je suis fier de cette période de ma vie.

iTCHAD PRESSE :
Lequel de ce que fut le CMU dirigé par Nouri et l'actuelle UFR dirigée par Timane vous a semblé crédible dans la manière de gérer la lutte armée contre le régime de N'Djamena, étant donné que vous avez été le Porte-parole de l'une comme de l'autre coalition rebelle?

Abdéraman Koulamallah : Le CMU c'est différent car cette coalition militaire nous a permis d'aller jusqu'à N'Djamena et de menacer le régime de Deby. C'est une des plus belles aventures de ma vie. Une des périodes les plus passionnantes de ma vie d'homme politique. Quelle belle aventure! Mais cette coalition avait ses limites et je ne suis pas prêt à sacrifier encore ma vie dans une confusion comme celle qui nous a conduits à abandonner le pouvoir en février 2008.

 
L'UFR c'est autre chose. D'abord c'est une union des 8 principaux mouvements de l'opposition armée et mon propre mouvement l'UDC est signataire de la création de cette union porteuse de tant d'espoir. Chacune de ces deux entités reflètent une partie de l'histoire de la lutte armée et il n'y a pas de comparaison à faire. Il faut simplement se ressaisir et ne pas créer des divisions. Il faut rester ensemble soudés et ne pas donner le flanc à l'ennemi et décourager notre peuple. Chaque jour que le soleil se lève je m'emploie modestement à souder nos liens et à perpétuer l'unité de notre lutte. C'est une tâche passionnante à laquelle mes camarades et moi nous nous y employons avec ténacité.


iTCHAD PRESSE :
Les principaux mouvements signataires de l'acte de naissance de l'UFR en sont arrivés aujourd'hui à agir chacun en leur nom propre et nom en celui de l'UFR. Y a-t-il une explication?

Abdéraman Koulamallah : Agir pour moi suppose mener des actions militaires indépendantes. Ce qui n'est pas le cas. Nous ne pouvons gagner qu'ensemble et l'UFR nous offre cette perspective alors oui il y a des sons de cloches quelques fois discordants mais chacun doit se ressaisir et nous avons l'obligation de rester uni et de continuer la lutte ensemble. Même uni à Am-Dam nous n'avons pas pu prendre le pouvoir imaginez un instant que nous décidons d"aller en bandes dispersées dans une autre bataille. Quel sera notre sort? Il faut se garder des divisions et réfléchir ensemble. Nous sommes 8 mouvements unis et cela n'est pas toujours commode comme s'il s'agissait d'un seul mouvement. C'est déjà une prouesse que d'avoir créé l'UFR et d'avoir mené des actions communes. C'est la première fois dans l'histoire des mouvements armés tchadiens que cela se passe. Il faut persévérer dans l'unité et prier qu'elle reste solide.


iTCHAD PRESSE :
Êtes-vous prêt à négocier votre retour au Tchad si l'occasion vous est donnée aujourd'hui?

Abdéraman Koulamallah : L'occasion m'a été mille fois donnée de négocier comme vous dites mon retour. Ma réponse est toujours la même : je ne rallierai jamais le pouvoir actuel et mon rôle de Porte-parole de toute l'opposition occupé deux fois de suite me donne une responsabilité particulière. Je dois rester fidèle à nos convictions et d'ailleurs seul je ne pourrai rien changer sinon que de régler mon sort personnel. A mon age (55 ans) j'ai autre chose à faire que de vendre mon âme au diable. Je serai le dernier des Mohicans. S'il n'en resterait qu'un je serai celui-là!

 
iTCHAD PRESSE :
A qui incombe l'échec de l'UFR pour ne pas dire des rebellions regroupées en son sein?

Abdéraman Koulamallah : S'il y a échec, la responsabilité est collective. Mais pour l'instant parler d'échec est gravement exagéré. Nous faisons des erreurs certes mais n'oubliez jamais que nous nous battons contre un État puissant qui a des revenus provenant du pétrole. Le renverser n'est pas chose facile. Ne soyez pas pressé. La lutte que nous menons est longue. Ce n'est pas une lutte-éclair. Une razzias! Il s'agit d'une lutte armée qui a des moyens faibles et qui évolue selon son rythme et ses objectifs. Patience ce régime est à l'agonie et il disparaîtra «Incha Allah!»

 

iTCHAD PRESSE : En juin 2009, l'UFR s'est dotée d'un organe quasiment «législatif», le Conseil Supérieur de la Résistance (CSR). Composé de près de 180 membres, le CSR n'a jamais pu se réunir ni en congrès ni en simple consultation. Pourquoi? Ne fut-ce pas une preuve en plus que les leaders actuels de l'opposition armée soient incapables de se mettre d'accord pour trouver une solution à leur querelles intestines et par ricochet à être aptes à amener de changement?

Abdéraman Koulamallah : Vous exagérez cher ami et même un peu injuste contre ceux qui luttent. La tenue de cet organe qui n'est pas contrairement à ce que vous dites d'ordre législatif mais une instance supérieure qui regroupe des personnes dispersées dans le monde et il faut des moyens énormes pour les réunir.


iTCHAD PRESSE :
Vous ne répondez pas à la question.

Abdéraman Koulamallah : La tenue de cet organe nécessite une zone sécurisée à l'intérieur du territoire national. Vous savez que nous sommes régulièrement bombardés par les avions de chasse du régime et il y a des priorités dans la lutte mais cet organe si important et qui donne les directives et la conduite de la lutte doit se tenir mais il nous faut plus de cohésion et plus de temps pour le réunir.


iTCHAD PRESSE :
Nombre de Tchadiens regrettent que "l'UFR soit mal représentée aussi bien sur le théâtre des opérations qu'à l'extérieur". Est-ce votre avis?
Abdéraman Koulamallah : C'est injuste de dire cela. Nous menons tous les ans depuis quatre ans des offensives importantes en vue de renverser le régime. Que nous reproche-t-on? D'échouer à chaque tentative? De mettre en danger nos vies à chaque fois? Je voudrais bien les voir à l'œuvre les donneurs de leçons! Souvent ces reproches proviennent des personnes qui n'ont jamais vu le maquis et qui coulent une vie douce dans les capitales européennes et le plus comiques c'est ceux qui sont restés au Tchad avec le pouvoir et qui osent nous donner des leçons et nous reprocher de ne pas faire vite et les délivrer de la dictature. Sur le plan extérieur nous manquons de pression c'est vrai mais si vous voyez comment nous sommes combattus par les puissances impérialistes vous comprendrez nos limites qui sont également d'ordre financiers.
 
iTCHAD PRESSE : Êtes-vous déçu aujourd'hui pour vous être engagé aux côtés des rebellions armées fin 2006? Abdéraman Koulamallah : Je ne regrette jamais un engagement quel qu'il soit mais pour le cas d'espèce cela fait plus de quatre ans que je me bats les armes à la main pour mon peuple. Connaissez vous une satisfaction plus grande, plus exaltante? Si votre question insinue la longueur de la lutte et notre difficulté à prendre rapidement le pouvoir, je peux vous dire que sur ce plan je me suis préparé à cela avant de m'engager. Je ne suis pas venu faire une petite ballade et partir. J'ai fais un engagement devant Dieu de servir la cause nationale et pour cela je suis prêts à sacrifier ma vie. Je ne fais pas partie de ces gens qui abandonnent leurs camarades au milieu du chemin et s'en vont régler leur sort personnel en ralliant un pouvoir qu'ils ont décrié. Je suis un révolutionnaire et j'irai jusqu'au bout de mes rêves, ensemble avec tous mes camarades .


iTCHAD PRESSE :
En 1989, plusieurs mouvements armés ont jugé nécessaire de fusionner à l'issue d'un congrès tenu à Bamina pour créer un mouvement unique, le MPS, avant de parvenir à prendre le pouvoir en 1990. Pourquoi les mouvements coalisés dans l'UFR ne s'inspirent pas de cet exemple pour réussir? 
 Abdéraman Koulamallah :D'abord les temps changent et ensuite la création de l'UFR est une réponse à votre interrogation!

 
iTCHAD PRESSE :
L'UFR n'est pas un mouvement unique. C'est une coalition de plusieurs mouvements incapables de se réunir en congrès pour fusionner et créer un seul mouvement. Est-ce la victoire de Deby ou c'est l'échec de l'UFR?

Abdéraman Koulamallah : Deby n'a pas gagné et nous n'avons pas perdu mais ma conviction c'est que nous en viendrons à bout de ce régime à bout de souffle.

 
iTCHAD PRESSE :
Dans l'un comme l'autre cas de figure, pensez-vous que l'effet contraire se produirait un jour?

Abdéraman Koulamallah : Dieu est le seul maître du temps ! Nous on fait ce qui est en notre possession et nous vaincrons car Dieu est toujours avec ceux qui combattent l'injustice et au service de leurs peuples.

 
iTCHAD PRESSE : Le 23 février dernier un accord a été conclu à Doha sur les négociations de paix et le cessez-le-feu entre le gouvernement soudanais et le groupe rebelle 'Mouvement pour la justice et l’égalité' (JEM). Cet accord est un pas sur la voie d'un traité de paix global au Darfour. Un accord similaire n'est-il pas envisageable entre le gouvernement de N'Djamena et les rebelles tchadiens? Si oui quelles en seront les conséquences?

 Abdéraman Koulamallah : Le Tchad n'est pas le Soudan et notre lutte n'est pas un conflit sectaire et tribale comme celui du Darfour. Notre lutte est nationale avec des engagements pour un changement au profit de tout le peuple tchadien et reste indépendant dans ses choix! Un accord de paix avec Deby doit tenir compte des aspirations des tchadiens. une nouvelle approche pour la réconciliation nationale est nécessaire et à l'heure actuelle Deby ne peut offrir des perspectives pour une sortie de la crise actuelle. Le mépris affiché pour les opposants considérés comme "mercenaires" n'est pas de nature à offrir cette perspective de paix. Au temps où les militaires étaient au pouvoir dans le régime du CSM je me rappelle qu'en 1978, une grande banderole a été déployée par le gouvernement dans l'entrée de l'avenue qui mène dans les quartiers musulmans, considérés comme les foyers de la rébellion de l'époque, proclamait: "Frères égarés retournez au bercail". J'étais jeune et une telle étroitesse d'esprit m'avait surprit et choqué et j'en ris encore aujourd'hui et pour votre information, une année après, le CSM (Conseil Supérieur Militaire, sous le régime du Général Malloum de 1975 à 1979, ndlr) a été balayé par le soleil de la révolution et je prédis la même chose pour ce régime décadent.

 
iTCHAD PRESSE :
Une rumeur persistante enfle depuis quelques jours sur l'éventualité d'une démission de Timane Erdimi de la présidence de l'UFR. Confirmez-vous cette information ou l'infirmez-vous?

Abdéraman Koulamallah : Cette rumeur est incensée. Elle n'a aucun fondement et n'engage que ceux qui y croient. 

 
iTCHAD PRESSE :
Abdéraman Koulamallah, merci.

Abdéraman Koulamallah : Je vous remercie beaucoup.

Propos recueillis par Mahamat Ahmat Kébir