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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

    « 12 Février donc, au lycée Félix Eboué de N’djaména, un groupe d’élèves nordistes armés fait irruption dans les salles de classe et demande aux professeurs d’arrêter les cours ; ce qui n’est pas du goût des élèves sudistes. Il s’en suit une bagarre » et « la nouvelle de règlement de comptes entre sudistes et Nordistes à N’djaména fera le tour du pays » relata J. Ngansop dans Tchad, vingt ans de crise (p94, l’Harmattan 1986).Telle est le début de la guerre civile Tchadienne.

 12 février 79 est une date gravée dans la mémoire de tout Tchadien, illettré broussard ou alphabétisé. Elle marque le début d’une lutte sans fin où les protagonistes s’entretuent usant de toutes les armes. Pourquoi la guerre de 79 ? Est- elle métaphysique ? Personne ne pourrait répondre avec exactitude. Oui même Kamoungué, Acheikh, Habré, Lool et Goukouni n’en peuvent point. Dans l’histoire contemporaine du Tchad, par déduction, l’Etat actuel est le fruit de ladite guerre. Ce chaos, cette méfiance, est l’œuvre de ceux qui se sont battus pour assouvir leur subjectivité.

Toutes les pensées objectives disent que dès l’ère des « indépendances », le Tchad est mal parti car «   l’accession du pays à la souveraineté politique a laissé face à face nordistes et sudistes qui se nourrissent des l  complices les uns vis-  à – vis des autres ».

C’est sur fond de luttes et conflits subjectifs que le pays accède à l’ « indépendance ». Le pouvoir chavire et instaure le monopartisme. Le pays connut sa première dictature où l’arbitraire, le népotisme font leur loi. Avec la révolte de Mangalmé et la création de Frolinat en 66, la République s’enfonce dans l’insurrection. Les séquelles sont toujours vivaces où la haine d’autrui symbolise le réconfort des certains.

Avec un pays où les différentes nationalités sont rancunières, la paix, la cohésion, la patrie ne sont que de  vains mots, de surcroîts démagogiques. Toute fois la sensibilité de chacun connait les douloureux événements de 79.   

12 Février 79, 4 à 5 000 morts en 3 semaines de combat à N’djaména ! La première hécatombe africaine. Que des morts pour un pouvoir. Ailleurs, en cette date, tous les ans, la Nation commémora en souvenir des morts. La France, les USA, l’Allemagne, l’Autriche se souviennent toujours des moments tragiques de leurs histoires. Alors, au Tchad, il y a un silence total. Dommage.

Pourquoi le peuple Tchadien se rappelle t-il de la date du 1er Décembre mais pas celle du 12 Février ? Or toute commémoration est une expression identitaire, un repère temporel et spatial de la mémoire. Ne parlez point de cette date n’est seulement un oubli. 

Commémorer n’est synonyme de crier victoire mais c’est d’alerter les consciences. Cependant de cette guerre, tellement que la vérité demeure camouflée, la nouvelle génération est en perdition. En rappel à ce moment tragique, un monument doit être érigé, particulièrement à N’djaména que de construire des ronds-points insensés. Pour la mémoire collective, il faut construire des monuments. Et pourquoi pas pour Tombalbaye, le roi Doudmourrah. Hélas !   

12 Février 79 devrait être la  mémoire collective du peuple Tchadien. C’est aussi une façon de dire que la guerre est épouvantable. Il est le moment de prières, de recueillements à la mémoire des victimes. Mais au pays de Toumaï, les commanditaires et acteurs d’hier et d’aujourd’hui, par la fourberie, vise plus leur ego en replongeant la Nation dans le même scénario.

Souvenons- nous de cette date qui a détruit le pays. Actuellement, que des décennies, les hommes se battent et se tuent pour le même pouvoir. Le but d’une commémoration, essentiellement unitaire, réside dans un oubli de dissidences, des affrontements entre les nationalités d’une Nation donc chaque année, les citoyens ont besoin de ce rituel d’oubli.

Un rituel dans lequel tout Tchadien affirmera son attachement à la Nation.

Cette commémoration doit être rattachée à un devoir de rappel collectif : « plus jamais la guerre ».      

   Par  DHA…