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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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Un pays, deux droits de l’homme !

Par Vourboubé Pierre.

Mak, un pays, deux droits de l’homme. Telle est la conclusion à laquelle je suis parvenu en suivant les informations ces jours-ci. Madame le ministre chargé de la question claironne que la situation des droits au pays de Toumaï est meilleure. « Bon ça, c’est selon elle », semblent avoir rétorqué les associations de défense des droits de l’homme, c’est-à-dire les Tchadiennes et les tchadiens qui, chaque jour, enregistrent les cas de violation des droits de l’homme (mais de la femme aussi), les traitent, les diffusent et dressent un rapport qu’ils sont envoient même à madame le Ministre.

Madame le ministre, n’a-t-elle pas reçu de rapports ou fait-elle preuve de mauvaise foi ? Ignore-t-elle les réalités ? Sur quelle base fait-elle sa déclaration ? Ne va-t-elle plus au marché ? En tout cas, lorsque Dézoumbé Passalet Daniel de DHSF parlait sur FM Liberté, il n’a pas sursauté quand la grenade lacrymogène de la police tonnait à Amtoukouïgne, un quartier de N’Djaména. Baboguel Pyrrhus de l’APLFT n’a pas non plus éternué, ni larmoyé, quand les gaz toxiques séparaient les familles du quartier ci-haut cité qui se bagarraient à cause d’un téléphone perdu. Ne me demandez pas qui a fait usage de la grenade lacrymogène : elle est détenue par la police, non ? C’est bien la police qui l’a utilisé.

Du coup, j’ai cru que nous avons une police, deux comportements : la police séparait la bagarre narrée tantôt à coups de gaz lacrymogène et de chicottes, pendant qu’une deuxième police repêchait, dans le calme et la consternation, dans une des toilettes des facultés d’Amderdjoumbal (université de N’Djaména), le corps sans vie du planton, Mahamat Adam Nour. Non, n’allez pas croire que c’est par overdose de viagra que ce gars à trouver la mort dans les toilettes où les rendez-vous galants sont fréquents. Non, loin de là : la moto de ce gars est portée disparue.

Pendant ce temps, à Moundou, c’est tout ce que vous savez du procès de M. Gali Gatta Gothé, député à l’Assemblée nationale. Cette déclaration de madame le Ministre intervient pendant que Le Temps, un journal local, diffuse la lettre du chef de canton de Nokou qui dit qu’il a été détenu pendant huit mois sans accusation et qu’il est menacé de mort par quelqu’un bien connu des autorités. Le même journal crie : « Halte à la séquestration des journalistes ! » en réaction au mauvais quart d’heure que Blaise Djimadoum Ngargoune et Mahamat Mangué, journaliste de FM Liberté, une radio locale, ont passé au Peloton Spécial d’intervention de la Gendarmerie sur instruction de M. Daoud Yaya Brahim, Directeur Général de la Gendarmerie nationale. Et puis, dans le même journal, « éleveurs et paysans à couteaux tirés à Goundi » et Yamalbaye Ritidngar reprend ceci d’un rapport de l’association de Médiation pour l’Entente entre Cultivateurs et Eleveurs au Tchad : « Si les autorités tentent de régler les conflits en faveur des paysans, les dommages et intérêts fixés ne sont pas versés aux ayant droits. Quand un cas de conflit survient, les paysans sont soumis à des intimidations de toutes sortes. Les chefs de village subissent le même sort et sont menacés de destitution de leur chefferie par les responsables hiérarchiques. »

Selon le même journaliste, Yamalbaye Ritidngar entendons, le pasteur Samatta Daniel a  passé une demi-journée dans les cellule de la gendarmerie de Goundi le 19 mars 2012 pour avoir dénoncé dans son rapport 2011, en sa qualité de Coordonnateur de l’association ci-dessus citée, l’assassinat d’un jeune paysan par un éleveur, le 9 janvier 2012 !

Bon, Mak, on ne va pas y ajouter les évictions forcées ! Tu vois nous n’avons pas la force de nous opposer à cela. Si l’on évince de Dakar, que devrions-nous, hein ? Car tout le monde est déguerpi sans une solution et ce sont les proches du pouvoir qui trouvent la solution en construisant, sur les espaces concernés, parcs de vente d’automobiles, stations de carburants (Abba Garde N° 004 du 31 janvier 2012). Et puis encore Mak, si nous continuons d’énumérer les faits, d’autres viendrons s’y ajouter et nous n’en finirons pas. Mais laisse-moi quand même parler des salaires : tous les fonctionnaires n’ont pas perçu celui de mars ! Madame le ministre des droits de l’homme, oui. Est-ce pourquoi elle oublie la majorité de ses sœurs qui languissent pour avoir un repas par jour ?   

Madame le Ministre des droits de l’homme, tout ça donne raison aux ADH, non ? Je sais que nous sommes au pays « de-tout-va-bien-ou-mal » selon le bord des responsables politiques. Mais quand la situation est pourrie, peut-on empêcher aux gens de respirer sa mauvaise odeur ? Madame le Ministre, n’apprenez pas à cacher le soleil avec un doigt. Vous êtes femme, mère de la nation : songez à vos sœurs et nuancez un peu votre discours : « tout n’est pas aussi rose que nous le souhaitons mais, le gouvernement a fait beaucoup d’efforts. Nous déplorons encore quelques cas de violations dues pour la plupart à la méconnaissance des droits et devoirs des citoyens. Nous entendons intensifier la sensibilisation afin d’amener les gens à comprendre la nécessité des droits de l’homme dans un contexte de démocratie. Reconnaissons le, les droits de l’homme restent essentiels pour le développement d’une nation. » Un discours à peu près ainsi, nuancé je veux dire.

Vous aussi ADH, laissez cette dame se débrouiller, manger allais-je dire. Vous avez vu le silence autour d’Abdéramane Djassinabaye ? Au fait, où est-il, ce fervent défenseur des droits de l’homme ?

Et puis, Mak, ici, c’est aussi l’opposition qui nous agace avec sa terminologie : l’UDR et le MDST peuvent-ils mener campagne pour la réélection d’Idriss Déby Itno, faire partie du groupe parlementaire constitué autour du MPS (parti du Général – Sultan Idriss Déby Itno) et se dire de l’opposition ? Le Général – Sultan d’Amdjarass a tranché : « Oui », a-t-il sans ambages, sans un brin de sourire aux coins des lèvres, le visage serein, la main sur le cœur de Hinda, loin d’Amani la Soudanaise ! Tout comme il peut être président de la République et Sultan à la fois, contrairement à sa constitution.

 Chers frères de l’UDR et du MDST, n’embrouillez pas les gens. Cessez vos calculs sur le dos des pauvres. Où avez-vous trouvé cette ignominie ? Nous connaissons tous la règle. Sinon, je vous la rappelle : un pied dehors et un pied dedans égal deux pieds dehors.

Alors chers messieurs de la CDPC et de l’opposition, pourquoi féliciter le chef d’Etat pour sa volonté de respecter l’accord du 13 août 2007 alors qu’il l’a torpillé au vu et au su de tous ? Ses partisans n’ont-ils plus bourré les urnes ? N’ont-ils pas falsifié les procès verbaux ? Et sa cour suprême ? N’est-elle pas à l’origine de vos déboires ? Hein, ça c’est quelle histoire ça ? Sommes-nous bien sur les terres d’un pays, deux droits de l’homme ?  Un pays, deux polices ? Un pays, deux oppositions ? Une opposition, deux raisonnements ? Un pays, deux comportements ?

VP pour les intimes.