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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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M. Sarkozy, assassin de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh, remettez-nous son corps avant de vous en allez de la présidence de la République.

 

Par Vourboubé Pierre

 

Le dimanche, 22 avril 2012, les Français étaient aux urnes dans le cadre de la présidentielle. Autour de 20 heures, ce même jour, les résultats ont été publiés : comme l’on s’y attendait, il y aura un deuxième tour entre MM. Nicolas Sarkozy, président sortant, et François Hollande, candidat du parti socialiste français. Mais, qu’ai-je retenu des cinq années que M. Nicolas Sarkozy a passées à la tête de la France ?

 

Quand il prenait les rênes du pouvoir en 2007, j’avais eu l’impression qu’un démocrate engagé, un homme épris de liberté et de justice, allait nous aider sincèrement dans notre lutte contre la dictature. En cause, son discours sur la « Françafrique », cette machine de soutien aux dictateurs africains. Cette machine qui crispe les processus démocratiques dans nos pays. Son programme présidentiel et ses discours sur cette machine du mal avaient émerveillé. En voici quelques extraits : 

   

« Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus. [...] Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’Homme au nom de nos intérêts économiques. »

«  Je veux être le président d’une France qui défende partout les droits de l’homme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. D’une France qui s’oppose aux dictatures. »

  

Le soir de son élection, il lançait un « appel fraternel à tous les Africains », avouant qu’il allait placer la France « du côté des opprimés du monde. »

 

Alors je voyais déjà quelques têtes tombées, dont celle de M. Idriss Déby Itno, notre président de la République. Comme la majorité des Africains, j’ai donc applaudi l’arrivée de cet homme à la tête de la France, bien qu’un ami ait attiré mon attention qu’après tout, il défendra les intérêts des français.

 

Aujourd’hui, le sentiment qui m’amine est bien sûr celui d’un homme déçu et trahi : sous M. Sarkozy, la France est restée aux côtés des oppresseurs. Elle a soutenu les dictatures et permis que les droits de l’homme soient bafoués. Partout. Chaque fois, cette nation n’a privilégié que ses intérêts économiques. Elle nous a vendus plus d’armes qu’elle nous aide dans la coopération agricole, médicale et les autres domaines qui devraient nous permettre de faire reculer la misère.

  

En février 2008, moins d’un an après sa présidence, M. Nicolas Sarkozy est intervenu pour sauver M. Idriss Déby Itno dont le régime est pourtant reconnu comme étant l’un des plus autoritaires au monde. C’est suite à ces évènements tragiques que M. Ibni Oumar Mahamat Saleh est porté disparu, sûrement enlevé par les forces loyalistes, une fois les rebelles chassés de N’Djaména par les forces françaises. Une fois le calme retrouvé, M. Nicolas Sarkozy est venu nous promettre de peser de tout son poids pour que la lumière soit faite sur cette dérive grave, sur cet assassinat qui ne dit pas son nom. Quatre ans après, craignant pour sa sécurité, la famille de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh vit une sorte d’exil forcé. La justice tchadienne n’avance pas sur le dossier. Rien ne filtre non plus de l’enquête menée (en 2011 ?) par les experts de la Francophonie et de l’Union européenne. Le régime de N’Djaména a entrepris des manœuvres dans le souci de retarder les choses : le doyen des juges a été affecté, interrompant du coup l’avancée du dossier. Le juge qui reprendra le dossier, mettra trois ans au moins pour atteindre le niveau actuel de son prédécesseur ! Comme dans les affaires précédentes, l’assassinat de Me Béidi par exemple, le public demeurera sur sa soif !

 

Faut-il encore chercher ailleurs l’assassin de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh ? Autrement dit, n’est-ce pas M. Nicolas Sarkozy qui a tué cette grande figure de l’opposition tchadienne ? En tout cas, si l’on s’en tient aux sondages, M. Sarkozy s’en irait après le verdict des urnes du 6 mai prochain. Supposons que les choses se passent comme prédisent les sondages. Ce qui me blessera le plus, peut-être vous aussi, c’est qu’il partira sans avoir fait la lumière sur la disparition de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh. Pourtant, il en sait trop de choses ! A son successeur, transmettra-t-il le dossier Ibni Oumar Mahamat Saleh ? Est-ce que les intérêts des français se trouvent dans la dictature ?

 

M. Sarkozy, assassin de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh, remettez-nous son corps avant de vous en allez de la présidence de la République. Si les Tchadiens ne peuvent vous rien dire, ce ne sera pas le cas de la justice française : les affaires floues vous rattraperont vite, M. Nicolas Sarkozy. Comme vous nous avez habitués aux scores sombres, dont celui du premier président sortant, à n’avoir pas été en tête du premier tour, vous pourrez être le premier président français à goûter aux délices d’une prison.