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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

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La négation des souffrances infligées aux peuples, est le dénominateur commun de toutes les dictatures  à bout de souffle, et des régimes autoritaires exsangues.

Ils s’obstinent dans leur logique de terreur et des pillages à employer tous les moyens aussi cyniques que machiavéliques soient-ils, taillant à leur guise incessamment les lois fondamentales, dans le seul et unique but, celui de s’enraciner au pouvoir.

 

La fin tragique et  piteuse de l’idole des dictateurs en Afrique, letout-puissant despote libyen Gadhaffi en est la parfaite illustration. Au lieu d’affronter les problèmes à bras-le-corps, en apportant des réponses conformes aux exigences démocratiques du peuple, otage de sa mégalomanie, il persistait à traiter des rats, des êtres humains qui ne demandaient pas plus que de décider eux-mêmes de leur devenir.

Il haranguait  ses courtisans à travers des propagandes dignes de l’époque soviétique, comme si le mur de Berlin séparant les deux blocs, érigé en rempart ne s’était pas écroulé depuis plus de deux décennies.

Acculé, il s’était résolu à poursuivre sa logique dont l’issue certaine ne peut-être que fatale. Ultime pirouette, il avait réussi à se soustraire pour l’éternité à la justice, enfin la justice des Hommes, et éviter ainsi de répondre de son forfait.

Ironie du sort, les rats ont eu raison de lui en le débusquant de son tunnel, tel un rongeur terré.

 

Notre pays le Tchad occupe la tristement célèbre  52émeplace, parmi les 53 pays que compte le continent africain hormis le nouvel Etat du Soudan du sud. C’est une Position peu enviable, autrement dit l’avant dernier Etat le plus défaillant au monde, précédant ainsi la somalie qui est un Etat désintégré depuis plus de 20ans où règne l’anarchie totale, selon les rapports de la fondation Mo Ibrahim en matière de bonne gouvernance et du développement humain.

C’est dire l’ampleur de la gestion désastreuse du régime de Deby, depuis son accession au pouvoir le 1 décembre 1990, et 9 ans après l’extraction du pétrole tchadien.

Nous ne pouvons accepter de palabrer sans arrêt, pendant que notre pays sombre dans le chaos un peu plus chaque jour.Tout le monde est unanime sur la nécessité du changement de ce régime tyrannique, typique des siècles de l’obscurantisme.

 

L’obsession clanique de dépouiller le pays à satiété, de vassaliser le peuple, de pervertir la société en lui ôtant tous ses repères en étaient  les objectifs dès le départ.

Il n’y a jamais eu la moindre volonté de servir le peuple ou de travailler pour le pays, et comble de l’horreur, dans un récent discours le Président Deby a affirmé vouloir hisser le Tchad au rang des pays émergents.

Faut-il le rappeler qu’un bateau qui chavire au beau milieu de l’océan ne parviendra jamais à bon port, par conséquent  l’entrée dans ce cercle prestigieux, ne se décide ni par un discours aussi beau soit-il,  encore moins par un décret.

Un pays ne peut guère  passer du stade de l’avant dernier Etat le plus défaillant au monde, à celui du pays émergent par le biais d’une simple baguette magique, d’autant plus que dans le cas de notre pays en l’espèce, c’est un objectif quasiment impossible à atteindre.

A quoi bon de prendre la peine de tenir ce genre de discours dépourvu de tout sens, si ce n’est le summum du mépris à l’égard du peuple ?

Dépassé par un monstrueux système, mis en place par lui-même dans le but de se maintenir indéfiniment au pouvoir,ceci s’est traduit aujourd’hui par des dérives paroxystiques  de tous les protégés du pouvoir. Il a rendu tabou tout espoir d’alternance politique, s’est complétement éloigné de la triste réalité du pays et des attentes du peuple.

Il ne contrôle plus rien, à part les arsenaux militaires et les richesses nationales, qui sont détenus par les membres de son clan sans exception, abandonnant ainsi le peuple à son triste sort.

Ces seigneurs sans foi ni loi du temps moderne, hors de toutes les limites qu’une bonne conscience n’autorise à franchir, sont passés maîtres dans l’art de la corruption, de détournement des deniers publics, d’intimidation et des exécutions sommaires.

Ils devront intégrer dorénavant dans leurs consciences, l’idée qu’ils ne couleront jamais des jours paisibles jusqu’à la fin de leur vie, sans jamais rendre compte à la justice.

 

L’exploitation de notre pétrole a été rendu possible grâce au concours des institutions financières internationales. Il stipulait dans les accords conclus avec le gouvernement tchadien que les retombées économiques devront être allouées prioritairement aux secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et des infrastructures.

Force est de constater qu’il n’en est rien de tout cela 9 ans après, car les crédits destinés à ces secteurs, etqui auraient pu changer notre quotidienn’ont servi qu’à l’enrichissement illicite des protégés du pouvoir.

 

La nouvelle stratégie du régime consiste à asphyxier le peuple, en laissant délibérément la famine sévir dans le pays, excepté la région d’Amdjarass  qui bénéficié des subventions massives de l’Etat partisan, d’où la disparité flagrante et inimaginable de prix, et surtout l’interdiction formelle d’exporter hors de cette région des denrées alimentaires.

La seconde étape, c’est de s’adonner à la passion honteuse d’un certain nombre de pays africains qui ne savent rien d’autres que de s’infantiliser et de mendier en permanence, en suppléant la communauté internationale de voler à leur secours.

Cette ultime abominable manœuvre orchestrée pour anéantir tout désir du changement, va bien au contraire forger la conviction du peuple  dans cette noble cause.

Nous devons d’ores et déjà  mettre le Président Deby face à sa responsabilité, en portant  à la connaissance de l’opinion internationale ce drame qui ravage notre pays.

L’histoire du massacre des écoliers de Soweto en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid le 16 juin 1976, a montré une fois de plus, que toutes formes de barbaries destinées à briser une lutte pour la libération sont vouées à l’échec.

 

N’avons-nous pas, nous-aussi, le droit de vivre dans la dignité et la liberté quel qu’en soit le prix ?

N’est-t-il pas tout simplement temps pour notre génération, d’assumer à son tour sa responsabilité, en accomplissant son devoir ?

Le pire, dans toutes les situations aussi catastrophiques que désespérantes, c’est de s’y résigner.

 

Mahamat Saleh ABDERAHIM DAHAB