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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

27 septembre 2013
Relu pour vous.
Pressafrique

 

Idriss Déby, un criminel contre l'humanité soutenu par la France : Repères.

Le Tchad est un pays d'Afrique du Nord créé de toutes pièces par la France à l'issu d'une véritable conquête militaire. Le régime d'Idriss Déby a été installé fin 1990 par la France, son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Il s'est depuis signalé par la systématisation de la terreur, la banalisation de la torture et du viol, la répétition des nettoyages et massacres ethniques - des crimes contre l'humanité avec la mansuétude
des autorités politiques françaises.

 

Né en 1952 à Fada (nord-est du Tchad) d'un père berger, Idriss Déby est un musulman de l' ethnie Zaghawa, une branche du groupe Gorane que l'on trouve des deux côtés de la frontière tchadosoudanaise. Après avoir passé son baccalauréat, il a fait l'école d'officiers de N'Djaména, puis a obtenu en 1976 une licence de pilote professionnel en France.

 

De retour au Tchad, il collabore avec le rebelle Hissène Habre qui chasse du pouvoir en 1982 Goukouni Weddeye , appuyé alors par la Libye. Hissène Habre le nomme commandant en chef de l'armée tchadienne.

 

En 1985, il suit les cours de l'Ecole de Guerre à Paris et obtient, à son retour, le poste de conseiller militaire du président Habre.

 

En 1989, rien ne va plus entre les deux hommes. En avril, accusés de complot, et craignant d'être arrêtés, Idriss Deby, son cousin Hassan Djamous qui l'a remplacé au poste de commandant en chef, et son demi-frère Ibrahim Itno, ministre de l'Intérieur, s'enfuient de la capitale. Djamous est tué mais Deby réussit à gagner la Libye, puis le Soudan, où il créée une armée, le Mouvement patriotique de Salut (MPS).

 

1er décembre 1990. Le tyran et criminel contre l'humanité Hissène Habré est chassé du pouvoir par la France officiellement en raison de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement parce qu'il a voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Pour la France cela est inacceptable et son ex-protégé doit quitter le pouvoir. (Alwihda )

 

Idriss Déby prend donc le pouvoir, soutenu par le régime de Khartoum, avec l'aide de la France qui maintient son dispositif militaire . Accompagné de l'officier de la DGSE Paul Fontbonne, il conquiert N'Djaména sans guère rencontrer de résistance. Hissène Habré s'enfuit avec les liquidités publiques. La Commisson d'enquête sur ses crimes et exactions, présidée par le magistrat Mahamat Hassan Abakar, dénombrera 40 000 personnes tuées ou disparues de 1982 à 1990. Une grande partie des troupes d'Hissène Habré ayant participé au massacre furent dirigées personnellement par l'actuel Président Idriss Déby alors chef d'Etat major des armées. (Dossier Noir de la politique africaine de la France N°13 éd. l'Harmattan, Paris, 1999). Idriss Déby après avoir été, jusqu'en 1989, l'un des piliers du régime de Hissène Habré est porté donc au pouvoir par la France avec l'aide de la DGSE.

 

Février 1991 Idriss Déby est reçu officiellement à Paris.

 

28 février 1991 Promulgation de la Charte Nationale qui accorde tous les pouvoirs au Président Idriss Déby et remet à 30 mois l'instauration du multipartisme

 

Mars 1991 Investi Président Idriss Déby promet la tenue d'une Conférence nationale ayant pour tâche principale l'élaboration d'une nouvelle Constitution

 

1992 Les leaders d'opposition politique et syndicaliste expriment le souhait de voir l'armée française assurer la sécurité de la CNS. La France accorde un don de 220 millions de FF en plus de sa coopération militaire. Elle obtient qu'Elf-Aquitaine puisse participer au consortium pétrolier, à direction américaine, appelé à exploiter le pétrole du Sud tchadien.

 

Février 1992 Assassinat du Vice-Président de la Ligue tchadienne des Droits de l'Homme, Me Joseph Behidi.

 

Juin 1992 Christian Quesnot, chef d'état-major particulier du Président Mitterrand, met 6 conditions au maintien de la présence militaire française (le plan Epervier) : forte réduction des effectifs de l'armée, tenue de la Conférence nationale, puis formation d'un gouvernement de transition, libération des prisonniers politiques, respect des droits de l'homme, reprise en main de l'administration financière de l'Etat. Seul le second point sera convenablement appliqué.

 

Le 18 février 1992, le Nigeria arrête et extrade vers le Tchad 278 opposants tchadiens. Beaucoup d'entre eux étaient du MDD (Mouvement pour la Démocratie et le Développement) que dirigeait Moussa Madela. Au nombre des extradés figuraient également plusieurs dirigeants du MDD: Goukouni Guet, Ahmat Sakhaïr Bidon, Ahmat Hadad Abakar, Oumar Taher et Issa Mahamat Goran. Certains auraient été tués selon l'Amnesty International (Tchad/le cauchemar continue ... Amnesty International).

 

Mi-décembre 1992 Le président Déby signe avec la France une convention instaurant un " dispositif d'appui renforcé aux finances tchadiennes " (impôts, finances, trésor, douanes), incluant le déploiement de coopérants français dotés des mêmes pouvoirs que les hauts fonctionnaires tchadiens. Faute de pouvoir empêcher les malversations, ces coopérants devront être retirés.

 

Janvier 1993. Le gouvernement annule ou allège une grande partie des mesures du plan d'assainissement. Dans la région du Lac et dans le Sud, exactions des forces armées : 246 personnes tuées, 22 villages brûlés et pillés dans le Logone oriental.

 

En avril 1993, 203 personnes égorgées par la garde républicaine à Kouhou Goré.

 

En juin 1993, assassinat de M'bailao Mianbé, Directeur du Secrétariat Permanent à la Réinsertion des militaires déflatés.

 

3 avril 1994. Prolongation d'un an de la période de transition engagée à l'issue de la CNS.

 

Le 6 août 1993, une manifestation fut réprimée à la roquette et à l'arme automatique à N'Djaména, des blessés achevés par les soldats dans les ambulances. Au moins 41 personnes ont trouvé la mort et 150 autres ont été blessées. Les soldats français stationnés au Tchad se sont limités à porter secours aux blessés.

 

Fin 1993, Amnesty International dressait le bilan amer des trois premières années du régime Déby :

 

" La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari, le fleuve qui arrose N'Djaména. Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extra-judiciaire. [...] Quels que soiet ses mots d'ordre, le gouvernement de Idriss Déby utilise aujourd'hui les méthodes de répression dont il disait vouloir débarrasser son pays à l'époque où il luttait contre le régime de Hissène Habré. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby ".

 

Juin 1994 : Paul Fontbonne s'en va après être resté le " conseiller-Présidence " DGSE de Déby, de décembre 1990 à juin 1994 ; des officiers français " encadrant " la " Garde républicaine " et l'armée.

 

Eté 1994 . La DST rassemble à Paris, pour une " réunion de travail ", un certain nombre d'opposants au régime.

 

Septembre 1994 " Expédition punitive " de la Garde républicaine dans le Logone, au Sud : tueries, pillages, tortures. La Garde républicaine continue d'être impliquée dans des assassinats politiques et des massacres. La Ligue tchadienne des droits de l'homme a ainsi dénoncé, en septembre 1994, " 72 heures d'expédition punitive et de politique de terre brûlée " dans le Logone, au Sud. " Le bilan des atrocités, des tueries, des pillages en règle et des tortures " serait " indicible ".

 

En février 1995, massacres des populations de Goré (Logone oriental) et une commission d'enquête évalue le nombre des victimes à 247 morts et à des dizaines de blessés.

 

Le 1er juin 1995, le journal N'djamena Hebdo est mis à sac, le Directeur de publication et ses journalistes sont battus.

 

En Août 1995, plusieurs morts en détention dans les villages de Kou douhou, Beissa. Le 16 novembre 1995, cinq mouvements d'opposition (l'ANTD - le FNT - les FARF - le CDR - le FAIDT) créent un rassemblement appelé l'ANR (Alliance nationale de la résistance) dirigée par le Colonel Mht Garfa.

 

En juin 1996: élections présidentielles au Tchad. « Début 1996, le lobby français pro-Déby entreprend une magistrale opération de chirurgie esthétique : transformer un assassin invétéré (depuis le lycée) en chef d'état légitime. L'Elysée ne lésine pas sur la logistique électorale. Il dépêche à N'Djamena le meilleur spécialiste du parti gaulliste, celui qui fut l'année précédente une « pièce maîtresse de la campagne présidentielle de Chirac » : Jérôme Grand d'Esnon, suspecté par le juge Desmures d'avoir occupé un emploi fictif à la mairie de Paris. Un haut lieu du dopage électoral. »( Noir Silence , p.166).

 

3 juillet 1996 : Idriss Déby l'emporte au second tour face à Kamougué Wadal Abdelkader. Il a été élu le 3 juillet 1996 avec 69,09% des voix, devançant Abdelkader Wadal Kamougue (30,91%). Il sera investi le 8 août 1996. Selon les organisations Survie et Agir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d'éviter un renversement légal du régime.

 

Août 1996, assassinat à N'djamena, de Bichara Digui à N'djamena, le Président tchadien est mis en cause.

 

10 Septembre 1996. Rapport d'Amnesty International sur le Tchad : « Les autorités françaises ne peuvent pas ignorer que les véhicules tout-terrain, le carburant, les moyens de transmission et les menottes livrés au titre de l'AMT [Assistance Militaire Technique] ont été détournés de leur fonction initiale pour exécuter et torturer. Manifestement, dans le cadre de l'AMT, la question des droits de l'homme n'a pas sa place. Cela a été confirmé à la délégation d'Amnesty International à N'Djamena en avril 1996 par les autorités françaises qui ont affirmé que ce sujet n'était pas traité par les instructeurs ».

 

10 Octobre 1996. dans un rapport sur le Tchad, Amnesty International constate la banalisation de la torture et notamment le recours à l'arbatachar.

 

Juillet 1997, Déby reçu officiellement par Lionel Jospin à Matigon et Jacques Chirac à l'Elysée.

 

30 Octobre 1997, Déby envoie ses troupes massacrer les FARF ralliées dans leur coordination de Moundou. Laokein Bardé est seul, ou presque, à pouvoir s'échapper. On assassine des personnalités locales, on moleste l'évèque, on enlève des enfants, on tue les parents. Interdits d'inhumation, des corps sont livrés aux cochons. (Agence Reuters, 01.11.1997).

 

Octobre 1998, Youssouf Togoïmi ex-ministre de la défense s'oppose au Président Idriss Déby, se retire au Tibesti et crée le MDJT (Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad).

 

Juin 2000 : La Banque Mondiale approuve le projet de construction d'un oléoduc long de 1 070 kilomètres pour acheminemer le pétrole de la région de Doba vers le port camerounais de Kibri. Le projet, géré par un consortium comprenant les compagnies américaines Exxon-Mobil et Chevron et la compagnie malaisienne Pétronas, a été piloté par la Banque mondiale (BM) qui en a fait son modèle d'investissement et de développement. De grandes entreprises françaises sont censées obtenir des chantiers lors de la construction de l'oléoduc (Bolloré, Bouygues, Alcatel-Alstom, Spie-Trindel). Pour limiter les coûts d'installation, Déby n'a pas hésité à spolier les paysans expropriés et n'a pas respecté ses engagements en matière de protection de l'environnement.

 

Le 20 mai 2001, Idriss Déby est réélu. Selon plusieurs sources, émanant de certains observateurs nationaux et internationaux, les fraudes ont été systématisées par le pouvoir. La démission de 8 Membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) dont son vice-président, pour cause de fraudes et ainsi que leurs déclarations sur Radio France Internationale (RFI) sont assez éloquentes. La Fédération internationale des droits de l'homme a qualifié d'" État d'urgence de fait ", avec l'arrestation de certains opposants ayant dénoncé la fraude ainsi que de leurs directeurs de campagne.

 

 Les 28 février, 6 et 7 mars 2002 se déroulent les audiences du procès intenté par MM. Bongo, Déby et Sassou Nguesso (respectivement présidents du Gabon, du Tchad et du Congo-Brazzaville) à François-Xavier Verschave, président de Survie, et Laurent Beccaria, directeur des Éditions les Arènes, pour "offense à chef d'État étranger" sur la base de passages du livre Noir Silence, qui arrêtera la Françafrique ? Déby reprochant à François-Xavier Verschave de l'avoir qualifié « d'assassin invétéré ».

 

Extraits Noir Silence , p.166: « Le lobby français pro-Déby entreprend une magistrale opération de chirurgie esthétique : de transformer un assassin invétéré (depuis le Lycée) en Chef d'Etat légitime »

 

3 juillet 2002, La Cour d'appel de Paris a débouté le président tchadien Deby, le président congolais Sassou Nguesso et le président gabonais Omar Bongo de leur procès pour "offense envers un chef d'État étranger", intenté aux auteurs et éditeur du livre Noir Silence .François-Xavier Verschave y traitait entre autres Idriss Déby ''d'assassin invétéré''.

 

2002. détournement de 7,4 millions de dollars sur les 21 millions de " bonus " versés à titre d'avance au gouvernement tchadien, constaté récemment par le FMI. Détournement de 4,5 millions de dollars, qui selon certaines sources tchadiennes, auraient servi à l'achat d'hélicoptères par le fils du président.

 

Juillet 2003 : extraction du pétrole dans la région de Doba. À l'issue de cinq ans de travaux, la région est dévastée : destruction de l'environnement, cultures impossibles, fermeture des écoles et des administrations, migration des populations du sud.

 

Juillet-Aout 2003 : hospitalisation de Déby à l'hôpital Américain de Neuilly sur Seine.

 

20 Septembre 2003 : Déby revient en visite officielle à Paris et est reçu par Dominique de Villepin et Jacques Chirac. Il rencontre les patrons du MEDEF-International.

 

Octobre 2003 : acheminement du pétrole au Cameroun par l'oléoduc long de 1075 km.

 

Mai 2004, Déby fait modifier la constitution pour se présenter à nouveau en 2006 à l'élection présidentielle. Le projet de révision, qui porte sur huit articles de la Constitution, a été intégralement adopté, à main levée , par 123 voix pour, 0 contre et une abstention.

 

Les députés de l'opposition ont refusé de voter en quittant l'hémicycle.